FI G. 76. — PRÊTRE SALIE N
(D'après une estampe de la Bibliothèque nationale.
Les Gaulois connaissaient-ils les danses guerrières? Il n'est pas permis d'en douter, bien que Strabon, parlant
de leurs aptitudes belliqueuses, ne fasse aucune allusion à leurs danses. <* Le caractère commun de toute la race gallique, dit-il, c'est qu'elle est irritable et folle de guerre, prompte au combat, du reste simple et sans malignité. Si on les irrite, ils marchent ensemble droit à l'ennemi et l'attaquent de front sans s'informer d'autre chose. » Il serait vraiment extraordinaire de penser que ces peuples susceptibles de culture et d'instruction littéraire, qui avaient souvent parcouru le monde, poussés par un besoin de curiosité plus encore que par la soif des conquêtes, n'eussent pas emprunté aux nations dont ils envahissaient le territoire l'usage de la danse guerrière. En outre, chez la plupart des nations primitives, le chant était toujours accompagné de danses dont il était le commentaire; or, les Gaulois avaient des chants guerriers comme leurs voisins d'Armor.
Les peuples d'Armorique connaissaient les danses guerrières : « Ils marchaient au combat en invoquant le Dieu-Soleil, ou dansaient au retour en son honneur la chanson du Glaive, roi des batailles, couronné par Tarc-en-ciel1. »
i. Hersart de la Villemarqué : Bar^a^-Brei^.
Voici la traduction d'un fragment de cette danse du Glaive :
Sang et vin et danse, à toi soleil, sang et vin et danse.
O l'eu! ô feu! ô acier! ô acier! ô feu! ô feu! ô acier et feu!
O chêne! ô chêne! ô terre ! ô flots! ô flots! ô terre! ô terre et chêne!
Et danse et chant, chant et bataille! et danse et chant. Q feu, etc.
Danse du glaive en cercle: danse d-u glaive. O feu ! etc.
Chant du glaive bleu qui aime le meurtre, chant du glaive bleu.
Bataille où le glaive sauvage est Roi. Bataille du glaive sauvage.
O glaive! ô grand roi du champ de bataille ! ô glaive, ô grand roi.
Que l'arc-en-ciel brille à ton front, que Pàrc-èn-ciel brille.
O feu ! ô feu ! etc. (Traduction de M. H. de la Villemarqué.)