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pénibles efforts de ces écrivains pour s'élever, pour étonner le lecteur et revêtir d'exagération et d'obscurité une idée triviale. Dans leur prose , ils recherchent toujours le ton de la poésie, et leur poésie est encore au-dessous de la platitude et de l'insipidité de leur prose. Les muses de la tragédie , de l'épopée et du poëme lyrique demeuraient silencieuses et sans gloire ; les bardes de Gonstantinople ne s'élevaient guère au-dessus d'une énigme ou d'une épigramme, d'un panégyrique ou d'un conte ; ils oubliaient jusqu'aux règles de la prosodie , et , l'oreille remplie de la mélodie d'Homère , ils confondaient toutes les mesures de pieds et de syllabes dans ces accords impuissans qui ont reçu le nom de vers politiques ou vers de ville (i). L'esprit des Grecs était resserré dans les chaînes d'une superstition vile et impérieuse, qui étend sa domination autour du cercle des sciences et des arts. Leur jugement s'égarait dans les controverses métaphysiques : la foi aux visions et aux miracles leur avait fait perdre tous les principes de l'évidence morale ; et leur goût était gâté par les homélies des moines , mélange absurde de déclamations et de phrases de l'Écriture. Ces misérables études ne furent même pas long-temps ennoblies par
(i) Les versus politicl , ces prostitués qui se livrent à tout le monde , comme le dit Léon Allatius , à cause de leur facilité, avaient ordinairement quinze syllabes j ils ont été employés par Constantin Manassès , Jean Tzetzès , etc. ( Voyez Ducange, Gloss. latin. y t. m, part, i, p. 345 , 346, édit. de Bâle , 1762).
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l'abus du talent; les chefs de l'Église grecque se contentaient humblement d'admirer et de copier les oracles anciens ; et les écoles ni la chaire ne produisirent aucun rival de la gloire de saint Athanase et de saint Chrysostôme (i).
Défaut Soit dans les travaux de la vie active ou dans ceux nationale, de la vie Spéculative, l'émulation des peuples et des individus est le mobile le plus puissant des efforts et des progrès du genre humain. Les villes de Tancienne Grèce conservaient entre elles cet heureux mélange d'union et d'indépendance , qui se retrouve sur une plus grande échelle, mais dans une forme plus relâchée parmi les nations de l'Europe moderne: unie^ par la langue , la religion et les mœurs , elles se servaient réciproquement de spectateurs et déjuges (2); indépendantes par un gouvernement et des intérêts distincts, chacune d'elles maintenait sa liberté séparément, et s'efforçait de surpasser ses rivales dans la carrière de la gloire. La situation des Romains était moins favorable : cependant dès les premiers temps de larépubhque , c'est à-dire au moment où se forma le caractère national, on vit naître la même émulation parmi les états du Latium et de l'Italie; et tous aspirèrent à égaler ou à surpasser, dans les arts et les sciences, les Grecs qui leur servaient de modèles. Il n'est pas douteux que l'empire des Césars n'ait
(1) Saint Bernard est le dernier père de l'Kglise latine, et saint Jean Damascène, qui vivait au liuilicme siècle, est révéré comme le dernier de l'Eglise grecque.
(2) £uais de Hume, y q\. i, p. 125.
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arrêté l'activité et les progrès de l'esprit humain. Sa grande étendue laissait à la vérité quelque carrière à l'émulation des citoyens entre eux ; mais lorsqu'il se trouva réduit par degrés d'abord à l'Orient, ensuite à la Grèce et a Constantinople , les sujets de l'empire de Byzance n'offrirent plus qu'un caractère abject et languissant, effet naturel de leur position isolée. Ils se voyaient accablés vers le nord par des tribus de Barbares dont ils ne connaissaient pas le nom , et qu'ils regardaient à peine comme des hommes. La langue et la religion des Arabes, nation plus civilisée, opposaient une barrière insurmontable à toute communication sociale avec eux. Les vainqueurs de l'Europe professaient, ainsi que les Grecs, la religion chrétienne; mais l'idiome des Francs ou des Latins était inconnu a ceux-ci : leurs mœurs étaient grossières, et ils n'eurent avec les successeurs d'Héraclius aucun rapport , soit d'alliance ou d'inimitié. Seul dans son espèce, l'orgueil des Grecs, toujours content de lui-même , ne se laissait jamais troubler par la comparaison d'un mérite étranger; et ne voyant ni rivaux qui pussent les aiguillonner dans leur course, ni juges pour les couronner au bout de la carrière, il n'est pas étonnant qu'ils aient succombé. Lms croisades mêlèrent les nations de l'Europe et de l'Asie ; et c'est sous la dynastie des Comnène que l'empire de Byzance reprit une faible émulation de lumières et de vertus militaires.