TOM
Pour entreprendre :
Jn VOYAGES ET CONQUÊÈTES.
dépéché vers Hispaniola un navire qui échoua sur la côte d'Yucatan. L’équipage trouva, à la vérité, lemoyen d'arriver à la térre, mais cés infortunés tombèrént bientôt au pouvoir de ces insulaire cruels, qui les immolèrent à leurs divinités. Aguilar et un de Péquipage purent seuls se soustraire à tant de barbarie. Plus tard Cortez le rencontra dans cette contrée; mais je ne vous entretiendrai pas d’un évènement que vous connaissez déjà.
L'impatient Balboa éspérait vainement le retour de son navire. Pour surcroit de calamités, des nouvelles d’Espagne lui apprirent que ses ennemis avaient prévalu à la cour, que leur adresse avait su noircir sa conduite, el qu'il devait s’attendre à rendre bientôt un compte fidéle et rigide.
Il n’ignorait pas que sa justification et le recou-
vrement de l’amitié de ses maîtres intéressés ne
pouvaient dépendre que de la découverte de quelques contrées où l'or se trouverait en quantité; ceile seule idée suffisait pour l'exciter à tirer profit des indications du fils de Komagre. Il sut, par son noble et généreux courage, électriser les cœurs de ses hardis compagnons.
Le nombre de ses soldats se réduisait à cent soixante hommés, et quelques troupés de chiens dressés, je vous lai déjà dit, à mettre en pièces les tristes Indiens qu'ils attiquaient ; et c'était avec
Fe unê r M.
trer d dont | geuse.
le mid langa velle :
geait Bal que C abouti péran( tenta bien n imposé N'}
ui échoua sur 1, à la vérité, es infortunés ces insulaires vinités. Aguie soustraire à encontra dans ‘etiendrai pas déjà.
nent le retour Ë alamités, des e ses ennemis ‘adresse avait it s'attendre à ide.
d'aussi faibles armes que le téméraire Balboa voulait exécuter ses immenses projets.
Le fils de Komagre avait promis aux Espagnols de les guider ; il tint parole , et l’on partit,
ENTRETIEN ff.
FerDiNanD. À mon avis, Balboa s'engage dans une route bien dangereuse.
M. Huwrer, Certainement ; Mais, au désir d’entrer dans le Pérou , il joignit encore d’autres projets dont la réussite ne lui semblait pas moins avantageuse. Le jeune conducteur avait certifié que vers lemidi, à la distance de six soleils » Ce qui, dans son lngage ; voulait dire six jours, on verrait une nourelle mer bordant l’opulente eontrée où il se chargeait de conduire l'équipage.
Balboa imagina à bon droit que c'était cet Océan que Colomb n'avait jamais pu découvrir ‘et qui aboutissait aux Indes en voguant vers l’ouest. L’espérance de découvrir unsi beau pays, après les vaines tentatives de ce célèbre navigateur, lui semblait
net le recou-
intéressés ne verte de quel- | en quautité; r à tirer profil
luisait à cenl ipés de chiens re en pièces les et cétait avec
imposées d'avance. :
Il pénétra premièrement dans la contrée d’un
bien mériter les peines et les difficultés qu’il s'était
VOYAGES ET CONQUÈTES.
cacique avec qui l’on avait déjà conclu un pacte d'alliance. Il quitta cet endroit pour marcher dans
les montagnes, sur les terres d’un chef indien qui,
à son aspect, prit d’abord la fuite , mais qui, ins-
truit des intentions des Espagnols , osa enfin les approcher, et sollicila leur bienveillance en leur offrant tout l'or qu'il put se procurer. En‘in Balboa, continuant sa route dans les montagnes, arriva à l'endroit le plus périlleux. A la nouvelle de son arrivée, un cacique, dont le pouvoir s’étendait fort loin, voulut l’arrêter soudain avec des troupes nombreuses qu’il #vait rassemblées.
Les Espagnols continuërent d’avancer : on dé: pécha vers eux quelques Indiens pour ies questionner sur le motif de leui apparition et les sommer de s'éloigner ; mais la marche ne fut pas interrompue ; on n’ecf aucun égard ni à leurs demandes ni à leurs ordres. Le cacique sc présenta lui-même et ordouna à son armée de combattre : on:le distin; guait par un vêtement de coton , au milieu de ses soldats qui étaient nus. Tout s« meut sur-le-champ.
Les Indiens fondent sur les Espagnols avec des cris
effrayans. Tis étaient à peine arrivés à la portée du
fusil, que Balboa ordonna le feu à ceux des siens |
qui en étaient muuis. La détonnation et l'aspect de “ceux que les balles avaient jetés à la renverse épou-
vantèrent, comme d'habitude, esprits , que , dans un moment , {ous furent divisés
tellement tous les
lu un pacte archer dans indien qui, ais qui, inssa enfin les nce en leur n‘n Balboa, Les , arriva à le de son artendait fort des troupes
cer : on dé- \es question- | les sommer as interromdemandes ni lui-même et n:le distin:
milieu de ses ur-le-champ.
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et l’aspect de nverse épouent tous les arent divisés
et épars, persuadés qu'ils avaient à lutter contre des étres qui tenaient en main le pouvoir céleste » la foudre, le tonnerre’ et les éclairs. Presque toute l'armée en fuite fut renversée par Le fer, ou mise en pièces par les chiens : le cacique lui-même fut une des victimes du combat , CH sa ville, si toutefois on peut appeler ville quelques chétives cabanes contiguës l’une à l’autre, se soumit : on la pilla. L’or qui, éans cette circonstance, devint le partage des Espagnols, les dédommagea de leur pénible marche, et leur donna le courage d’endurer patiemment les fatigues de celle qu'ils allaient entreprendre,
Balboa fit séjourner les malades dans ce lieu , et s’'empressa, avec les débris de sa modique armée, de finir son entreprise. Des difficultés et des périls extraordinaires se présentaient ; mais les Espagnols semblaient de £er et leur ame. d'acier, Rien ne pui ébranler leur courage ; et à peine nous autres hommes délicats et efféminés pourrions y croire. Ils surmontèrent la faim , la soif, le froid , !e chaud : en un mot, toutes les incommodités d’une marche difficultueuse et presque impraticable aux bêtes fauves : Balboa était toujours l premier partout où il ÿ avait du danger. Il savait endurex les plus Srandes privations, même celle de la nourrilure , aussi patiemment que le dernier de ses camarades. C’est ainsi que son exemple ranima leur courage, et qwils ne balancérent plus à suivre un tel come
ne
102 VOYAGES ET CONQUÈÊTES.
maudant, quoique, chaque jour, le but qu’ils vou- Jaient atteindre semblat s'éloigner de plus en plus.
Daus cette marche pénible, ils Lg vingtcinq jours sans être plus avaucés qu'un voyageur parconrant une route frayée ne le serait en six jours.
On arriva enfin. au pied d'une montagne, du sommet de laquelle , à en croire le jeune Komagre, an pouvait découvrir le nouvel Océan. Après avoir faitfaire halte à sa troupe, Balboa , seul, entreprit d'atteindre le haut de cette montagne, ne voulant pas laisser à un seul de ses compagnons l’hon-
eur, d'avoir, le premier, fait une pareille découverte.
Ceux-ci, les yeux fixés sur lui, ne le perdaient pas de vue un seul instant , et attendaient avec in- | si le moment où il atteindrait le sommet...
Déjà il n'en est plus qu'à deux pas, tous les cœurs palpitent de crainte. Enfin, il a gagné le haut de Ja montagne : on le voit se jeter à genoux, élever les mains vers le ciel ; les Espagnols , interprétant ses gestes, s échappent tous à l'envi de le joindre et de partager la joie qu’it éprouve. L’immense Océan s'offre à leurs regards étonnés. Tous, imitant leur commandant, se prosternent pour rendre grâces à Dieu d’un évènement qui doit les couvrir d’une gloire immortelle, et semble promettre à leur : patrie les plus grands avantages. Les Indiens qui
it qu’ils vouplus en plus.
érent vingtun voyageur serait en six
ontagne, du 1e Komagre, . Après avoir ul, entreprit , ne voulant gnons l’honpareille dé-
e le perdaient
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le sommet...
ous les cœurs né le haut de noux ,. élever interprétant de le joindre . L’immense lous, imitant pour rendre it les couvrir
mettre à leur :
Indiens qui
les suivaient étaient interdits, et ne concevaïent rien à ce mouvement d'enthousiasme qu’excitait chez les blancs la vue de cette mer. Leur surprise fut encore plus grande, quand ils virent toutes les cérémonies avec lesquelles Balboa prenait, au nom de son souverain, le roi d’Espagne, possession de toutes ces contrées et de l'Océan même qui en baignail Les côtes. |
Il fit élever de grands monceaux de picrre, y planta des croix, el grava, sur l'écorce des arbres, le nom de Ferdinand; car ce prince régnait encore, C'était en 1513, cinq ans avant que Cortez partit de Cuba pour la conquête du Mexique.
Après ces cérémonies, on courut en foule vers le rivage. Balboa, l'épée à la main, entra dans la mer jusqu'à la ceinture , et parla ainsi aux Espa-
gnols et aux Indiens rassemblés : « Je vous prends Lo ici tous à témoins, que je prends possession , au » nom du roi d’Espagne, de cet Océan et de toutes » les terres qu’il baigne de ses flots : je suis prêt, » el je fais vœu de défendre, avec cette épée, les » Souverainelés de mon maitre. » 4
L'endroit où se représentait cette scène, aussi pitoyable que ridicule, était une baie voisine du grand isthme de Panama. Vous Pouvez voir sur Totre carte qu’elle s’étend le long du continent de l'Amérique méridionale, Balboa lui donna :le nom de baïe Saint-Michel.
VOYAGES ET CONQUÈTES. .
IL commença par engager ou contraindre plusieurs caciques à lui procurer de l'or et des vivres, puis il résolut ; pour acquérir de plus amples con: naissances, d’explorer à fond, dans des barques indiennes, la baie, les îles adjacentes et la côte tout entière. Méprisant les avis des Indiens, qui lui faisaient observer que la saison des pluies allait commencer, il s’embarqua sur de chétifs canots, f construits à la hâte, avec quatre-vingts Espagnols et plusieurs Indiens, pour voguer sur cette mer qu’il venait de découvrir; mais il eut bientôt sujet de se repentir de sa témérité. Ils n'étaient pas encore parvenus bien avant, lorsqu'ils furent surpris par une tempête si horrible, et les vagues soulevées par les vents en furie s’élevérent à une hauteur si effrayante, qu’ils coururent le plus imminent danger. Les Indiens, quoique pâlissant d’effroi, ne restèrent pas dans l'inaction : ils se jetérent dans les flots pour aitacher les barques deux à deux, et empêcher ainsi qu’elles ne chavirassent ; ct après les plus pénibles efforts, ils attciguirent enfin une À ile hérissée de rochers, sur laquelle ils descendirent et y amarrèrent comme ils purent.
Mais leur joie de se voir en lieu de sûreté ne fut pas de longue durée, car l’heure du reflux étant arrivée, l’île entière fut couverte par les flots, et ces pauvres aventuriers se virent forcés de passer la nuit dans l’eau jusqu’à la ceinture, incertains
ntraindre pluet des vivres, 1s amples cons des barques ntes et la côte Indiens, qui es pluies allait chétifs canots, È ngls Espagnols sur cette mer t bientôt sujet taient pas enfurent surpris yagues soulent à une haule plus immipâlissant d’ef- : ils se jetérent s deux à deux, ssent ; C{ après rent enfin une À s descendirent
e sûreté ne fut u reflux étant È ar les flots, et )rcés de passer re, incertains |
encore si la marée ne s’éleverait pas davantage pour les noyer tous. Enfin parurent les premiers rayons du. jour; mais, pour mieux leur faire découvrir toute l’étendue de leur malhcur, ils trouvérent quelques uns de leurs canots entiérement brisés, d’autres. fort détériorés et remplis d’ouvertures; le reste était plein de sable ct d’eau. Harassés de fatigue, pénétrés par l’humidité et tout tremblaäns de froid, privés d’alimens et de cauots, comment pouvaient-ils espérer de quitter cet aride rocher?
Mais de quels obstacles ne triompheraient pas les forces réunies d’un nombre d'hommes que d’extrémes misères contraignent à se forger des moyens de salut? Les compagnons de Balboa trouvèrent quelques arbrisseaux sur cette ile; ils les dépouille-
rent de leur écorce, qui n’était pas encore dure, .
l'entrelacèrent avec des herbages, et après avoir mâché ce mélange, ils en fermèrent les ouvertures et les crevasses des canots qui n’étaient pas entièrement fracassés, el c’est sur d’anssi faibles esquifs, chargés encore d’objets divers, qu’il tentérent les flots , précédés des Indiens qui nageaient, et eurent ic bonheur d’atteindre la rive.
Mais leurs peines n’étaient pas encore finies : se trouvant affamés, ils descendirent sur les terres d’un, cacique qui, d’après le rapport des Indiens, avait une provision considérau.. de vivres. Celui-ci
KA
s’avança vers eux avec une troupe de ses gens pour les chasser. Les Espagnols, succombant à la faim, et leurs chiens qu’aiguillonnait aussi le besoin, se précipitèrent sur eux avec tant de rage, que ces Indiens, presque sans défense, ne purent résister long-temps; beaucoup furent tués; le: cacique même reçut une blessure, et ‘de reste fut mis en déroute. | L Après cette horrible attaque, on se disposa de part et d'autre à faire la paix. Le fils du cacique leur arriva en députation avec des alimens et de superbes dons en perles et en or. À la vue de ces trésors, les Espagnols ne songérent plus à leurs fatigues. Le cacique en personne se rendit bientôt auprès d'eux, et lorsqu'il eut remarqué leur avide passion pour l'or ct les perles, il leur assura qu’ils pourraient amasser des pcries en abondanco dans une île qui n’était éloignée que de cinq lieues, et de l'or dans un pays situé vers le sud; mais il leur donna le conseil de laisser passer la saison des pluies avant de mettre à la voile pour l’une ou l’autre de ces contrées. Quelque brûlante œue fût la. soif des Espagnols pour ces richesses, se rappelant tous les maux qu’ils avaient endurés, ils résolurent d’attendre le beau temps. À cet effet, à l'unanimité, ils sollicitèrent leurs chefs de leur faire reprendre le chemin de la colonie; et comme presque tous étaient ou malides ou affaiblis, Bal-
bient Au pagni du St nait lui c« homn sor 1 l'exis leur bien
‘Nouv
fût p éprou direc
gens pour à la faim, besoin , se >, que ces nt résister e, cacique ut mis en
disposa de lu cacique Lens et de vue de ces us à leurs dit bientôt leur avide sura qu’ils lanco dans lieues ; et ais il leur saison des * l’une ou le que fût s, se raprés , ils réit effet, à s de leur el comme iblis, Bal-
boa ne put résister à leur prière. Mais pour ayoir une connaissance un peu exacte des lieux par lesquels il était venu, il s’en relourua par des chemins non moins pénibles et difficultueux que les premiers. Il fallut triompher de nouveau des plus grands obstacles, et repousser presque continuel-
lement les attaques des féroces irnisulaires qui
avaient leur habitation sur les montagnes. Enfin ils parvinrent à Sainte-Marie, mais harassés de fatigue. (
Dans cette célébre entreprise, aucun ne dépioya autant” d'intrépidité qu’un nommé Pizarre qui, pour la première fois, paraît sur une scène où bientôt il va s’immortaliser.
Aussitôt Balboa envoya un député au roi d’Espagne , pour lui apprendre la découverte de la mer du Sud , et mettre à ses pieds la part qui lui revenait des riches trésors qu’ils avaient amassés. Il lui couseillait de lui envoyer un renfort de mille hommes qui lui manquait pour prendre son essor vers l’opulente contrée des Péruviens, dout l'existence, d’après les informations prises, ne leur laissait’ aucune incertitude. Ce fut avec un
bien grand ravissement que Ferdinand apprit cette : nouvelle du député. I ne douta plus alors qu’il
fût possible de passer aux Indes-Orieniales, et il
éprouya une grande joie d’avoir trouyé une voie
directe pour arriver dans un royaume qui, déjà
108 VOYAGES ET CONÇUÈTES.
depuis plusieurs années, fournissait au Portugal de considérables trésors; mais, chose incroyable, la même défiance qui lui avait fait méconnaître les services de celui qui, le premier, avait décou-
vert le Nouveau-Monde lui suggéra les mêmes
soupçons envers Balboa. Il lui semblait trop porté pour les entreprises, pour qu'on le fit gouverneur des pays déjà découverts, et de ceux dont il entreprenait la découverte. À cet effet, il fut décidé de poursuivre avec rapidité le cours de l’expédition déjà commencée, mais aussi de dépêcher un
gouverneur à Sainte-Marie, en remplacement de Balboa. | R
PR TT nant nant tance le mnt né
ENTRETIEN I
M. Howrer. L'homme que l'on appela à occuper Son poste et à gouverner le Darien se nommait
: Pedrarias. 11 joignait à une naissance illustre une élégance recherchée dans ses manières; mais, chez
lui, le moral n’était pas en harmonie avec le mérite :
extéricur : son ame vile ne s’ouvrait qu’à de honteux détours. On lui confia quinze navires et douze centssoldats pour terminer l'importante expédition que Balboa avait entreprise ; presque quinze. cents
gent:
comt gran vu u frais Qu troit © ft de
u Portugal incroyable, néconnaître ivait décou-
les mêmes
| trop porté gouverneur dont il enl fut décidé le l’expédiépêcher un icement de
ela à occue nommait lustre une mais, chez
c le mérite
’à de hones et douze expédition inze. cents
gentilshommes le suivirent dans son embarcation, al comme volontaires, pour Partager la gloire de cette
grande conquête : jusqu'à ce jour, on n’avait pas
Yu un appareil de guerre aussi considérable aux | frais de la cour.
Quand cette flotte redoutable entra dans troit du Darien, Pedrarias chargea un officier ft descendre à terre, d'aller apprendre à Balboa Dqu'il était déposé , et qu'un nouveau gouverneur
venait le remplacer. Chacun croyait voir ce guer- L'ier environné d’une pompe qui aurait répondu à
h splendeur de ses hauts faits ; On pensait, de plus, qu'il se révolterait coutre les ordres du roi ;» et que même il essaierait de soutenir ses droits par
h force des armes ÿ Mais ces deux conjectures élaïent trompeuses. |
Quel fut l’é
le dé- | » qu'il |
écorce nattée,
410 VOYAGES ET CONQUÈTES.
gulier que lui parût ce trait d'ingratitude, Balboa déclara sur-le-champ, que lui et ses colons se rendaïent respectueusement aux volontés de sa majesté. Vainement ses intrépides soldats, dont le riombre allait jusqu’à quatre cents, grâce au renfort qu'il avait reçu des îles , l’excitérent-ils à défendre, par la violence, un poste qu’il occupait à juste titre, il n’écouta pas leurs prières.
Son présomptueux successeur descendit à terre. Balboa s'avança vers lui dans la posture la plus respectueuse, et l’assura qu'il était tout prêt à obéir, Ce trait de subordination ne sut pas toucher l'ame de son impitoyable ennemi. Le prélude de ses injustices fut d’arracher à Balboa des trésors quilétaient le juste prix de son courage et des dangers qu'il avait courus : il ajouta à celte dépossession une’ amende très forte, pour s'être fait gouverueur de son propre chef , et sans ordre légitime.
On était précisément alors au temps des pluies,
saison où, dans ce pays contagieux , s'exhalent
dans l'air des vapeurs’ infectes et maisaines, Les
nouveaux débarqués ne furent pas long-temps sans
éprouver la maligne influence de la contrée. Cent
à la fois succombaient à la maladie , et ceux qu n'en étaient pas atteints étaient bientôt réduits à la plus affreuse misère, par la privation absolu
de vivres. Découragés de voir ainsi se détruire ul si bel espoir, ils pressérent le gouverneur d'effet
ktion l
luer, Sans retard, leur retour en Espagne. Pour faire cosser leurs plaintes, celui-ci eut recours à un siralagème dont les effets nujsirent autant aux colons qu'aux habitans du pays : il les autorisa à Le disperser à volonté dans le milieu des terres j ani pour se procurer des aïimens , que pour acaparer. tout l'or qu’ils verraient briller sur leur passage. Ç Soudain Ja colonie inonda tout le pays jusqu'aux abitations les plus reculées, dévalisant les iridines ; et leur faisant subir les traitemens les plus els: rien ne fut épargné, pas même les districts mec lesquels Balboa avait conclu des pactes d’allance: Tous les Européens furent > dès ce jour, xécrés des:sauvages, qui n’étaient pas’ auési barres qu'eux ; au point qu'ils comparèrent ces ruels malfaiteurs aux animaux les plus yoraces et plus farouches. | C'était avec une douteur bien amère que Balboa uyait arriver tous les jours la destruction de sa nie et l'évanouissement de ces beaux projets ong-lemps sans ui, nuit et jour, avaient occupé sa pensée. 4 contrée. CentMalors sa grande ame avait tout supporté ; mais ie, et ceux quikf® dernières cruauiés le révoltérent enfin. Il se kida à faire, à la cou d'Espagne, un rapport ivation absoluMüillé de l’affreusé conduite du gouverneur. Ferand ne put faire autrement que de croire à une erneur d'effeÆhlion qui portait avec elle Pempreinte de la vé-
ude, Balboa
olons se ren-
és de sa ma.
ats, dont le
grace au ren-
érent-ils à dé-
'il occupait à es.
endit à terre.
osture la plus t tout prêt à ut pas toucher Le prélude de oa. des trésors ge et des dancette déposses- ‘être fait gouordre légitime.
aps des pluies, ax , S'exhalent malsainess Les
112 VOYAGES ET CONQUÈTES.
rité, Il vit alors qu’il avait destitué un sujet laborieux et habile, pour faire donner son poste à un simple courtisan , ignorant et novice dans les af. faires. En réparation de ce tort, il fit Balboa sou gouverneur de toutes les terres conquises situées sur la mer du Sud , et enjoignit à Pedrarias de lui prêter main-forte dans toutes ses expéditions, el de n’en éntreprendre aucune sans le consulter. Pedrarias ne pouvait pas se montrer rebelle aus ordres du roi ; mais plus il s’efforçait de cacher: haine , plus eile prenait racine dans son cœur. À contraire, Balboa, à peine en pied dans les fonc tions, jeta, en brave militaire , un généreux oub sur le passé : tous ses soins furent employés au préparatifs de l'entreprise qu’il méditait depuis s long-temps, pour doter la couronne d’Espagne d la riche conquête des mines du Pérou. Après avo brisé mille obstacles, il parvint à équiper quatr petits brigantins, et à réunir trois cents homme pour les monter.
A l'instant où il allait mettre à la voile pour e sayer de conquérir, avec cette poignée de soldats le plus bel empire du Nouveau-Monue, un envo] de Pedrarias vint lui dire que le gouverneur les licitait d'arrêter son départ, et de se rendre da un lieu qu’il désignait, pour avoir une conféren avec lui. Balboa, qui ne soupçonnait rien , se hi €: satisfaire Pedrarias, et se dirigea vers le re4
dez- " gou trah quel ince sang redo cusa de m suboi juges l’'arré suppl d'un utile la têt
Fc celte
à persor
Balbo, su do:
conda l'impu
Ce | quelqu Tou ; C:
une co
uu sujet labo-
fit Balboa sou nquises situées Pedrarias de lui expéditions, el le consulter.
trer rebelle aux ait de cacher:
s son cœur, À
s cents homme
la voile pour € gnée de soldat un envo)
nuc )
sait rien , se bi gea vers le re
dez-vous. A peine y était-il arrivé, que le traître Souverneur le fit charger de chaînes ; cette lâche trahison surprit Balboa : il ne pouvait deviner quelle trame on ourdissait contre lui; mais son incertitude ne fut pas longue. Pedrarias, avide du sang d’un héros qu’il envisageait comme un rival redoutable, instruisit aussitôt son procès. Il l’actusa d’une conspiration contre l'autorité royale , de nuire à ses intérêts, et de chercher à secouer la subordination qu’il devait à son gouverneur, Des juges vendus au criminel Pedrarias prononcérent l'arrêt de mort contre le malheureux Balboa : tous Supplièrent l’infame meurtrier d’épargner les jours d'un héros qu’ils chérissaient tant et qui élait si utile au roi : il méprisa leurs prières , et Balboa eut là tête tranchée en public.
Ferinan. Le roi ne fut donc pas instruit de celte cruauté?
M. Huxren. Il en avait été informé, mais par des
{ l'SOnnes qui souhaitaient tout autant le trépas de
Balboa que le gouverneur lui-même, et qui avaient su donner à cette atrocité les couleurs d’une juste tondamnation : non seulement l'assassin obtint l'impunité, mais il garda son gouvernement.
Ce tragique événement éloigna encore, pendant
à quelques années l'orage qui s’amoncelait sur le Pé. , q
rou ; car le lâche Pedrarias n’osait pas entreprendre une conquête aussi dangereuse, et la mort de Bal-
114 VOYAGE3 RT CONQUÈTES.
boa terrorisait tellement les ames les plus fortes, que personne n’entreprit de s’illustrer par quelque fait éclatant, sous les ordres d’un chef que dévorait l’envie. Aussi on laissa là une entreprise aux préparatifs de laquelle il ne manquait rien, et on recommença le pillage et les cruautés exercées déjà sur les malheureux insulaires du Darien.
La situation insalubre de Sainte-Marie, et l’envie de se faire une réputation quelconque, décidèrent le gouverneur à solliciter le droit de faire évacuer
la colonie, et de la diriger vers la partie occidentale de l'isthme, sur les rives de la mer du Sud. Le roi écouta sa demande, et c’est de cette époque que date l'antique Panama, qui, par la suite et pendant longtemps, futune des plus’ con-idérables de l'Amérique;
mais, il y a plus de cent ans, un célébre corsaire d'Angleterre, appelé Morgan, la surprit, et la ré-
duisit en cendres après lavoir pillée. Lorsque, plus
tard, on voulut en jeter les nouveoux fondemens, on pensa qu’il était convenable de la rebâtir dans une position plus favorable, à l'entrée d’un fleuve queles Espagnolsappellent Rio-Grande: telle fut l'origine de la Panama de nos jours.
ENTRETIEN IV
M.Huwrer. Pendant le cours de quelques années,
Pedr
| de P
sauv sépar Pend
| pédit
c'est Mex Ï Au avec | quabl ton.
secon de Lu
à Marie
Piz:
us fortes, que * quelque fait dévorait l’enaux préparael on recom- 8 déjà sur les
rie, et l’envie ue, décidèrent faire évacuer ie occidentale à Sud, Le roi oque que date pendant longe l'Amérique; lébre corsaire prit, et la ré- Lorsque, plus
x fondemens,
\ rebâtir dans ‘te d'un fleuve »: telle fut l’o-
ques années,
Pedrarias fut occupé, d’une part, à bâtir sa ville, et | de l’autre à attaquer ct à soumettre les infortunés sauvages dans toute l'étendue de Pisthme qui fait séparation entre l'Océan du Nord et celui du Sud. Pendant tout ce temps, on négligea la brillante ‘ex- | pédition du Pérou : on n’y songea qu’en l'an 1524,
c'est à dire six ans après l'expédition contre les Moxicoiris.
Au nombre de ceux qui s’élaient fixés à Panama avec Pedrarias, se trouvaient trois hommes remarquables , qui doivent désormais fixer notre attenlon. Le premier se nommait François Pizarre, le second Diégo d’Almagro, et le troisième Ferdinand de Luque ( ce dernier était prêtre, et avait, à Sainté-
à Marie, ramassé de considérables trésors), Pizarre était un bâtard d'un gentilhomme d’Es-
ligne et d’une femme Prostituée ; sou éducation fut
entièrement négligée Par son père ct sa mère, qui, dayant rien appris, ne purent lui donner aucun principe : il grandit donc comme l’'arbrisseau des lis que personne ne cultive. Délaissé, ne possédant pas la plus légère instruction, et ne recevant jmais le moindre encouragement, il passa tous les jours de sa jeunesse à la garde des troupeaux : doits'étonner que son cœur fût fermé à ces nobles et Fnéreux sentimens d'humanité, qui n°y prennent aissance et développement que sous l'influence line éducation hien cultivée au premier âge. Pour-
tant, il ne pouvait vaincre son dégoût pour cette manière de vivre, et, sans connaître ni la lecture ni l'écriture, il rêvait à une plus haute condition : de berger il se fit soldat ; il avait à peine quelques années de service, qu’il dirigea ses désirs brûlans vers la grande scène du Nouveau-Monde. Sous les ordres de Balboa, il débuta par tant de courage dans les circonstances les plus dangereuses, que, tout ignorant qu’il était, on le jugea propre à devenir commandant. Les fatigues ne pouvaient rien sur son corps robuste. Son cœur intrépide et passionné pour la gloire était inaccessible à la peur, et, le premier de ses compagnons, il volait toujours devant le péril. Tous les ressorts de son ame se mouvaient sans cesse pour réparer, par une aptitude vigilante, Pinstruction qui ne l’avait jamais éclairé. Il ne tard pas à faire reconnaître en luiun de ces mortels nès pour le commandement et l'exemple de leur siècle.
Je n lorsque pourra d'un p Îler la 4
Obscur et sans éducation, Almagro peut, à petls
de chose près, être comparé à Pizarre : en naissant il avait été exposé par ses parens ignorés, el aval dû son salut à la commisération publique. Comm Pizarre, il s’était enrôlé fort jeune, et, se croyal
ainsi que lui appelé à de glorieux exploits, il étai@e arrivé en Amérique pour y acquérir une renommét}
vigoureux et résolu comme lui, il était infinimen supérieur par sa probité et la noblesse de ses senti mens.
PIZARRR. 417
pùt pour cette i la lecture ni condition : de > quelques an- 8 brülans vers Sous les ordres!
arage dans les ue, tout ignodevenir comt rien sur son passionné pour
et, le premier s devant le pémouvaient sans vigilante, Pins ré. Il ne tard
Je ne vous parlerai de Ferdinand de Luque que lorsque les circonstances m’y contraiudront. Qui pourrait en effet retenir son indignation, à Paspect d'un prêtre qui, au lieu de prêcher la paix, va souf-
ler la guerre et semer la désolation dans une partie du monde ?
Tels é
À taiént les triumvirs qu'avaient fait naître les plus vils élémens, pour le malheur du Pérou. Ils tombèrent d'accord de fournir chacun les
qu'ils possédaient pour se préparer à cette entr
mme Pizarre était le moins contribuabl chargea,
trésors eprise:
empire des “n assura de lui conduire de ces mortels nësEtemps en temps des munitions, des renforts, des
provisions et desalimens. Luque, de son côté, devait & fixer à Panama, afin de s’attirer la confiance du fuverneur, et tenter toutes les manœuvres qui “aentuu rapport favorable à leur projet.
Lorsqu’il eut obtenu l'autorisation du gouverneur Lique, suivi de Pizarre et d’Almagro, entra di tglise et y dit la messe ; puis divisant en trois parts Phostie qu’il venait de consacrer, il en fit le partage ntre lui et ses deux compagnons : c’est ainsi qu’il kella, par un sacrilége, une association qui ne compoiait aue le massacre et les spoliations.
ro peut, à pel e: en naissant rnorés , et aval blique. Comm , et, se croyal exploits, il élai une renommét était infinimen sse de ses senti
118 VOYAGES ET CONQUÈTES,
Ce ne fut pourtant qu’un seul navire, contenant À (°° cent douze hommes, qui composa tout l’appareil de A gucrre avec lequel Pizarre quitta le golfe de Pa- R P'IC nama, pour aller conquérir un des empires les plus À ‘8! étendus du Nouveau-Monde. lant
Afin de suivre notre aventurier, il est utile que F: nous nous fassions une idée de la côte de cette par: D alisé tie de l’Amérique méridionale. Elle s'étend, comme M vous le remarquez, de l’île du Darien jusqu’à la} 4 U Terre-de-Feu, qui la limite. Vous n’ignoréz pas que sais: la contrée la plus voisine, après le Darien, se nommiE ;; il Tierra Firma,comme le prononcent les Espaguols. Fe Vient ensuitele Pérou, le Chili, puis les terrés ma: s gellaniques, que le détroit de Magellan sépare dell M. Terre-de-Feu. Jor
On nomme ainsi cette terre à cause des volcans
qu’on y trouva quand on en fit la découverte. Malheurensement pour nos aventuriers, on avait une si légère connaissance du climat de l’Amérique méridionale, qu'ils se mirent précisément en roule dans la saison la plus critique : ils étaient alors cot trariés par les vents périodiques.
Tous les ans, ct presque sans interruption, un ven régulier et qui ne varie jamais règne au sein dé l'Océan, entre les tropiques, et même quelques de grés plus loin, au nord comme au sud. Ce vent @ entièrement esf, [à où les rayons du soleil sont per ù pendiculaires à la terre. Plus haut, vers ie nor
de PIZARRE.
contre le iropique du Cancer el sud-est plus bas, au sud
vire, contenant ut l'appareil de le golfe de Paempires les plus
L 4 LA FERDINAND. Qu'est alisé ?
il est utile que bte de cette pars'étend, comme arien jusqu'à la ignoréz pas que rien, se nommé t les Espagnols.
is les terrés ma:
lan sépare de
ce qui peut produire ce veni
M. Hunrer. C’est ce tt tous, je l'espère.
saison rigoureuse, où il y a du feu?
que vous comprendrez bien.
Qu'’arrive:t-il lorsque , dans 14 On ouvre la porte d'une éharmbré |
FerDiNanD. Un air froid Y pénètre aussitôt. M. Honren. Et pourquoi ? | |
JORN. C’est, comme déjà Vous nous l'avezappris mon pére, parce que l’air chaud de cette chambre, | se trouvant trop répandu, u'opposé qu’une faible | "sistance à l'air froid qui s’y introduit vivement | dis que la porte se trouve ouverte, hr
M. Hunrer. C’est trés bien répondre. Maintenant | onsidérez,
mes enfans, que Chaque jour l'air d’ena re les deux tropiques est un sujet parfait de compa- | aSon. De plus, dans certaine saison, le soleil y verse HA gne au sein di Culairement, et dans me quelques dÆ£ne autre un peu moins. L’air qui est entre les deux sud, Ce vent éÆopiques doit donc êire plus chaud que celui qui est à soleil sont pépt delà ef qui ne reçoit les rayons que d’une ma> , vers ie noriBire oblique. Or, comme l'air qui est entre les deux "
use des volcans couverte.
turiers, on avait 1t de l'Amérique ément en roule taient alors coi
ruption, un ven!
tropiques est plus réchauffé, par cette raison il sc trouve plus dilaté. Cela posé, l'air plus compacte des environs y pénètre par degrés successifs et non interrompus, et l'équilibre s’y rétablit; mais comme le soleil se meut ou paraît se mouvoir, d’orient en occident, il faut que des deux côtés des environs Pair y arrive par une double obliquité, je veux dire que celui qui y pénètre par le nord doit y parvenir en la direction d’un vent du nord-est, et celui qui y vient par le sud en celle d’un vent du sud-est ; et là où s’opère le choc de ces deux vents opposés qui se rencontrent, il doit infailliblement résulter un vent d'est réel de cette jonction. |
Joux. Màis pourquoi ce vent alisé cesse-t-il de souffler en approchant du continent?
M. Hunrer. Avant que je te réponde, dis - moi toi-même pourquoi, eu été, unerivière auprès d’un moulin semble parfois immobile comme une eau qui dort?
. Joux. Parce que sans doute les écluses sont alors fermées. | Ho |
M. Hunter. C’est par la même cause que le vent alisé ne souffle plus lorsqu'il arrive près du continent. Ses montagnes, comme des écluses fermées, arrêtent son cours qui se ralentit non seulement près de la terre, mais encore bien avant sur la mer;
effet qui se produit sur la rivière lorsque les écluses |
te raison il se plus compacte ccessifs et non t;mais comme ir d’orient en des environs é, je veux dire oit y parvenir 4 etceluiquiy E 4e NE | L? pl 1 sud-est ; et là ES || =. Yu IRD 2 opposés qui se Je | | |.
sulter un vent
é cesse-t-1l de )
onde, dis - moi re auprès d’un mme une eau
uses sont alors
ase que le vent près du contiluses fermées, non seulement int sur la mer; sque les écluses]
en alter mm rer
sont du c core
In vent certa miné ceux:
l'on
Ce jours temp tion,
orage
ceuxdant «
Un
bles s:
prégne
l'autr humi un de natur
sout fermées ; car on s’aperçoit de cette suspension | du cours, non seulement près de l’éclusc, mais encore bien plus haut.
Indépendamment de ces vents alisés appelés aussi vents constans, il en cest d’autres encore qui, dans certains pays, ne soufflent qu’à des époques déter. minées : ils sont appelés vents périodiques ; parmi ceux-ci, les premiers à se présenter sont ceux que l'on nomme moussons.
Ces vents, pendant quelques mois, soufflent tou. jours du même côté ; ils se calment ensuite quelque temps, puis soufflent soudain dans une antre direclion, ce qui cause des tourmentes et d’horribles orages. ;
Il'existe une autre espèce de vents périodiques, cœux-là régulièrement soufflent chaque jour pendant quelques heures seulement.
Une deraière sorte de vents qu’on nomme varéables sr9t veux dont nous avons la connaissance. Ils Lrégner + d'un côté de l'horizon, tantôt de l’autre ; à! . .antôt chauds, tantôt froids, tantôt humides, tantôt secs ; mais leurs élémens présentent un doute si vague, qu’on nc sausait spécifier leur nature. ti ‘ ne
il,
VOYAGES ET CONQUÈTES,
perce:
: L dont ENTRETIEN V. pressa arbres
sen $
Hexri. Hier les vents nous ont long-temps ar- TE ré ti malad
M. Hunrer. Ce sont eux aussi qui retardérent: ru Pizarre dans son entreprise ; car après avoir éprouvé les plus pénibles vicissitudes durant soixante-dix. jours, avoir été menacé des périls les plus redoutables et lutté contre les vagues ct les flots en cour: roux , à peine s’était-il éloigné des îles aux Perles que vous remarquez au milieu du golfe de Panama. On ferait aujourd’hui ce trajet en aussi peu d'Heures qu’il lui avait fallu de jours.
IL des cendit en plusieurs endroits de ces côtes ; mais ce qu’il y remarqua, et tous les renseigné mens qu’on lui donna de ces contrées étaient si propres à le décourager, que tout autre que le ferme et intrépide Pizarre eût abandonné des projets si difficultueux. D'un côté s’opposaient à lui des forêts impraticables qui ne renfermaient pas un seul arbre fruiticr ; de l’autre des marais inaccessibles ct des terres inondées; en tous lieux dé farouches
habitans qui venaient repousser de leurs bords ces voyageurs qui leur semblaient redoutables ; ils n’a-
percevaient en aucun endroit ni l'or nf les richesses dont ils s’étaient fait un si doux espoir. La faim les pressa si fort, qu’ils furent réduits à dépouiller les arbres de leurs bourgeons et de leurs rejetons , et à ‘en Servir comme d’une nourriture, De ce petit iquipage, beaucoup périrent exténués et atteints de maladies contagieuses , par l'humidité du climat et l'étouffement de l'air. L’épuisement et la faiblesse avaient tellement paralysé le petit nombre des compagnons qüi restaient à Pizarre, qu'il se vit obligé de retuurner sur ses pas Pour recevoir le renfort qu'Almagro avait promis de lui expédier lui-même, A cet effet il cingla vers Chuchama , placé vis à vis lle aux Perles.
Il est vrai qu'Almagro avait effectivement rerulé Soixante dix hommes; mais croyant que Piarre avait déjà trouvé Populente contrée des mines l'or, objet de tous leurs vœux, il fit voile de ce té. Commê Pizarre, il eut à lutter contre mille hngers. Partout où il descendit , les farouches hailans des côtes lui résistérent, Dans une lutte très animée, il perdit un œil d’un coup de flèche. Il fut Ontraint de s'éloigner. Aux îles aux Perles, on lui idiqua le lieu que Pizarre avait pris pour refuge, il s’empressa de l'y joindre.
En se revoyant, leur joie fut si grande qu’elle eur fit oublier tout à coup le souvenir de leurs ruelles peines , et Pun et l’autre étaient si peu dé-
ng-temps ar-
i retardérent:
ivoir éprouvé
soixante-dix.
plus redoutàflots en cour:
s aux Perles e de Panama.
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de ces côtes ; cs renseigné ‘es étaient si autre que le né des projets ent à lui des nt pas un seul accessibles ct de farouches urs bords ces bles ; ils n’a-
12à VOYAGES FT CONQUÈTSS.
couragés dans leur entreprise, que, sur-le-champ, ils résolurent de se mettre en marche. Cette fois ils eurent un peu plus de bonheur. S'ils luttèrent contre de périlleux obstacles, ils le firent avec tant de courage et de constance qu’ils arrivèrent enfin à la baie de Saint-Mathieu, sur les côtes de Quito. Leur débarquement eut lieu à Tacames , peu éloigné de l'embouchure du fleuve des Émeraudes.
Combien cette contrée leur parut agréable, au prix de celles qu’ils avaient parcourues jusqu'alors. Quito, la plus grande et la plus belle province de l'empire péruvien , est un des endroits les plus féconds et les plus enchanteurs du monde, et quoi: qu'il se trouve presque au centre des feux de
l'équateur , l'air qu’on y respire est si doux, si tempéré, qu’on croit y goûter un printemps étcrnel.
Ferninanr. Pourquoi donc la chaleur n’y est-elle pas aussi forte que dans les autres contrées qui son! sous la ligne ?
M. Huwrer. C’est d'abord parce que les Cordillières, qui sont dans le voisinage , sont couverte ‘de neiges et de glaces qui ne fondent jamais, er suite, parce que la mer du Sud mouille toutes ces côtes. Il en résulte que le vent qui arrive de c& . deux points est toujours assez frais pour donner i la chaleur un degré qui puisse nous la rend
heu:
obsc un © en { ente des :
préli sont tans nonc que:
brui.
com Sacca terre dent lité r serte Camp
agréable. On n’y trouve aucun de ces insectes hideux et malfaisans qui dévastent presque toutes les autres contrées de l’Amérique : aucun sol sur terre n'offre plus de fertilité.
ur-le-champ, ils ». Cette fois ils s luttèrent conntavec tant de èrent enfin à la de Quito. Leur peu éloigné de des.
Taéovone. Ah! papa, quelle belle contrée! nous devrions aller la visiter.
M. Hunter. Avant de partir, prête-moi encore ton attention. Après les plus douces matinées , une heure ou deux äprès midi, d’horribles nuages obscurcissent tout à coup les cieux ; vient ensuite un orage si furieux, qu’à peine nous pourrions nous en faire une idée : le tonnerre , en roulant, fait entendre un fracas épouvantable contre le sommet des montagnes ; souvent même ces tempêtes sont le prélude de tremblemens de terre , dont les résultats sont effroyables; mais, heureusement pour les habiguans de la contrée, il est des signes certains qui annoncent ces violentes commotions ; d’abord, presque toujours , l’air devient excessivement agité. Un bruit sourd se fait entendre, les oiseaux paraissent comme subitement étourdis et ne volent que par saccades et par élaus ; successivement , du sein de la lerre surgit un bruit terrible avec lequel se confondent les sinistres hurlemens des chiens ; l’immobilité règne parmi tous les animaux ; les habitans désertent leurs demeures et se répandent dans les campagnes ; et les cris des enfans, les gémissemens
it agréable, au ues jusqu'alors.
lle province de roits les plus fé.
onde, et quoi:
e des feux de » est si doux, r un printemps
aleur n’y est-elle ontrèes qui son
> que les Cordil:
, Sont couvertes lent jamais, er ouille toutes ces qui arrive de c js pour donner
nous la rendre
126 VOYAGES ET CONQUÈTES.
lamentables des femmes, se mélant au bruit de la tempête, produisent l’image la plus effrayante pour l'imagination.
Eh bien ! Théodore, désires-tu encore aller visiter ce pays?
Tuéonore. Certes non.
M. Huwrer. Bornons-nous à y suivre en idée Pi. zarre et Almagro. |
La vue de cette agréable contrée, des vêtemen de laine et d'indienne dont les indigènes étaient couverts, et de l’or et de l'argent qui brillaient'dans leur parure, ne leur laissa aucun doute que leur espoir était enfin comblé. Mais leurs soldats étaient
si exténués par les peines qu’ils avaient endurée dans le trajet, et les maladies dont ils avaient été frappés , qu’ils n’osèrênt pas s’avancer dans ce pa) opulent. Après bien des réflexions, il fut décilé qu'Almagro reviendrait à Panama se munir de not veeux renforts, et que Pizarre, avec ce qui lu restait de gens, se retirerait sur la petite île à Gallo, contiguë à la terre ferme , et qu'il y atten drait son associé et les secours dont le besoin leu devenait si pressant. #
Almagro se mit en route; mais il trouva bien {l changement en arrivant à Panama : on avait dè posé Pedrarias, et nommé gouverneur à sa placeu certain Pedro de Los-Rios. Celui-ei , peu entrepre
nt au bruit de la effrayante pour È
nant , trouva les projets des triumvirs si hasardeux, et leur exécution si périlleuse, qu’il ne laissa pas Almagro recruter de nouvelles forces. Un pavire qu'il expédia alla chercher Pizarre et ceux de l’équipage, restés avec lui. Retard fortuné! mais trop court, hélas ! pour les Péruviens, qui ne soupconnaient pas l'orage amoncelé sur leur tête.
Ce navire parvint à l'ile de Gallo; mais opiniâtre Pizarre se révolta sur-le-champ contre les ordres du. nouveau gouverneur, quoique presque tous ses soldats fussent dégoûtés de Poursuivre un projet dont plusieurs de leurs camarades avaient été les déplorables victimes, et qui leur avait fait endurer à eux-mêmes tant de maux dont ils ne voyaient pas ençore le terme. Avec la pointe de son épée, il traça une ligne sur le sable, et donna ordre de passer de l’autre toté à ceux qui ne voulient plus le suivre, Il vit avec une ‘douleur bien vive, qu’il ne resta que treize Espagnols etun mulâtre, tous braves et résolus comme lui. Avec ces consfaus et intrépides compagnons, il prit le parti de rester, se fiant sur sa bonne fortune et l’empressement de ses associés.
L’ile de Gallo étant un abri {trop peu sûr à cause de la proximité de la terre ferme et de la privation d’eau douce, Pizarre résolut d'arriver à une autre ile dont il avait fait la. découverte, et qu’il ippela Gorgone , à cause de son aspect effroyable,
core aller visiter
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198 VOYAGES ET CONQUÈTES.
Le vaisseau sur lequel on se-mit en route se trouvait en si mauvais état, qu’on craïgnait de périr à chaque moment. Pizarre arriva pourtant sans malheur, et reprit une manière de vivre qui aurait désespéré des hommes moins fermes et courageux que ses compagnons. | :
L'ile Gorgone, comme vous pouvez le remarquer sur la carte, se trouve au quatrième degré de latitude du nord. C’est un horrible séjour, si l'on s’en rapporte à ceux qui l’ont vue. L’obscurité règne dans ses bois épais , et c’est avec effroi que l’œil contemple ses hautes et rapides montagnes. Peu de climats sont aussi malsains que celui qui y règne. On n’y voit presque jamais la douce lumière du soleil, dont les rayons combattent en vain les brouillards épais dont elle est couverte. Aucun autre endroit de toute l'Amérique n’est infecté de plus de reptiles et d’insectes ailés. À ces funestes désagrémens se joiguait la privation de presque toutes les choses nécessaires à la vie, et le danger presque certain, pour nos aventuriers, de ne se dégager jamais d’une aussi déplorable position. Qu'il était admirable, le courage avec lequel Pizarre et ses compagnons se plongeaicnt dans un état aussi désespérant, plutôt que d'abandonner leur projet !
Leur premier soin fut de construire un canot
pour aller pêcher. Le succès couronna leur entre- &
route se trouait de périr à ant sans malre qui aurait et courageux vez le remaritrième degré ble séjour, si e. L’obscurité vec effroi que s montagnes.
ue celui qui y la douce luombattent en est couverte.
ique n’est in- »s ailés. À ces
privation de s à la vie, et venturiers , de plorable posire avec lequel aicnt dans un d'abandonner
ire un canot na leur entre-
prise. Pizarre lui-même se livra à la pêche avec un zèle incroyable. Quelquefois il pénétrait dans ce bois épais et donnait à ses gens le meilleur de sa chasse. Quelques uns d'entre eux en arrivant devinrent malades ; les autres se trouvaient si faibles, qu’il leur fallat, pour ne pas succomber à tant de peines, l’exemple et le secours de leur chef fait aux privations.
Depuis cinq mois entiers aucun navire ne paraissait. Il leur semblait que le jour de leur délivrance n'arriverait jamais. Leurs forces ct leur constance les abandonnaient. Enfin le désespoir leur suggéra l’idée de construire un radeau , et d'essayer d'atteindre le continent sur une aussi frêle et grossière embarcation. Mais au moment même où ils s’occupaient de ce travail, ils aperfurent un navire qui cinglait du côté de leur ile, et qui, dans peu, y jeta l’ancre ; et leur joie fut plus grande encore, lorsqu'on leur apprit que leurs associés de Panama leur envoyaient ce même navire avec l'agrément du &ouverncur. Ils mon- (érent aussitôt ce bâtiment, et prirent leur route vers le sud-est, sur les côtes du Pérou. Après avoir navigué vingt et un jours, ils arrivèrent à Tumbes, ville de cet empire, et le navire mouilla dans la baie qui porte ce nom.
Hennr. — Que signifie le mot baie ou rade.
M, Hunter, — Tu n’ignores pas ce que c’est
150 VOYAGES ET CONQUÈTES.
qu'un port; eh bien! cette portion de la mer en dehors du port, qui est presque toujours protègée contre les vents d’un ou de: plusieurs côtés par les côtes environnantes , et dont la profondeur qui n’est pas très grande permet ordinairement qu’on y jette l'ancre, est ce que l’on nomme baie ou rade. C’est dans cet endroit que séjournent les navires trop lourds pour entrer dans le port, ou qui, après en être sortis, n’attendent pour partir qu’un vent favorable, et ceux encore qui, contrariés par le “vent, n’ont pu y pénétrer.
ENTRETIEN VE
M. Hunret, Dès que Pizarre eut jeté Pancre à Tumbès, quelques Péruviens s’avantèrent vers lui, remplis d’admiration pour ces édifices flottaus. Ils ne furent pas moins surpris de voir des hommes blancs et avec de la barbe, que ceux-ci ne le furent d’en voir qui ne leur étaient pas ressemblans. Les indigènes s’empressérent de retourner sur lerivage , et revinrent bientôt, avec dix on . douze canots, leur présenter des rafraîch'ssemens dans des vases d’or. Scène ravissante pour les Es-
pagnols, que la vue de l'or attirait autant que eelle |
sur Tou que cett où « CCY:
et d siers que:
la y
de la mer en jours protégée >urs côtés par rofondeur qui rement qu’on e baie ou rade.
nt les navires ou qui, après ür qu’un vent 1trariés par le
des frais alimens. C’était le généreux cacique de ce pays, qui, pour fêter leur arrivée, envoyait ce secours aux tyrans et futurs destructeurs de sa patrie. T1 leur fit dire en même temps de descendre sur le continent, et de ne Pas craindre de demander tout ce qui pouvait leur être utile.
Passionné pour les richesses de ce pays, tout l'équipage voulait sur-le-champ profiter de cette offre ; mais le prudent Pizarre n’y envoya sculement qu’un Espagnol et un nègre pour prendre des informations nécessaires. Lorsqu'ils descendirent sur le r!vage, les indigènes ne savaient lequel des deux était le plus digne de leur admiration, et l’un et l’autre étaient pour leurs yeux un spectacle aussi singulier que nouveau.
Les Péruviens ont la couleur du cuivre. Le nègre cut la préférence, et on le lava pour essayer de diminucr la noirceur de sa peau. Jugez quelle fut leur surprise de voir que cette précaution était vaine. Tout ce que remarquèrent les deux envoyés ne fit que fortifier Pidée qu’ils avaient déjà des trésors de cette contrée. Dans toutes les demeures des habitans, où on les rafraîchissait du meilleur cœur, ils apercévalent un nombre considérable d’ustensilés d’or el d'argent, qui servaient aux usages les plus grossiers, €t les Péruviens étaient eux - mêmes magnifiquement ornès de parures de ces mêmes métaux, À la vue de leurs costumes de laine et de coton, et
L > AL fa LT Luiv
it jeté Pancre rancérent vers s édifices flotris de voir des e, que ceux-ci taieut pas resrent de retourjt, avecdix ou fraich'ssemens te pour les Esutant que-celle E
arm Aro mer
différens objets travaillés avec art, ils reconnurent combien cette nation se distingüait de toutes celles
. d'Amérique qu’ilsavaient découvertes jusqu’alors.
Tuéovore. D'où les Péruviens se procuraient-ils les laines pour fabriquer leurs étoffes? il ne possédaient peut-être pas de bi:
M. Hunrer. Ils ne poss. ent pas de véritables
brebis, mais un autre animal qui leur procurait
leurs laines, et qui, pour la première fois, frappa les regards des Espagnols : c’étaitle lama, qu'on nomme
également mouton du Pérou ou mouton-chameau.
Le carique du pays mit une attention particulière à fixer un fusil, et demanda avec curiosité de quelle
utilité pouvait être cet objet. L’Espagnol qui le por- ] tait le déchargea contre une planche qui fut traver-
sée par la balle. Plusieurs des Péruviens qui se trouvaient là en furent épouvantés et tombèrent à la renverse; d’autres poussèrent de terribles cris : le cacique lui-même ne put déguiser sa subite émotion, et quelques instans après, se .aisant apporter un vase plein d’une liqueur : « Bois donc, dit-ilen l'offrant » à l'Européen, puisque tu peux produire un aussi » grand bruit ; vraiment, le tonnerre du ciel n’a pas » plus de puissance que toi. »
Les deux envoyés firent à Pizarre une relation exacte de ce qu’ils avaient vu. En écoutant leur rapport, ce dernier comprit combien il serait contraire à la raison de tenter, avec d'aussi faibles troupes, la
Tun jet, Pay par léqt était de v total élaie igale daien Ce rable semei débar ton longé el ra lires, prit le aperçu chercl
oui, P
reconnurent toutes celles jusqu'alors.
ocuraicnt-ils ? il ne possé-
conquête du Pérou, nation forte, nombreuse, et | déjà bien civilisée. Il suspendit donc son en treprise, else contenta d'explorer avec plus d’exactitude les côtes de ce beau pays, et de prendre, sur l’intérieur, des renseignemens plus précis. Il partit donc de L Tumbès et cingla vers la côte du sud. Dans ce (rajet, le premier endroit où il mouilla fut le port de Payta, placé au cinquième degré de latitrde sud,
par conséquent à soixante-quinze lieues en delà de l'équateur. Déjà le bruit de ‘leur arrivée prochaine
était répandu dans cette contrée, où l'on s'attendait
de voir arriver des hommes blancs et barbus, qui,
lotalement étrangers au meurtre et au pillage,
élaient, au contraire, doués d'une affabilité sans
igale, et donnaient avec joie tout ce qu’ils possé-
daient.
Cette renommée qui les précédait fut ‘très favorable à nos aventuriers : on les recevait avec l’'empressement le plus cordial dans tous les endroits où ils débarquaient ; on allait au devant de leurs désirs, tLon se plaignait lorsque leur séjour n’était pas prolongé. Un matelot nommé Boccarnegra éprouva un lel ravissement de la bienveillance de ces bons insuhires, et des commodités de ce charmant pays, qu'il prit le parti d’y fixer son séjour. Dés qu'on se fut iperçu de son absence, Pizarre en fit faire la recherche : on le trouva au milieu de ces braves gens,
qui, par les plus douces caresses, témoignaient tout
de véritables ur procurait ois, frappa les qu'on nomme n-chameau.
n particulière sité de quelle ol qui le por- } ui fut traver-.
as qui se troumbèrent à la bles cris : le bite émotion, porter un vase ilen l’offrant uire un aussi du ciel n’a pas
e une relation itant leur raprait contraire les troupes, la
194 VOYAGES ET CONQUÈTES.
leur bonbeur de ce qu’il voulait rester avec eux ; il resta ferme dans son projet : on le laissa donc, et je ne trouve en aucun endroit que, depuis, on ait parlé de lui, :
Cependant Pizarre était arrivé à Santa, en cinglant toujours vers le sud. J1 céda enfin aux vives prières de ses gens, qui n’aspiraient qu'après leur retour, et prit la route de Panama, pour y obtenir un nombreux renfort, et entreprendre ensuite la conquête du pays dont il ayait fait la découverte. Ces immenses pays, désignés aujourd’hui sous le nom de Pérou, n’avaient pas alors une. dénomination propre : les Espagnols furent les premiers qui les nommérent ainsi, du nom d’une rivière appelée Birou. | :
Pizarre avait dans ses mains les preuves les moins incontestables de l’opulence de la contrée qu’il venait de découvrir. Elles se com posaient de vases d’or, d’étoffes de laine et de coton, et de quelques lamas. Il s'était fait suivre aussi de quelques jeunes naturels pour s'en servir en qualité d’interprètes dans sa nouvelle expédition ; car il espérait que le gouverneur de Los-Rios ne refuserait pas à ses associés, el à lui, des renforts nécessaires pour une entreprise aussi belle, au rapport qu’il lui ferait des magnifiques trésors de ces contrées, dont il rapportait de brillans échantillons. Mais cet espoir ne devait point
se réaliser. Ce prudent gouverneur ne voulait pal
puis une
nes ; dera refu, turic car Le épui:
sant M leur , le seu désir:
cour un pi On d citer dérés Yoya£ devar l'Espi conn:
lion 4 Voyag la déc mona d'aller
r avec EUX ; il sa donc, et je 8, on ait parlé
nuire à la postérité de sa jeune colonie pour appuyer une expédition dont les chances étaient si incertaines ; il soupçonnait aussi que ce triumvirat ne {arderait pas à secoucr le joug de la dépendance. H refusa donc de devenir l’auxiliaire de ces trois ayenturiers, refus qui embarrassa beaucoup ces derniers, car leurs ressources particulières élaiententiérement épuisées, et il ne leur restait plus rien de leur puissant crédit.
Mais tant d'obstacles réunis ne purent abbattre leur confiance. et leur courage ; ils comprirent que leseu! moyen d'arriver à l’accomplissement de leurs désirs, c'était d’adresser une demande directe à la cour pour en recevoir l’autorisation de poursuivre un projet dont les résultats étaient si avantageux. On décida donc que Pizarre irait en personne solliciter ce plein pouvoir en-Espagne.
C’est avec bien des difficultés que les trois confédérés se procurèrent l’argent que demandait ce voyage; on l’effectua pourtant. Pizarre se présenta devant l’empereur Charles Y, qui alors gouvernait l'Espagne, avec une noblesse qui Surprit ceux qui connaissaient l’obscurité de son origine et l’éducaion grossière qu’il avait recuc, Il y'raconta son voyage, et il peignit les contrées dont il avait fait la découverte, sous des dehors si flatteurs, que le monarque et son conseil lui permirent sur-le-champ d'aller en poursuivre la conquête, L’adroit Pizarre
anta, en cinfin aux vives qu'après leur our y obtenir dre ensuite la découverte.
rd’hui sous le ne. dénominapremiers qui ivière appelée
uves les moins ntrée qu’il vet de vases d’or, uelques lamas.
eunes naturels prètes dans sa que le gouverses associés, el une entreprise t des magnili- | rapportait de ne devait point
ne voulait pas
136 YOYAGES RT CONQUÈTES.
profita des bonnes dispositions de Charles V pow obtenir de lui, non seulement le gouvernement de tous les pays à conquérir, mais encore la haute dignité de juge absolu. Il avait pourtant promis de réclamer cette dernière charge en faveur de son ami Almagro. Mais je vous ai avertis que nous découvririons daus l’histoire de cet aventurier des traits dignes de lui attirer l’exécration de tous les gens de bien, Vous venez d’en voir la première preuve, et par la suite vous déplorerez avec moi qu'un homme dont le cœur était capable de quelque chose de grand ait sali sa mémoire par les actions les plus basses ct les plus honteuses trahisons.
Cuances. Il aura, sans doute, aussi perdu le souvenir de son troisième associé?
M. Huwrer. Non; celui-ci était prêtre, pouvait-il en être jaloux? Il sollicita pour lui la dignité architpiscopale pour tous les pays à conquérir. On écoula sa demande. Pizarre prit l'engagement de subvenir à tous les frais de l’entreprise sans que la cour lui fit aucune avance. De plus, on lui fit promettre qu’il armcrait deux cent cinquante hommes ; mais quel que faibles que fussent ces forces pour détruire un des plus puissans empires du monde, Pizarre ne pouvait pas lever celte troupe à son compte. Heu reusement Cortez se trouvait dans cetemps-là même
dit, aim.
avat bien la n qu'il de S miss.
accot D:
figur marq gueu naiss:
rôles dent:
quatr:
nomn lez, cc Alcan Dés il cing ses gel nama.
en le y êlé co ment f
en Espagne pour s’attirer, comme je vous l'ai défie sn
498 YOYAGES ET CONQUÈTES.
| liens qui attachaient sa destinée à celle d'un homme KE co FR si criminellement coupable envers lui. Il se laissa E Île 1e . pourtant fléchir par les vives instances du Père Lu- | ti que et la proposition que lui fit Pizarre de investir E°em volontiers de la haute dignité de juge suprèrie. La E cé
paix se rétablit donc entre les trois confédérés, et A rêt
les préparatifs de l'expédition furent poussés avec la E cor
plus grande activité, rési
Esÿ
ENTRETIEN VII. pes
ser\
s'ab
des.
M. Huwrer. IL n'avaient pour tout armement veil
que trois petits navires et cent quatre-vingts hom: et b
mes, parmi lesquels on comptait trente-six cavaliers. le bi
C’est avec d’aussi chétifs avantages, mais avec une ‘UP!
intrépidité qui pouvait remplacer une armée consi- à Co
dérable, que Pizarre s’embarqua au commencement® 40e
de l'année:1531. Son dessein était de descendre if ‘Ur
Qu: Tumbès, mais les vents et les -tempêtes l’empéché® trou
: rent de lexécuter. Il fut contraint de se réfugien au se dans la baie de Saint-Mathieu. | vani
IL prit le parti d’aller de là, par terre, à Tum® Éspa
.-bès, qui en était éloignée de plus de cinquantg Ÿres,
Jieues. Ce n’était pas la longueur de la route q d’arg
le contrariait le plus ; il fallait traverser des terres préci
CR
le d’un homme ai, Il se laissa
us du Pére Lu- À
re de l’iuvestir ( suprèrse. La confédérés, et poussés ayec la
out armement tre-vingts homte-six cayaliers.
mais avec une ne armée consicommencement
de descendre êtes l’empêch de se réfugie
terre, à Tumé s de cinquant
de la route q
verser des terre
couvertes de marais inaccessibles et de larges fleuves dont Pétendue et la profondeur s’augmenlaient au fur et à mesure qu’on approchait de leur embouchure, Mais Pizarre était déterminé, et l'Océan même mugissant devant lui n'aurait pu l'arréter dans sa course, Son exemple électrisa ses COMpagnons, On se mit en route d’un pas ferme et résolu,
Les pénibles obstacles qu’eurent à surmonter les Espagnols dans ce périlleux trajet furent doublés par les. peines qu’ils se créèrent eux-mêmes en conservant {oujours une funeste passion pour or; ils s'abaudonnérent au ravage et aux spoliations sur des:terres où ils auraient dû s’attirer amitié bienveillante des habitans; tout f uyait devant leurs pas, et bientôt ils n’eurent plus de vivres. Exténués par le besoin et par mille autres maux non moins insupportables , ils arrivèrent, faibles et languissans, à Coaque, endroit voisin de la mer, et silué presque sous la ligne. Les Espagnols se Précipitèrent sur celle ville de l’Inde avec la voracité d’une troupe de loups qui viendraient jeter la désc!stion au sein d’un tranquille bercail. Les indigènes, épouvaniés, s’'échappent de leurs demeures, le féroce
Espagnol envahit leurs propriétés, s’empare des vi-
vres, d’une quantité prodigieuse de vases d’or et d'argent, et recueille. en abondance des Pierres précieuses nommées émeraudes, que ce charmant
440 VOYAGES ET CONQUÈTES.
pays produit en grand nombre, et qui ont donné leur nom à la rivière qui y coule.
Maîtres d’un butin aussi considérable, les Espagnols perdirent bientôt le souvenir de leurs longues peines, et ils se promirent de suivre avec confiance Pizarre partout où il les conduirait. À son tour celui-ci n’éprouvait pas moins de joie de pouvoir leur donner déjà des preuves magnifiques de Pexistence de ces opulens pays. Un succès aussi beau lui permit d'espérer que l’appât de tant de-richesses ferait enrôler d'autres-aventuriers dans sa petite armée. À cet effet, il fit partir un de ses navires pour Panama et un autre pour Nicaragua, dans l’intention d'y recruter des renforts. Tant de brillans rapports ne purent s’effectuer qu’en déployant une partie du butin déjà conquis.
Tiny. On ne nous a encore rien dit sur Nicaragua,.
M. Hunrer. Parcourons la première carte du golfe du Mexique. Toute l’étendue de cette province que vous remarquez ici entre Honduras et Veraga se nomme Nicaragua; plus bas, près des côtes de la mer du: Sud, et dans le voisinage du grand lac de Saint-Sébastien , vous apercevez la colonie du même nom, qu’avait fondée Pedrarias. C’est à cet endroit que Pizarre expédia l’un de ses navires, tandis que l’autre cingiait vers Panama.
PIZARRE, 1it
qui ont donné Pour lui, il continua sa route par terre, en lon-
gcant les côtes avec une audace incroyable. Partout Pépouvante et l’effroi marchaient devant lui et faisaient fuir les habitans de tous les endroits qu’il traversait. Il commença le Pillage dans les habitations délaissées, et nul n’opposa la plus légère résislance à ces féroces aventuriers, jusqu’à l’ile de Puna:, dans le golfe de Guayaquil.
Pizarre pensa que ceile ile était fort convenable Pour Y attendre ses vaisseaux. I] prit donc le parti d'y séjourner jusqu’à leur retour ÿ il ordonna la Construction de quelques radeaux Pour y pénétrer avec ses gens; mais, à son grand étonuement, il y rencontra des hommes d’un tout autre caractère que ceux qu'il avait remarqués jusqu'alors sur le continent. Ces hommes semblaient nation. A l’art de la Sucrre, ils unissaient le courage ; ils répoussérent les Espagnols avec beaucoup d'intrépidité, et quoique les armes ct la tactique donnassent à Pizarre un S&rand avantage, il eut besoin de six mois de lutte pour les sonmettre.
Sur ces entrefaites, ses navires cffectuèrent leur retour de Panama et de N icaragua avec de faibles cours , qui lui furent pourtant bien précieux, Ils amenaient chacun trente recrues à peu près, et deux officiers d’un grand nom, Benalcazar et Sotto. Avec un pareil renfort, Pizarre crut Pouvoir s’avan- &r aussitôt dans les contrées intérieures de ce vaste
ble, les Espa- > leurs longues avec confiance À son tour cee pouvoir leur de l’existence eau lui permit esses ferait enetite armée. À s pour Panama l'intention d'y ns rapports ne une partie du
être d’une autre
1 dit sur Nica-
ière carte du » cette province uras et Veraga des côtes de la u grand lac de lonie du même st à cet endroit res , tandis que
149 VOYAGES ËT CONQUÈTES.
empiré, qui conteriait beaucoup plus de mille lieues cartéés que l'Espagnol n’avait de soldats dans totite sa troupe. F
11 quitta Puna et revint sur le continent pe se précipiter sur Tumbès; mais il remarqua qu’on le träitait maintenant comme ennemi. On ne parlait partout que des crimes ct des atrocités dé ses soldats, tellement que l’épouvante ct l’horreur avaient remplacé dans le cœur des’habitans de cette ville et de leur soûverain la bienveillance et la douce hospitalité, Chacun était sous les armes, et cé fut en * vain que Pizarre essaya quelques négociations de
paix avec le cacique. |
Le chef éspagnol résolut dé le conibattre. Suivi de deux dé ses frères et de cinquante cavaliers, il atténdit la nuit pour traverser une rivière qui le séparait des troupes ennemies. Il fit routé par un terrain presque inaccessible, et parvint, aux premiers
rayons du jour, à l'endroit où le cacique avait établi
son camp.
Les Indiens , épouvantés de la présence inattendue d’un ennemi qu’ils croyaient étre beaucoup plus éloigné, ét comme interdits à l'aspect de ces monstres nouveaux (les chevaux), qu’ils prenaient pour un seul corps avec l’homme qui les montait, ne furent pas capables de résister au terrible choc des Espaguols. Ils s’enfuirent ; plusicurs tomberent soûs le fer, et le reste fut mis en déroute. Le caci-
Se
de mille ficues ats dans totite
inent pour se rqua qu’on le On ne parlait tés dé ses sol- Jrreur ävaient e cette ville et la douce hos- , et ce fut en gociations de
altrc. Suivi de ivaliers, il atre qui le Sépa- Le par un teraux premiers ue avait établi
ence inalten-
tre beaucoup
’aspect de ces
ils prenaient les montait, terrible choc ars tombèrent oute. Le caci-
FuPposer que ces deux Personnages, qu’on
Pérou donnaient à l’année trois cent soixan
mie qui nous servaient aussi de principes. Ensuite
que, poût qui l’issuë de Pattäqué était un avet:
tissetient de Sa propre faiblesse et du fouvoir indomiptable de ses ennemis , se Prosterna devant son
vainqüéür , lui fit parvenir des présens, et démanda que la paix fût faite.
THéopone. Îl était donc roi de tout le pays ? M. Hunrer. Non > MOn ami, il avai gouvernement de la contrée de que Île vassal du roi , au nom duquel il commandait.
Je crois, mes enfans, qu’il est nécessaire de vous parler ici un peu de l’histoire du Pérou. |
Cet empire, si Po en croit les historiens d'Espigne, brillait depuis à peu prés quatre siècles. Manco-Capac et Mama-Ozello, sa femmé, en furent ks premiers fondateurs. Lés Conjectures ont fait appelait Incas, c’est à dire maitres où seigneurs, ainsi que oute Teur descendance, étaitnt d’origine euro. jeune. On dit qu’ils pouvaient descendre de quelues Européens qui, lancés on ne Sait combien il * à de siècles, dans la mer Atlantique, seraie us échouer sur les côtes du Brésil.
t seulement le Tumbès, ét n’était
nt ve- D'abord on crut avoir trouvé que les habitans du te-cinq t qu’ils l'astro-
Durs, comme nous le faisons en Europe, e ‘aient de plus quelques autres notious sur
144 VOYAGES ET CONQUÈTES.
les héros espagnols qui avaient fait la conquête du Pérou donnaient pour c'rtain que tous les membres dela famille des Incas différaient d’une manière très ostensible des autres naturels, par leur peau blanche, et plusieurs par leur menton barbu, distinction qui les: faisait croire originaires d’Eu-
rope. On prétend enfin qu’une tradition générale. À]
ment en crédit chez les Péruviens, depuis une époque
tout le pays.
Pourtant l'existence d’un certain MancoCapac et d’une certaine Mama-Ozello ne sembie pas invraisemblable, pas plus que le nom qu’on leur donne de fondateurs du puissant empire des Incas. On dit que ces deux premiers Incas, qui différaient des indigènes sauvages et nus, par leur stature, leur teint et leurs vêétemens, y parvinrent soudain
saus qu’on sût d’où ils arrivaient, et se dirent lesk
fils et les envoyés du soleil, pour rendre les hommes de ce pays vertueux et fortunés.
Cusco fut l’endroit où ils se fixèrent. Cette
contrée est au dixième degré de latitude du sud On ajoute que Manco, après avoir rassemblé les} habitans de ces pays de montagnes, leur appritik; cultiver la terre, à se vêtir et à élever des hutte} pour s’abriter. De son côté, Oello apprit aut
fem sant aux son.
cilit ils
qui,
L gard très reculée, assurait que des hommes ayant de la à . barbe y pénétreraient un jour, à travers les flots, pren
avec des forces supérieures, et dicteraient des loisä}l 3;
ES
PITARRE-. 135
la conquête du tous les mement d'une mairels, par leur nenton barbu, iginaires d’Eu-
fermes la manière de filer et de tisser, en les dressant toutefois aux autres ouvragés de leur sèke aux s0iDs du ménage et de l'intérieur de la mai son. On dit qu’ils n’eurent qu'à se louer de la docilité de leurs disciples, etque, d’un Peuple sauvage io dette | ie réussireut heureusement à faire une ation os qui, sous différens rapports, est digne d'être puis AN CPOQUE D eardée comme civilisée.. | dé es ayant de la | Ces législateurs dignes de mémoire mirent avers les flots, | premiers soins à renverser le culte de ces sau 6 aient des loïsà Dont Jos sacrifices humains étaient Ja Dane | base, et y substituèrent une religion qui en sur des principes de douceur et d'humanité, Pour arriver à leur but, ils leur apprirent qu'il n’existait qu'un seul être suprême, qui chérissait les hommes dent il était le créaleur, el qui se Plaisait à les vel ous s’aimer les uns les autres avec la même ten dresse. " Cet être bon et (out-puissant, dont ils voulaient parler, c’était le soleil. Avec un peu plus de juge. ment , ils auraient senti que ce globe éclatant n’est lui: même qu’une des merveilles de Dieu ; mais doit-on être surpris qu’aveuglés par la plus profonde ISnorance , en voyant ce soleil radicux répandre ses ra} ons bienfaisans sur la nature entière. Ds aient pensé que çet astre majestueux, qui pass #rve la vie au monde, eu était aussi Je créateur? « Âsire salutaire, s’écrie un poète, lumière des TOM. 1h | 7
1 Manco-Capac sembie pas inom qu’on leur apire des Incas.
qui différaient r leur stature, inrent soudain et se dirent lesk dre les hommes
fixèrent. Cette atitude du sud.k r rassemblé lesk s, leur apprità ever des hutte ello apprit au
166 VOYAGES #Ÿ' EUNQUETES.
» lumières, souverain du. firmament ! l’homme a D (08 » bien pu ne pas comprendre ton origine et l’ap- inf » peler son dieu , toi qui, le remplissant d’admira: n'e: » lion ; fixas le premier ses regards surpris! Oui, D des » en te refusant sor: encens, le païen outragéait la LE 10R » neture ! Quand ; dans le temple de Cusco; sur mal » les bords du Gange et de l'Hydsspe, les prêtres DC! < » réunis , le frout ceint d’une couronne de fleurs, Æ {er » parés de costumes blancs ; V'adressaient des hym- alar » nes pieuses ; quand l'Éthiopien à la noire cou: R aux » Jeurchantait tes louanges aux premiers feux que R d'un » tu vetsaissut ses campagnes ; lorsqu'ils peignaient À le sc ÿ Jéur ravissement par des danses vives et légères, R POur » tous ces pouples w’avaient-ils pas plus d’intelli- à l'a » gencé que le stupide Égyptien s'inclinant devant À paie: » lé bœuf 'Apis, et brûlant dés parfums pour ho: Men » norér le crocodile et le caiman ? » ? raiso Le soleil était ainsi la divinité des Péruviens, et W dress 1! les Incas prétendaiént descendre de lui. On lui dant 1 éleva plrsieurs teniples dont les Incas seuls étaient pleur les prêtres. Les femmes vierges de cette famille se lus, | consacraient à leur culte, comme les vestales chez Etlsan les Romains, ou les religieuses chez les modernes; qui s on lés appelait Vierges du soleil ; et leurs sermens dever ne les émpêchaient pas de prendre un époux ; mais | élait les époux qu’elles choississaient dévaient, comme éntièr elles, appartenir à la famille des Incas. dant Kill
La latié semble auési avoir été regardée par eux}
it! l’homme à:
rigine et l’apsant d’admira:
surpris! Oui, à outragéait la de Cusco; sur pe, les prôtres nne de fleurs, aient des hym- Ja noire coumiers feux que ils peignaient ives ét légères, plus d’intelliclinant devant fums pour hoÿ jé Péruviens , et e lui. On lui a$ seuls étaient cette famille se s vestales chez les modernes; leurs sermens n'époux; mais aient, conime AS.
rardée par eux
comme Une espèce de idivinité, mais d'un rang inférieur, et, de sa nalufe , sujelte à la mort. Rien n6st plus surprenant que l’idée qu’ils se faisaient:
des érlipses. Toutes les fois qu’appataissait ce phénomèue, ils croyaient la lune atteinte de quelque. maladie , ils redoutaicnt même qu’elle ne mourût et que, se détachant des cieux, elle n’écrasat la terre. Ce malheur chimérique leur causait des alarmes, et pour les dissiper ils avaient recours ‘ aux moyens les plus bizarres. J]s remplissaient l'air d'un bruit effrayant, par leurs vociférations per le son des tambours et des fifres , probablement pour ressusciter celle pauvre lune qu'ils croyaient à l'agouie. Ils liaient aussi leurs chiens et les frappaient sans pitié, pour provoquer leurs hurlemens , car ils pensaient , et je n’en connais pas la: raison, que la lune aimait ces bêtes avec {endresse , et qu’elle reviendrait à elles er: les cntendant aboyer. Ils Provoquaient aussi les cris et les : pleurs de leuts enfans. Au milieu de ce bruit confus, jeunes et vieux, les yeux baïignés de lirmes, eLsans interruption, s’écriaicat : Mama Kuilla! ce qui signifie Lune, tendre mére. Quand. l’éclipse devenait moins opaque, ils pensaient que l’astre élaiten meilleure santé, et quand elle avaitcessé entièrement , ils poussaient des cris de joie, rendant mille actions de grâces à leur chère Mama l<wilio, de ce qu'elle n’était pas défunte e6 n’était
pas tombée sur leur tête. Je vous racontéräi de: à. main, mes enfans , des choses qui vous surpren- fs dront, sur les coutumes et les lois des Incas, Je uit connais votre bon cœur, et je ne doute pas qu’au E récit de leurs infortunes vous ne preniez un vif Br intérêt aux malheureux Péruviens. PA
Ç vol ser:
pre
ENTRETIEN VIII. po
des
son
part
M. Hunrer. Je dois, mes enfans, vous parler R POU: aujourd’hui des lois et des réglemens civils desk C
-+ Péruviens. Aîmez-vous les uns les autres comme l'ass des frères; tel fut le premier et le plus important K Mais devoir. prescrit par les Incas; la morale qu’ils en- Ken
seignaient à leurs sujets était telle, que ceux-ci se A 0nS regardaient lous comme membres d’une seule et cul même famille. Écoutez bien; voici les moyens Q'elle qu’ils employérent : Ils dikisérent toutes les terres Q Incas en quatre parts ; la première, dirent-ils, est celle RU P< du soleil, et notre devoir est de la cultiver enh Ce commun ; le produit qu’on pourra en recueillir JSin servira à entretenir les prêtres et les vierges, et à nelle. se muuir de tous les attributs propres au.culte dell se la divinité, Chacun de nous doit travailler encore R'2Yai
” PLZARRE, 149
à la seconde , parce qu’il faut qu’elle serve à entrelenir les vieillards, les veuves et les orphelins, œux qui nous défendent contre l'ennemi commun el ceux qu’a cablent des maladies et des infrmités. Il faut que la troisième nous appartienne, parce que nous sommes les souverains du pays ; vous devez donc aussi la cultiver en commun. Ce sera la récompense méritée des soins que nous prenons de votre sûreté, de l'entretien des ‘préposés qui veillent à ce que personne ne commette des actions mauvaises ou ne soit maltraité par son frère. Pour la quatrième portion , elle sera répartie de manière que chaque famille en ait assez pour subvenir à ses besoins.
Ces bonnes gens allaient toujours , avec joie, à l'assemblée , lorsque c'était avec les princes de la maison des Incas. La musique et la danse. commençaient toujours el finissaient ce travail, qui était tonsidéré comme une fête. On commençait par la cullure des terres du soleil ; ensuite on cultivait celles des pauvres et des gucrriers, puis celles des Incas , et enfin on terminait par la portion assignée au peuple. |
Ces travaux communs et ces innocens plaisirs insiquaient dans les cœurs une cordialité fraternelle. À leurs yeux, les Incas étaient leurs pères, is se regardaient comme frères entre eux, et ne Voyaient la palin que. comme une immense ef
racontéräi de:
| vous surpren:
s des Incas. Je doute pas qu’au preniez un vif ?
ns, vous parler mens civils des aulres comme plus important orale qu’ils en- , Que ceux-ci se d’une seule et ici les moyens outes les terres nt-ils, est celle
la cultiver en a en recueillir s vierges, et à res au culte de ravailler encore
450 VOYAGES ÉT ÉONQUETES.
“unique famille, Les conseils dés Incas étaient pour eux des ordres sacrés ; Îls les regardaient comme des ordres ëmanés du soleil, leur dieu. Lorsque quelqu'un avait transgressé les lois (observez bien cette chose, mes enfans, et vous aurez uné idée ‘de la touchante docilité de éct excellent peuplé), il allait avouer lui-même sa faute, connue pour. tant de lui seul, et en réclamait la punition. Personne ne devait rien posséder en propriété; tels étaient les sentimens dé fraternnëé que leür avaient ivspirés les Incas. Une famille possédait des Champs Pour sün entretien, mais cés champs n°6
taient pas pour elle une propriété éternelle. A la fin È
de chaque année on faisait une nouvelle distribution ‘des terres, et on considérait pour cela si la famille était augmentée ou diminuée. L'or et l'argent, à leur avis, étaient bons seulement à fabriquer des ustensiles nécessaires. Chez eux on ne connaissait ni lé trafic ni les espèces monnoyécs; ils se donnaient l’un l’aûtre ce dont ils n’avaient pas besoin, ou bien ils faisaient l'échange de leur superflu pour des objets dotit ils avaient besoin.
L'uisiveté, considérée par leurs législateurs comme le plus grand de tous lés vices, était séveremént blâmée ; on pensait qu’elle dégrade le corps ét Pame : aussi était-elle rigoureusement punie, et} c’était avec raison ; ün paresseux n'est pas blamable
seulement par rapport k luittiônré pôtir ke jeter datse
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as étaient pour rdaient comme dieu. Lorsque (observez bien aurez une idée cellent peuple), , connue pour.
punition.
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leur était exclusivement destinée. La,
PIZARRG, 151
la misère, il mérite encore le reproche de toute la socièté, puisqu'il dissipe les fruits du travail deé hommes vigilans, et ne fournit personnellement rien à la société, Les hommes accablés de vicillesse ou d’infirmités, ceux qui wétaient plus propres aa travail, utilisaient leur lemps; ils veillaient à ce que les oiseaux n’enlevassent point les grains ensemencés dans Jes terres.
Avant que les jeanes Incas ne fussent déclarés enfans du Soleil et élevés, en quelque manière, daus l'ordre de la noblesse » On'leur faisait subir des épreuves out à fait remarquables, Je vous laisse à décider si vous pourriez entrer en parallèle avec eux sur la manière de se roidir contre la douleur, d'avoir de la Constance el de la fermeté d’ame, d’être forts, souples et agiles de corps.
Les Incas penssient qu'un homme n’est propre au commandement qu’alors qu'il surpasse ses sem. blables en force physique et morale, en vertu, en toutes choses. Chez eux la naissance n'anoblissait point. Celui qui prenait le titre de nuble et qui voulait en avoir la considération devait faire valoir sou mérite personnel, et n’avait que faire des qualités de ses aïeux. :
Dès qu’ils avaient atteint Pâge de seize ans, les jeunes Incas étaient conduits dans une maison qui se rendaient qui, à cause Ge ieurs
auprès d'eux certains vieillarde
talens et de leur sagesse, étaient choisis pour juges. Faire jeûner les candidats pendant six jours consécutifs, et ne leur donner d'autres alimens qu'une poignée de maïs cru, et d’autre boisson qu’un peu d’eau , tel était le commencement de l’examen, Leurs parens y étaient et jeûnaient comme eux pour les rendre constans et fermes. Ils adressaient en même temps leurs vœux au soleil, leur divinité, -pour qu’il rendit leurs enfans assez courageux et assez forts pour soutenir l’épreuve. Lorsqu’on en trouvait un qui demandait à manger, on le rejetait, on le déclarait indigne de devenir fils du soleil,
Mais ceux qui étaient sortis vainqueurs de ce premier et rude examen étaient restaurés par de bonus alimens et appelés ensuite à en subir un second. Les vicillards et les jeunes gens se rendaient à une colline sacrée, distante de la ville d’une lieue et demie; de là jusqu’à la ville il fallait faire une course et d’un seul trait. Tous les parens se plaçaient sur la ligne qu’ils devaient parcourir, afin de les exciter par des cris à ne pas se décourager, et à perdre la respiration plutôt que de renonce r à une course qui avait un but très glorieux. Tout candidat qui ne pouvait parcourir, et de la manière convenue, l’espace fixé, était reconnu incapable et exclu.
Ceux qui triomphaient avaient une troisième |
s. PIZARRE, 158
épreuve à subir. On les divisait en deux camps; les uns devaient attaquer un fort, et les autres le dé: fendre. Toutefois, les armes qu'on leur donnait pour ce combat simulé étaient émou:sées, mais les allaques n’élaient pas moins vigoureuses; les uns restaient sur le carreau, les autres étaient grièvement blessés.
À la suite de ce combat, ils se prenaient deux à deux, et essayaient dans une lutte leurs forces et leur agilité dans l’art de lancer des dards, de tirer de l’are, de se servir de la fronde. Puisils montaient la garde pendant dix ou douze heures consécutives, et celui qui succombait une seule fois au sommeil était fouetté sans pitié, et jugé à jamais indigne de la noblesse de ses aïeux.
On pouvait bien éviter le fouet comme punition, mais on ne pouvait pas l’éviter comme épreuve. Ils étaient frappés avec opiniâtreté sur les bras et sur les jambes nues, et ils devaient constamment paraire insensibles : lorsqu'un de leurs membres battus faisait le moindre mouvement, ils étaient déshonorés et exclus Selon les juges, ceux qui né peuvent endurer d’être fouettés ne sont guère capables de s'exposer aux coups de lances et aux armes des ennemis, quand il faut défendre la patrie. Des gladiateurs allaient ensuite essayer d’arracher à ces jeunes hommes quelques marques de frayeur. Quelquefois ils arrivaient sur eux, les menaçant d’une lance
sis pour juges.
ix jours consélimens qu’une son qu’un peu de l’examen.
mme eux pour adressaient en leur divinité, courageux et Lorsqu’on en er, on le rejelevenir fils du
nqueurs de ce staurés par de en subir un sens se rendaient ille d'une lieue Iait faire une parens se plaparcourir, afin décourager, et de renonc r à glorieux. Tout | de la manière Lu incapable et
une troisième
154 VOYAGES ET CONQUÈTES.
pointue, comme pour leur crever les yeux ; que quefois ils semblaient voulüir feur couper un bras où une jambe. ÏL n’était permis ni d’ayoit la moindre crainte, ni de fermer les yeux un instant, ni de retirer le moins du monde le inembré ménaé, Sous peine d’être éliminé, et dès lors il n’était plus admis aux épreuves. Les juges disaient : « Celui qui a peur des armes de ses amis, lorsqu'il sait qu’elles ñe sont pas dirigées pour lui nuire, ne peut qu'être effrayé de celles des ennemis. » $ Lorsque ces jeunes gens avaient donné dé telles preuves de fermeté, de palience, dé bravoure et de connaissances pour la guerte, ils devaient ensuite prouver qu’ils étaient capables de faire tous les 6bjets propres à la confection des armes. Ils faisaient donc de leurs mains un arc, une fléche, un javelot, une massue, une lance, üne fronde , un bouclier et des souliers fabriqués tout simplement avec des semelles de cuir attachées avec des cordons de laine. Toutes ces épreuves duraient un mois entier ; peudant ce temps, et tôus les jours, léur$ maîtres venaient les exciter à se bien conduire. Ils leur par: laient de leur glorieuse origine et des actions de leurs aïeux ; ils leur disaient quelles étaient leurs obligations envers la patrie; combien îls devaient être doux et bienfaisans envers les membres de nation, et combien ils devaient être généreux , én
qualité du fs di soleil, envers ceux qui étaient dans]
'ES
é veux ; quélouper un bras avoit la moinrinstänt, ni dé é ményé, SOUS tail plus admis elui qui a peur qu’elles ne sont qu'être effrayé
donné dé telles bravoure et de cvaient ensuite ire tous les obes. Ils faisaient
ke, un javelot, | e, un bouclier ement avec des ordons de laine.
ois entier ; peuurs maîtres vere. Ils leur par:
des actions de es étaient leurs jen ils devaient membres de la e généreux , én qui étaient dafts
le besoin : on s’efforçait de lés convaincre qu'ils n'avaient la prééminence et la domination que pour être à même d'empêcher que l’innocent ne fat opprimé, et pour protéger les personnés contre l'in: Justice, : |
Celui qui devait régner un jour était soumis aux mêmes examens, et même avec plus de rigueur : les vénérables juges pensaient que celui qui doit régner doit surpasser les autres hommes en qualités autant qu’en éclat; c’est lui qui doit donner le plus de preuves de patience, de courage, de fermeté de sobriété, d'humanité et d'activité. Il règne à batfié dé ses qualités et non à cause de sa naissance ; il faut qu’il sache combien est fatigant et incommode le métier de la guerre pour qu'il soit capable de juger ceux qui, dans la suite, la feront pour lui. Durant tout le temps des épreuves, celui qui, un jour, devait régner, était couvert des habits de la misére et marchait pieds nus, afin qu’il ne perdit Jamais de vue que les hommes les plus pauvres et les plus mi- Sérablés étaient ses frères, et pour se montrer porté à léur faire du bien. C’est ainsi qu'il aspirait à mériter le titre honorable de hua:hacujac, de la péuvreté.:
Ces épreuves terminées avantageusement, on ap: pelait les mères et les sœurs de ces jeunes nobles: c'étaient elles qui les décoraient des premières taf. ques d’hônneur ; elles les chansezient d’üne paire dè
ou bien om?
136 VOYAGES ET CONQUÈTES. ‘
souliers {ricotés ou fabriqués en rubans. Puis le roi, entouré des principaux de l’État et de ses proches, venait adresser à ces jeunes gens, étendus à ses pieds et le visage tourné contre terre, un discours rapide: « Il ne suffit pas, leur disait-il, de porter les ornemens qui annoncent votre grade, il faut encore pratiquer les nobles vertus qui ont distingué vos ancttres, qui avaient à cœur de protéger l’opprimé, qui compatissaient aux misères du pauvre, et étaient justes envers tous ; par là ils prouvaient leur illustre origine , car leur conduite et leurs actions avaient l'éclat des rayons du soleil, leur père à tous, puisqu’il avait appelé leurs aïeux du ciel en terre pour qu'ils contribuassent , eux et leurs descendans, à rendre les hommes heureux. »
Après ce discours, les jeunesgenss’agenouillaient successivement devant le roi et recevaient une marque éminente de leur origine royale ; leurs oreilles étaient percées. Le roi faisait cette opération avec une aiguille d’or qui restait à leur oreille, et de cette manière le trou s’agrandissait peu à peu. Ils baisaient la main du roi, et se dirigeaient vers eclui qui tenait le second rang dans l’État. Ce personnage remplaçait leurs souliers tricotés ou de rubans par de plus beaux qu'il leur chaussait et qui étaient la marque distinctive des Incas. IL baisait leur épaule droite en disant : L'enfant du-soleil qui a donné de si éclatantes preuves de ses qualités est
s. Puis le roi, > ses proches, lus à ses pieds cours rapide:
ter Îles orneit encore prajué vos ancéopprimé, qui e, et étaieut t leur illustre ions avaient à tous, puisn (erre pour escendans,. à
renouillaient ‘evaient une vyale ; leurs Lte opération ur oreilie, et eu à peu. Ils nt vers celui :Ce personou de rubans t qui étaient baisait leur soleil qui a qualités est
PILARRR,
digne de recevoir un baiser. Puis on leur donnait le bandeau de la royauté ; c'était une étoffe de coton ornée de fleurs et
de laurier; ils en ceignaient leur A tête. En dernier lieu, on leur confait une hache
d'armes et un jave!ot, et on leur disait : Voilà des 4rmes, sers-L'en pour punir les Oppresseurs, les traitres, les hommes durs et méchans, les paresseux, et enfin tous les fripons qui troublent ja société,
Tout cela termi né, les parens se Précipitaient dans nes bras de ces jeua
eux la joie de leurs succès.
Après un tel récit sur les Péruviens, et principa- lement sur les Incas, leurs principaux chéfs, vous nc pouviez concevoir qu'on ait permis à quelques brigands de faire impunément des pillages et des olences de toute nalure, et qu'on n'ait pas en- ‘oYécontre ces vagabonds des (roupes pour réprimer
kurs excès, On dirait que c’est inoui ; je vais vous lire pourquoi, |
marquables parce qu'ils une grande modération ; agrandir leur État. Con ils repoussaient vigoureu ugères ; ils n'avaient ni ane
158 voraces #f CONQUÊTES.
bitiüti hi nullé envie de faire des conquêtes. Lesloiïs :
du vertueux Mano avaient été aussi respectées de ses suceusseurs que de leurs sujets. Chacun se fai: sait un devoir d°y conformer sa conduite, aussi tous vivaient avec satisfaction et contentement ; mais ce bonheur se termina lorsqu'un roi plein d'ambition et d’avidité pour la gloire fut artivé ‘au pouvoir.
Le nom de éc roi était Huana-Capac, douzième roi dü Pérou. Il était, dit-ôn, vaillant guerrier, et il n’éhtendait pas l'être inutilement. Il fit la conquête de l’immense province de Quito, et doubla l'étendue de son royaume ; par là il précipitasa ruine. Croyant rendre sa conquête durable, il s’allia au roï vaincu en épousant Sa fille, et viola ainsi une loi que ses
dieux avaient toujours respectée, et qui défendaith
aux Tucas de choisir ume femme ailleurs que dans leur propre famille. Le peuple tend toujours à imite la conduitede son roi ; s'il viole les loïs de son pays, ses sujets limitent bientôt. C’est pour cela, prob Hlement, que les habitans de ce pays avaient dégé néré lorsque Pizarre y arriva : toutefois ces chost ne disent pas pourquoi ils ne s’opposèrent point l'irruption des Espagnols dans leur patere. La suité va fous le dire. AMP UE Huana-Capac avait deux fils ; un d'eux veni d’une femme issue des Eneas, et l'autre de la fille d roi vaincu. L'un avait nom Husscar, l’autre At: hoalpa, Lorsque Huano-Capac fut prèbde mourir, |
eo
quêtes. Les loïs :
si respectées de | Chacun sé fai:
uite, aussi tous ement ; mais ce lein d’ambition ‘au pouvoir.
LC, douzième roi | guerrier, et il | fit la conquête loubla l'étendue ruine. Croyant ja au roi vaincu une loi que ses|
et qui défendaitk
illeurs que dans toujours à imite lois de son pays, jour cela, prôba \ys avaient dégi tefois ces chosti posérent point * patrie. La sui}
un deux venai utre de la fille d car, l’autre At:
prèsde mourir,
| liter l’exécation de ses ordres,
PIZARÉÉ, 0" 159 étdotihäqueses deux enfans partageaslentléniprre de'ihätiière que Huascar eût l'añdién réyaume dé ses ancêtres, et que la provinée dé Quito échüt:à
: Atähualpa. Mais cette expression de la volonté du
roi élait conttaire aux lois fondaméntalés de l'État, qui voulaient qué nul ne füt roi s'il n’était issu, soit du côté paternel, soit du côté maternel de ta famille des Incas. Le peuple n’était pas content. Hüascar s’en aperçut et'se disposa à obliger son frère, par la force, à lui cédét la province de Quito : celui-ci n'en avait nulle envie. Telle füt l’origine de la première guerre civile chez un peuple qui jusque-là avait été heureux : l’ambition de deux frères, et le désir de régner. La force l'emporta sur la justice : Atahualpa fit son frère prisonnier à la suite d’une victoire.
Détestable ambition! tu portes les hommes aux plus cruels excès, lorsque tu Prends tà source dans léur sein! Atähualpa voulut consolider son trône,
| til neërut pas pouvoir mieux rétissir qu'en faisant
Mourir tous lés enfaus du soleil dont il put s’é- Parer par violence où par ruse. I voutait, par ce moyen, détruire la race légitime des souverains du Pérou; et s’il ne Gt point mourir son frère, ée ne fut que pour user du nom respecté d'un fils du soleil dans les soulévemens de ses “ijets, ou pour faci-
Les affaires étaient kinéi lorsque Pisanre vint faire
la conquête de ces contrées. Les chefs et le peuple de ce malheureux pays, affligés par des divisions intérieures, ne s’occupèrent nullement des. envahissemens'des Espagnols, tandis que Huascar et Atahualpa pensaient, chacun de son côté, se rendre ces ennemis favorables et s’efforçcaient d’en faire des amis.
Malheur aux peuplés qui ne sont point unis! Un ennemi peu redoutable les subjugue. Démain vous en {trouverez un exemple dans ce que vous apprendrez comme suite de cette histoire.
ENTRETIEN
M. Hunter. Un peuple, mes enfans, est près de sa perte lorsqu’il n'est pas uni, parce qu’alors un ennemi ou un chef de la faction qui se présente suffit pour le subjuguer. Un État n’est réellement fort, quoiqu'il le paraisse, que lorsque les actions de tous les membres de la société ont le même but. La moin dre division dans la société, ou l'indifférence desk individus pour l'intérêt commun, renverse facile ment les institutions les plus durables. Mais un gou vernement comme celui d’Atahualjsa doit craindre} les moindres troubles ; un te! roi ne peut mettre atlrec d
ES. |‘ PHARRE, 161
set le peuple de s divisions intédes .envahisseluascar et Atacôté, se rendre aient d’en faire Tumbès vers le sud jusqu’au mouchure d’un fleuve Om est Piura. Près mier établissement
point unis! Un e. Demain vous le vous appren-
de là on voit Saint-Michel
r, tandis que lui, accompagné bien avant dans le
Sur ces entrefaites , orrivèrent des députés de {Huaccar, qui, loujours prisonuier, implorait son 4Ppui contre son frère Atahualpa. La députation donna des détails étendus sur les troubles de ce pays; il conçat alors Pourquoi on ne’s'était pas oposé à ses projets. Des circonstances aussi heureuses réellement fort, Erent justement Concevoir de grandes cspérances à s actions de touEn si rare génie, Qu'il est facile de subjugner un ie but. La moin-beup'e chez lequel on voit tant de divisions! Sans ndifférence desla moindre hésitation, il marcha contre Caxamalca, renverse facilebù se trouvait :Alahualpa avec des troupes nomes. Mais un goubreuses, l’élite des gens de guerre du Pérou.
a doit craindre Ce dernier tui envoya bientôt des ambassadenrs e peut metire aec de superhes présens. Les Espagnols avaient
ans, est près de rce qu’alors un i se présente suf-
trouvé à Puna un jeune homme qu'ils firent bapti- LE ser, et qu'ils appelèrent Philippino (petit Philippe); E 4 ils l'amenérent, et dans cette circonstance ils en fi: tent un interprète. Mais ce secours n'aurait guère qu pu faire connaître le but de l'ambassade, si les pré: Ep} sens remarquables des ambassadeurs, n’en eussent E 0, donné l’explication. Philippino ue savait guère d’es E js pagnol, et il ignorail presque les finesses de la lan- KE 4e, gue péruvienne. En effet, les présens annonçaient E clairement des intentions pacifiques. L'interprète fit E fr. comprendre que l’Inca engageait les Espagnols à E Jai vénit le trouver pour faire alliance. Des fruits, desE 41, étoffes magnifiques et bicn travaillées, des vase r d’or, d'argent et des pierres précieuses formaient E }},, les présens ; à cela se joignaient des brodequins deL 3; toute beauté et des bracelets d’or destinés à Pizarre, LE },. et il devait les porter pour que l’Inca püt le recon-L neitre au premier abord. lès # Pizarre accepta cela avec plaisir, et marcha dèsh 4. lors en confiance. Ferdinand, son frère, et Sotto,E Le | s’avancérent pour saluer l’Inca. Partout, sur sonk ;j;4 passage, Pizarre fut'accueilli avec cordialité parleh pr, habitans. Partout les vivres abondaient, et les pré-R,,,,, venances allaient jusqu’à offrir abondamment de, ,.. l'or et de l’argent aux chevaux afin d'obtenir leurk, pe bonnes grâces : ils avaient remarqué que ces ani, sp * maux mâvhaient leurs mors; ils crurent qu'ils sys;
totrrissaientdémétaux. Les Espagnols les laissaient
ils firent baptipetit Philippe); stance ils en fi:
n'aurait guège sade, si les pré»
s, n’en eussent ivait guère d’es- 1esses de la lanns annonçaient .L'interprète fit es Espagnols à , Des fruits, des Ilées, des vases euses formaient ; brodequins de stinés à Pizarre, ca pût le recon-
, €t marcha dès frère, et Sotto, artout, sur son ordialité: par les ient, et les préondamment de , d'obtenir leu
ué que ces ani rurent qu'ils se
étre soigneusemétit !
sorlés de fnets précieux offerts aux chevaux. ÿ
, nt à leur réncontr Lee prit les armes pour leur faite ls sn * A jant des soupçons sur lés intentiôns de sr oüpe, Sotto s’avança au galop sur lé com:
mnt Fi garde; les Pérdviens furent ef.
4 Pectaclé si nouveau et si effrayant : ils Chérent pied, et leur commandant, restant seul,
alla r ] | à recevoir avec respect ces terribles étrangers.
Ils furent conduit ; bienveillance. tu s chez l’fnca, qui les reçut avec
| deux princesses du san roy Mi: PM à boire d’une cerlaine été et 5 ë r P s enla, pour $ asseoir, des sièges incrastés ss ui er cupidité ue regardérent ‘ils pas dr es elles ustensiles les plus ordinaires faits
or ét d argent! Quéls regrets n’avaient: ils pas dé POUVOIr ; à l'instant, y porter leur! tuatn avides! | In Aires
Ferditiand usa du Phili td toncer à l’Incäa la da ua Pr
» maître, Souveraih de l'Orient, ditil; et le pape
Ce langäge ex his à!
ls les laissaient à 8*86 Exfravagant fut rendu, par l'interprète,
CS = uné manière encore plis extravagante : l'fnca n'y
comprit rien. Néanmoins, il leur dit que le lendemain il irait voir leur chef pour savoir par quelles choses il puucrait lui plaire. Les deux députés allerent rejoindre Pizarre à Caxamalca, où il avait établi, dès son arrivée, son quartier dans une maison de Inca.
Les Péruviens avaient vu et entendu:tant de cho-
ses sur le compte des Espagnols, qu’ils ne savaient : plus qu’en croire. Quelquefois ils voyaient dans ces °° | hommes des êtres d’une nature extraordinaire, en- la m voyés par le soleil pour les protéger (et ils étaient kon confirmés dans cette croyance par les assurances, Î ifée souvent renouvelées, que le but deleur mission était te de les conduire dans la voie du bonheur ); quelque- UR fois ils voyaient en eux des êtres malfaisans veaus plus pour leur faire subir des punitions de leur #ieu L’ qu’ils avaient offensé; car les Espagnols commet- Kétait taient des vols:et des cruautés. L’Inca, poussé par Hoffci la première de ces suppositions, résolut d’aller voir Blnca
, ces incroyables étrangers.
Sur ces entrefaites, on se prépara de part et d’autre,'mais d’une manière diflérente, à cette visite. Atahualpa prépara un cortège brillant et solennel, sans prendre des précautions contre les Espagnols; tandis que Pizarre prit des mesures qui ne paraissaient guère amicales. Ferdinand, Sotto, Benalcazar commandaient chacun séparément une partie de la cavalerie divisée en. trois corps; ils étaienth,
la marche était fermée par une armée de trente mille hommes.
Enfo il parvint au quartier où étaient les Espa- |
gnols. Telles de douces et innocentes colombes vo: lent au nid d’un vautour cruel, qui les dévore des yeux avant de les avoir dans ses serres. Cependant l’Inçca reconnut les préparatifs peu rassurans des Espagnols, et comme ceux de sa, suile en, paraissaient inquiets, il leur dit : « Ne faites pas de cha- » grin à ces.étrangers ; tâchez de nous les rendre » propices par des présens : ce sont des envoyés de » la Divinité. »
Dans ce même moment, l’aumônier espagnol, le père Vincent Valvède, s'approcha de l’Inca; il tenait la croix d’une main et le bréviaire de l'autre ; il lui fit un grand et ridicule discours pour lui expliquer la création avec tous ses détails, la faute d’Adam et la méchanceté des hommes, les souffrances, la mort et la résurfection de Jésus-Christ. Il parla ensuite de la sainteté et. du pouvoir du pape, vicaire de Dieu sur la terre, et lui annonça que ce pape, appelé Alexandre VE, avait donné le Nouveau Monde au roi d’Espagne. Alors il engagea l'Inca à se faire chrétien , à croire que le pape étai infaillible, à regarder le roi d’Espagne comme sot légitime suzerain , et à s’y soumettre de bon gri et aussitôt, IL lui prorait, du reste, qu’à ces con, ditions il conserverait son État , et qu'il serait pro
» méprise votre Dieu! Allez, tuez ces chiens qui » méprisent la loi du Seigneur. »
Pizarre, ayant entendu les paroles du prêtre, donna aux guerriers l'ordre de l’attaque ; ce n’était pas sans peine qu les avait retenus jusqu'alors ; 5H Jeur tardait de s'emparer d’une si riche proie. Aus- ‘sitôt, et au bruit des fifres et des tambours, les Péruviens succombent aux décharges de l'artillerie et de la fusillade. La cavalerie s'élance en même temps, et Pizarre, avec son infanterie, s’élance sur ceux qui entouraient le roi. Figurez-vous la surprise du malheureux Inca et de ses infortunés sujets. Ces attaques de la cavalerie qui tuait tout, et au même instant le ravage épouvantable des ar-
mes à feu, furent autant de choses imprévues quiffuui
firent prendre la fuite à tout le monde. Seulemeut les principaux de la nation firent au roi un rem- | part de leur corps. Parmi ceux qui s’enfuirent, la plupart furent tués par les cavaliers ou écrasés par les chevaux.
Au milieu de ce carnage, Pizarre parvint jusqu’au brancaïd de l’Inca, saisit avec vivaciié cel prince par le bras, et l’entraina avec lui dans SUDÀ quartier. Les généreux sujets qui avaient expusé leurs jours pour le défendre étaient morts. On pour suivit avec rage ceux qui cherchaient leur saluÿ, dans la fuite. Un seul ue put échapper au massacre Ces cruautés s’exercérent jusqu’au déclin du jour
se
à BIZARRE, 169
ces chiens qui Al nuit seule y mit un terme. Plus de qu'tre mille P ruviens, P r ni lesquels se trouvaient beauc 1 de femmes, d’enfins et de Vieiliards, Couvraient kr lerre ae leurs Corps cnsanglantés; mais auctn Pr kurs meurtr:ers ne fut atteint de la jlus lé ue blessure ; Pizarre seul, par la Promptitude vi d “s, propres soldats, eut un léger fruissement à à main, lorsqu'il Saisissait l'[uca, Tant que De ‘5 assassinats, le prêtre cruel poussait les Espagnols à la rage : € Frappez plus fort, leur disait il ks coups que vous porlez ne sont pas assez Move, Rux. » Pour ajouter aux horreurs de cette jouruée vuglante, les Espagnols, après avoir butiné sur le théâtre de leurs crimes, se livrérent pendant la quil, aux débauches les p'us honteusss. Ils s’instal nile. Sonlèment rent le lendemain dans le camp des Péruviens ni au roi un rem ramassérent une quantité prodigieuse d'or je s’enfuirent, laW'argent, des meubles. et des étoffes de tout genre s ou écrasés para valeur de tant d'objets précieux surpassa FE Doup l'espoir avide de ces brigands. .
oles du prêtre, ique ; ce n’était s jusqu'alors ; À che proie. Ausmbours, les Péde l'artillerie et ince en même nterie, s'élance Figurez-vous la ses infortunés qui tuait tout, vantable des arimprévues quil
re parvint jusvec vivacité ce ec lui dans sunk avaient expos morts. On pour aient leur salu er au massacre
déclin du jour À
se d ai pas davane 5° des alrocilés que commirent ces abominables
TOM. 1r.
ENTRETIEN X
- Ayant remarqué sur lé visage de ses jeunes auditeurs une émotion pénible au récit du massacre | horrible que les Espagnols ‘avaient fait dans le camp des infortunés Péruviens ‘M. Hunter ne savait pas s’il devait reprendre le fil de son histoire, lorsque l’un d’eux s’écria : l'horreur me saisit encore, papa, au souvenir des cruautés dont’tu nous entrelins hier. En vérité, mon sommeil en était agité cette nuit ; les Espagnols m’apparaïssaient, affamés d’or et de viclimés, et foulant aux pieds les corps palpitans des Péruviens. Si je voyais qu'il eût résulié
quelque profit des crimes de ces m'sérables, du moins je m° consolerais un peu.
M. Hunter. Ce massacre immense nous a ouvert
les trésors du Pérou, avantage qui, peut-être, à
: été plus dangereux qu’utile aux Européens; mais les Espagnols, en s’avançant dans ce pays, on doté l’Ancien-Mônde de deux produits naturel
très importans qu’il ne connaissait pas, les pommes
de terre et le quinquina. A Dieu ne plaise pourtant
‘que je regarde ces deux produits précieux comm
une compensation des atrocités commises et d sang.versé. On pouvait se les procurer, avec und
quantité d’autres sans répandre le ma
Ssacre dans la malheureuse patrie des Péruviens. Mais reprenons notre histoire.
Le malheureux Atahualpa était tomhé entre les mains de Pizarre. L’étonnement fut sans doute le premier sentiment
qui dut l'occuper en se voyant la victime d’une trahison aussi noirè, mais ensüite il dut éprouver une douleur bien vive de voir sa
puissance subitement détruite. Mais toute inquiétude ne l’empêcha pas d'approfondir leur Caractère el de chercher comment il. pourrait adoucir la férocité de ces malfaiteurs. I] ne larda pas à comprendre que l'or était le Premier mobile de leur ame, et celle remarque lui servit à méditer le plan de sa délivrance.
La chambre qui le retcnait captif avait vingtdeux pieds de longucur sur une largeur de seize. I'offrit, en échange de sa liberté, de la remplir de vases d’or jusqu’à la hauteur que, debout, sa main pourrait atteindre, Les Espagnols cupides furent ravis de la proposition. Pizarre marqua sur le mur h hauteur convenue, el l’Inca dépécha des messagers à Cusco, Quito et autres contrées, avec l’ordre de recucillir cette rançon. Pe tout côté l'or fut apporté en quantité, el l'espoir de se procurer bienlt la liberté de leur prince défendit aux crédules Péruviens de prendre le soin d’expulser ces déhonls spoliateurs, qui, malgré leurs procédés infames,
ses jeunes au: | it du massacre ait dans le camp cr ne Savait pas istoire, lorsque 1: encore, papa, nous entretins tait agité cette t, affamés d’or s les corps palqu'il eût résulié m'sérables, du
e nous à ouvert i, peut-être, à aropéens ; mais s Ce pays, onl oduits naturel as, les pommes plaise pourtant récieux comm ommises et d urer, avec und
ne rougisstient pas de se produire par petites troupes dans la contrée.
L'or pourtant n’arrivait pas assez vite satisfaire l'insatiable avidité des Espagnols. L’Fnca al'éguait pour ce retard la distance considérable des lieux d’où on devait Papporter ; que Cusco était à cent licues de Caxamalca, et présentait des chemins presque impraticables. T! fit la proposition à Pizarre d’y expédier deux Espagnols, qui se con-
vaincraicnt par eux-mêmes qu’il était dans le cas |
de tenir sa promesse. Comme il remarqua qu’on témoignait quelque crainte de pénétrer trop avant dans l’intéri ur de la contrée. « Qu’avez-vous à redouter, leur dit-il en souriant, ne suis-je pas en votre pouvoir avec ma femme ct mes enfans? cet otage n’est-il pas pour vous une sûreté qu'on ne vous fera aucune offense? » Sotto se proposa pour tenter ce voyage avec un seul Espagnol, appel
Varco , et l’Inca leur offrit une de ses litières pour
que ses sujets eussent pour eux plus de soins et d'égards. |
À douze lieues à peu près de Caxamalea, ils firent rencontre d'un petit corps de troupes d’Atakualpa, qui amemait Huascar, son frère et son
captif. Ce dernier ayant appris quels étaient les$
personnages qui étaient dans la litière, témoigna
le désir de leur adresser la parole, et on lui en]
laissa le loisir. Al leur fit le tableau des injustes
pers tion qu'« gag plus ets cha qu’à rem] les (
1 (oui
mon terre qui :
parv
Le pas « rent Uuac de c aussi espa£ perdi donn ranpe ferme » la » jot
PIZARRE, 173 is.
persécutions de son frère, et réclama leur protection pour la défense de ses droits ; et sur le détail qu'on lui fit de la rançon que son frère s'était engagé de fournir, il promic aux Espagnols trois fois plus de vases d’or, s'ils lui accordaient leur appui, et S’'engagea à remplir entiérement de trésors la chambre où Atahualpa n’avait promis d'atteindre qu’à une certaine hauteur, « Ce dernier, dit-il, pour remplir son engagement, sera contriint de dénuer les temples de Cusco ; moi j'ai à ma disposition jiouies Les pierres précieuses ‘et les richesses de mon père. » On assure en ef.et qu’il avait caché en lerre d’immenses trésors, et fait assassiner ceux à qui il avait confié ce soin, pour que ce secret ne parvint jamais aux orcilles d’Atahualpa.
Les deux Espagnols craignirent pourtant de ne pas exéculer les ordres de Pizarre, et poursuivirent leur marche. Mais les soldats qui conduisaieut Uuascar ayant donné à son frère des nouvelles de ce qui s'était passé, celui-ci redouta qu’une aussi maguilique proposition ne séduisit le chef (Spagnol avant sa délivrance; aussi, pour ne pas perdre à la fois et sa puissance et sa liberté, il donna Pordre secret de tuer Huascar. L'histoire ranporle qu’en expirant, la victime dit d’un ton ferme : « Mon règae à été court, mais celui de 2 l'assassin qui, quuique mon sujet, sacrifice mes » jours à ses caprices, n’aura pas plus de durée, »
r petites trou-
vite satisfaire ‘Inca al'éguait able des lieux :O élait à cent | des chemins position à Pi- , qui se conait dans Île cas | marqua qu’on rer trop avant \VCZ-VOUS à resuis-je pas en es enfans? cet ireté qu'on ne e pruposa pour pagnol, appelé es litières pour | us de soins ct
jaxamalea, ils e troupes d'A:
on frère et son els étaient les ière, témoigna , et on lui en u des injustes
mm,
—mimmililinner
174 VOYAGES ET CONQUÈTES.
Sotto et Varco cependant s’avançaient dans les ram terres. Partout ils étaient reçus des Péruviens avec KE quo les preuves les plus touchantes de bienveillance R de 1 et de respect ; les dieux et les souverains du pays apr n’élaient pas entourés de plus d’hommages. Ils KE Vase touchèrent enfin âu terme de leur route. Il serait E un difficile d'exprimer la surprise qu’ils éprouvèrent ling en voyant l'or et l'argent dont la maison de lAnca È prié et le ternple du soleil étaient remplis. A cet aspect, S Ja soif de or embrasa tellément leur cœur, qu’ils À pou! portérent leurs sacriléges désirs jusqu’à insister mill pour qon dépouillàt l'asile sacré de la divinité. licie Les Péruviens eurent horreur de cette exécrable R grac p'oposition, et leur firent entendre qu’il n’était à (uns pas utile de commettre un crime semblable pour à cl donner la rançon convenue; mais leurs représen-Q tassi tations furent inutiles : les Espagnols dépouillèrent E €n c eux-mêmes les temples des lames d’or qui les dé À coraient, et Peffroi que cette poignée de malfai- male teurs avait inspiré à cette nation était si grand, rêser que les Péruviens, plongés dans la consternation ,R mêm regardèrent avec terreur, et en silence, ces horri- cher bles spoliations. Yoya
Sur ces entrefaites, le quartier général reçut h} le pl nouvelle qu’Almagro revenait avec de puissans duir secours , et qu’il avait été moüiller à Saint-Michel. rés f Dans la crainte que les nouveaux débarqués n’exi-E QUI à geassent une portion égale des trésors qu’on avait} Pi
ES
aient dans les Péruviens avec bienveillance erains du pays hommages. Ils route. I serait ls éprouvèrent aison de l’fnca . À cet aspect, ar cœur, qu’ils asqu’à insister de la divinité.
cette exécrahle
e qu'il n’était k
semblable pour leurs représens dépouillèrent ’or qui les déuée de malfaitait si grand, consternalion, nce, ces horri-
rénéral reçut là
cc de puissans à Saint-Michel.
ébarqués n’exiors qu’on avait}
ramassés, on résolut de les répartir sans délai, quoiqu’on n’eût pas encore reçu la rançon totale de l’or dont l’Inca s’était rendu débiteur. Ainsi, après avoir soustrait du partage quelques uns des vases lravaillés avec plus de richesse pour en faire un présent à l’empereur, tout le reste fut fondu en lingots, afin que la répartition fût plus exacte : la prière fut le prélude de cette opération.
Selon l'usage, on réserva un cinquième du butin pour les droits de l’empereur. Almagro eut cent mille piastres; Pizarre , ses frères et les autres ofliciers, reçurent une valeur proportionnée à leur grade : ce qui restait procura huit mille piastres (une piastre vaut cinq francs de notre monnaie ) à chaque cavalier, et quatre mille à chaque fantassin. Ces sommes montèrent plus haut, si l’on en croit quelques historiens.
Almagro , avec sa troupe, était arrivé à Caxamalca. Quoique la portion de butin qu’on avait réservée pour lui et ses gens fût splendide en ellemême ; lui et ses compagnons nc purent s’empécher de témoigner un mécontentement jaloux en voyant Pizarre garder, pour lui et les siens le lot le plus considérable de ce prodigieux butin , et réduire , avec si peu d’égards, celui de ses confédérés. Cet injuste partage excita de vives querelles, qui auraient pu conduire à des résultats fâcheux, si Pizarre, par des dons et de belles promesses ,
n'eût adouci un peu la colère motivéé d’Almagro. Atahualpa avait fourni sa rançon , et pourtant il n’était pas encore question de sa délivrance. Les
Espagnols, aussi stupides qu’inhumains , regardant |
les bons Américains comme une classe d’êtres qui tenait le milieu entre l’homme et les animaux, pensèrent qu’ils pouvaient être injustes et née cruels envers ceux qu’ils méprisaient tant, sans faire murmurer leur conscience et manquer aux devoirs sacrés de l'humanité ; de surte que, bien loin d’être rendu à la liberté, le pauvre Inca était abreuvé de plus de dégoûts, et supportait mille autre humiliations.
Ferdinand Pizarre, qui seul gardait encore pour
Ii un sentiment de pitié, ct lui donnait quelques consolations , fut élu pour ramener dans lcur patrie ceux qui en témoignérent le désir, et apporter aux pieds de l’empereur sa part du butin, en lni faisaut un détail exact de l’entreprise, de ses résultats et de Ja situation des choses. C’est avec une bien vive inquiétude que Pinca vit partir l’homme généreux qui était son seul protecteur. « Tu me quittes, capitaine , s’écria-t-il avec émotion ; désormais plus d’eépoir pour moi ; le borgn et le ventre gros mettront sans détte fin à mes Jours après ton départ. » Ce borgne, c'était Almagro, le gros ventre Alphonse de Requelme ; il est croyable que ces deux hommes étaient ceux qui Pavaient le plus maltraité.
pée et | on des élai si el pra {ine son obti pout dem voir à so dem:
ét d’Almagro.
, et pourtant il élivrance. Les ins, regardant sse d’êtres qui les animaux, ustes et même tant, sans faire er aux devoirs ien loin d’être ait abreuvé de le autre humi-
it encore pour
inait quelques dans leur par, et apporter butin , en lui se, de ses rés. C’est avec nca vit partir ul protecteur.
-t-1l avec émooi; le borgne ute fin à mes c'était Almaquelme ; il est dent ceux qui
ENTRETIEN X£
RE
Plusieurs motifs rendaient gnuls 1. captivité de l’ine 8nons redoutaient que
pesante aux Espaa. Almagro ets s COMpalant que vivrait Pizarre et Son parti, is re détournassent Pour eix se richesses qu’ils accapareraient toujour ütre de rançon. Pizarre, de son côté, cssuyé de lui une injure directe. Voici comment : :
Auc ne des facultés intellectuelles des Européens ne caplivait autant Atahualpa que la lecture et l'écriture. 1} admira l’
On pouvait rendre ses p des autres ;
uls les s sous le vain croyail avoir
adroit moyen avec lequel cnsées ostensibles aux yeux il doutait si ces deux c étaient un don de la nature ch si elles n'étaient que le résul! pratiqué. Pour e tinelles qui le g
Onnaissances ez les Espagnols, ou at d’un ensvignement n être certain , il pria une des senardaieut de tracer sur l’ongle de son pouce le nom de la divinité qu'il adorait : il obtint ce qu’il désirait ; dès lors il présentait son Pouce à lous ceux qui paraissaient dev demandant le sens de ce voir lout le monde le à son lour, ct le pris
art lui, leur mot, eL il était surpris de Prononcer. Pizarre le visita ’nnier lui adressa la même mais le barbare conqué-
demande qu’aux autres ;
178 VOYAGES ET CONQUÈÊTES.
rant, qui, dans son jeune âge, n'avait été que gardien des pourceaux, ne connaissait ni la lecture ni l'écriture; il'fut donc obligé d'en faire l'aveu. Dès ce moment l’Inca n’eut aucune estime pour lui, et le regarda comme un homme sans principes, pensant, d’après cetle épreuve, que la lecture s'enscignait, et que tout Européen étranger à cette science avait une naissance obscure. Pizarre ne put endurer cette humiliation d’un Amé ricain, ou plutôt, comme il le pensait, d’un être
placé entre l’homme et la brute; il chercha loc-
casion de laver cet affront dans le sang du captil; il ne le trouva que trop vite.
L’intrépide Philippino , aussi bas que présomptueux, avait résolu dans son ambition de devenir l'époux d’une des femmes de Inca, fille du soleil ; mais certain que la mort seule du prince pouvait lui promettre le succès de son entreprise , il médita mürement le moyen d'abréger les jours de cel infortuné. Le perfide prétendit être certain qu’Atahualpa complotait secrètement le carnage des Espagnols, et que, postés sur divers points, beaucoup de Péruviens étaient sous les armes pour exécuter ce criminel projet.
Un grief aussi important demandait les plus vi: goureuses recherches ; mais un délit apparent , un rien, suffisait aux cruels qui avaient juré la mor
de l'Inca. On eut l'air de fournir à l'accusé de se
Esp:
ivait été que ait ni la lecgé d’en faire \ucune estime homme sans reuve, que la péen étrangèr obscure. Pi- 5n d’un Amé ait, d’un être chercha locing du captif;
que présompon de devenir fille du soleil ; prince pouvait rise , il médita jours de cel ertain qu’Atarnage des Es-
points, beaues armes pour
dait les plus rit apparent , un nt juré Ja mor à l'accusé de
PIZARLE, 179
moyens de défense, et on lui permit de combattre V’aecusation qu’on portait contre lui devant un tribunal factice qu’on avait érigé ; mais tout ce qu’il
pouvait dire pour faire briller son innocence était :
détruit par les noires imp {ations de son accusateur. Colte espèce de procédure ne fut donc qu'un vain appareil de justice , qui, dans la suite, pouvait au besoin donner de la validité à celte cruelle sentence qu’on allait prononcer. À la louange de l’humanité, j'ai la consolation de pouvoir dire que, parmi les gens de Pizarre, plusieurs se récrièrent énergiquement contre Phorrible assassinat qu'on méditait ; mais ils firent de vains efforts pour sauver du supplice le prince infortuné. Ces hommes justes étaient peu nombreux ; la majorité l’emporta , et Parrèt de mort fut prononcé contre l’Inca.
Le cruel Pizarre vint lui-même lui annoncer celte affreuse décision. Le condainné versa un torrent de larmes, puis employa mille supplications, en tombant aux pieds du meurtrier. Il invoqua Dieu comme témoin de son innocence, et dans les plaintes les plus touchantes, accusa de trahison les hommes à barbe qui, possesseurs d’une rançon qui lui avait été si onéreuse , voulaient encore l’assassiner. « Si vous n’ajoutez pas foi à mes paroles, dit-il à Pizarre en finissant , faites-moi conduire en
Espagne devant l’empereur , auquel je promets de. Porter une grande quantité de cet or dont vous
faites tant de cas. »
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VOYAGES ET CONQUÈTES.
Iachevait à peine ces mots, que ses yeux sc remplirent de nouvelles larmes, et le traître, le cruel Pizarre, lui répondit avec un sang:froïd inaccessi. ble à la piué, qu’il n’était pas maître de révoquer cet arrêt. Soudain il ordonna à quelques nègres, qu’il avait choisis pour ses bourreaux, d’emmener
le condamné; ces deruiers obéirent et renvoie
l'infortuné Atahualpa.
ENTRETIEN XIL,
À pron
verli que docil le ba A!
Pizar
l’un | comr
servi géné:
garde
D fant.
Avant de vous raconter d’autres évènemens, il
est une circonstance dans la mort de Pinca qui
comment la barbarie même emprunte souvent | voix d’un zèle religieux. Valvède, le prêtre abo
minable dont la voix inhumaine prononça l’arrétk
d'Atahualpa et le massacre de tant de Péruviens qui étaient coupables d’aucun crime, non seu
lement signa de sang-fruid l’assassinat de ce princg
inforluné, mais eut encore l'audace de-le conduire jusqu’au lieu du supplice, pour lui donner de
consolations et le faire mourir en chrétien. If
devait être brülé vif, d’après la sentence pronon cée contre lui; mais le prètre hypocrite lui fit 1
par u donn:
narqt
mérite de nous fixer un instant. Vous y verrezh POUT
Pécla Ma
dans
pieds
Ja tut
les :o forme fidèles la.céri leur, Sur
s yeux $e remitre, le cruel roïd inaccessie de révoquer ques nègres, «, d’emmener t étranglèrentk
| promesse d’alléger sestourmens, s’il voulait se converlir au christianisme. L'iufortunée victime, presque aux portes de la mort, écouta d'une oreille docile-tout ce que lui disait Piufame Valvèdo. On le baptisa , et bieatôt après il fut étranglé.
Atahualpa avait deux frères et plusieurs. enfans, Pizarre prit le parti de donner la charge d'Inca à [lun des fils de ce malheureux souverain, non [comme une justice, mais pour que son nom lui servit à mieux opprimer les pauvres Péruviens. Un général indigène, appelé Ruminagui, avait sous sa garde, à Quito, les frères et les sœurs de cet en- D fant. En expirant, Atahualpa lui avait fait dire, par un de ses premiers officiers, de ne pas les abandonner. Quelques Péruviens, sujets affidés du monarque, lui firent aussi parvenir sa froide dépouille, à pour qu'on lui rendit les dernjers devoirs avec tout à l'éclat qui était dû à son rang.
Mais Atahualpa avait mis en vain sa confiance dans le général : l’ingrat Ruminagui foula aüx à pieds ses dernières prières ; les enfans dont il avait la tutelle furent étranglés par ses ordres, et après les obsèques, qui n'avaient eu lieu que pour la forme, il fit massacrer tous les officiers restés fidèles au monarque, qui avaient voulu assister à la.cérémonie, pour rendre publique leur vive douleur,
Sur ces-entrefaites, un des frères de Huascar *
me, non seu at de ce princg de-le conduire ï donner des 1 chrétien. IR tence pronon crite lui fit 14
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