‹ Histoire de la découverte et de la conquête de l'Amérique par les Espagnols [microforme]Chapitre 115 sur 191 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

con- la mode de son pays, en touchant la terre avec sa main pline et la baisant ensuite. Cette cérémonie, qui était au Mexique: l'expression ordinaire du respect des inférieurs d'In- envers leurs supérieurs, parut aux Mexicains une conés de descendance si étonnante de la part d’un monarque ornrent gueilleux qui daignait à peine croire que ses sujets fussent , avec de la même espèce que lui, qu ils crurent fermement que S ali- ces étrangers, devant qui leur souverain s’humiliait entôt ainsi, étaient des êtres d’une nature supérieure. Les Esre de pagnols, marchant au milieu de la foule du peuple, furent eux à | flattés de s'entendre appeler Teutès, c'est-à-dire divinités. fixés | Il ne se passa rien de bien remarquable dans cette preistin- mière entrevue. Montézuma conduisit Cortès et ses sol- > était dats dans les quartiers qui leur avaient été préparés , et ° litière prit congé d'eux avec une politesse digne d’une cour verses européenne. « Vous êtes maintenant, leur dit-il, parmi taient vos frères et chez vous; reposez-vous de vos fatigues et sur sa soyez heureux jusqu’à ce que je revienne vous voir. » Le mar- — palais donné aux Espagnols pour leur logement était un elles édifice hati par le père de Montézuma. Il était environné signal d'une muraille de pierre , avec des tours de distance en sage, distance qui servaient en même temps de défense et Lors- d'ornement ; les appartements et les cours étaient assez eval, grands pour loger les Espagnols et les Indiens leurs r res- alliés. Le premier soin de Cortès fut de pourvoir à sa de sa sûreté dans ce nouveau poste, en plaçant son artillerie e ses en face de différentes avenues, en ordonnant qu'une ajes- grande division de ses troupes serait toujours sous les i des armes, en plaçant des sentinelles, en un mot en faisant pas la observer une discipline aussi exacte et aussi vigilante que e à la si l'on eût été à la vue d'une armée ennemie. lut, à Le soir , Montézuma retourna visiter ses hôtes avec la

même pompe qu'à la première entrevue et porta, nonseulement au général, mais aux soldats, des présents dont la magnificence attestait la libéralité du souverain et l'opulence de son royaume. Il eut avec Cortés un long entretien, dans lequel celui-ci apprit l'opinion que le monarque s'était faite des Espagnols. L'empereur lui dit que, selon une tradition ancienne parmi les Mexicains , leurs ancêtres étaient venus originairement d'un pays éloigné et avaient conquis l'empire du Mexique ; qu'après y avoir formé un établissement, le grand capitaine qui avait amené cette colonie était retourné dans son pays, en promettant que dans un temps à venir ses descendants reviendraient les visiter, reprendre les rênes du gouvernement et réformer leur constitution et leurs lois; que, par tout ce qu'il avait appris et vu des Espagnols , il était convaincu qu'ils étaient les descendants de ces premiers conquérants, dont la venue leur était annuncée par leurs traditions et leurs prophéties; que dans cette persuasion il les avait reçus non comme des étrangers, mais comme des parents formés du même sang, et qu'il les priait de se regarder comme maitres de ses États ; que ses sujets et lui-même seraient toujours prêts à exécuter leurs volontés et même à prévenir leurs désirs. Cortès répliqua avec le ton du plus grand respect pour la dignité et le pouvoir de son souverain le roi d'Espagne : il parla des vues qu'avait eues ce prince en l’envoyant, s’ef-

forçant autant qu'il le pouvait de concilier son discours ©

avec l’idée que Montézuma avait des Espagnols. Le lendemain au matin, Cortès et ses principaux officiers furent admis à une audience publique de l’empereur. Les trois jours suivants furent employés à parcourir la ville, que les Espagnols ne purent voir sans admiration, et qu'ils

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