LIVRE QUATRIÈME
confier le commandement à Orgognès, qui, quoique excellent officier, n’était pas aussi aimé des soldats et n’avait pas autant d’ascendant sur leur esprit que le chef qu'ils étaient accoutumés à suivre et à respecter.
Le combat fut terrible et se soutint des deux côtés avec un courage égal. Almagro avait un plus grand nombre
de vieux soldats et plus de cavalerie ; mais ces avan-
tages étaient balancés du côté de Pizarre par le nombre et par deux compagaies de mousquetaires que l’empereur avait envoyées d'Espagne sur la nouvelle de la révolte des Indiens. L'usage des armes à feu n’était pas encore très-commun en Amérique, parmi des aventuriers qui s’équipaient sans beaucoup de soin et à leurs propres frais. Cette petite troupe, armée régulièrement et bien disciplinée, décida de la journée. Partout où elle se portait, un feu bien conduit et bien soutenu renversait tout ce qu’ellc trouvait devant elle, cavalerie et infanterie. Orgognès , s’efforçant de rallier et de ranimer ses troupes, reçut une blessure dangereuse. La déroute devint générale. La cruauté des vainqueurs souilla la gloire d’une victoire si complète. La fureur qu'in:p're ordinairement la gucrre civile portait les uns à massccver leurs compatriotes sans distinction et sans 1emorcs : l'esprit d’une basse vengeance poussait les autres à égorger leurs ennemis particuliers.
Orgognès et plusieurs officiers de distinction furent tués de sang-froid. Plus de cent quarante soldats perirent sur le champ de bataille, nombre considérable dans une action entre deux petits corps, terminée en fort peu de temps. Almagro, trop faible pour se tenir à cheva:, voulut qu'on le portat en litière sur une hauteur d'où il pouvait voir le champ de bataille, il fut moin des
divers mouvements des deux armées avec la plus grande agitation et la plus vive inquiétude , et vit enfin la défaite totale de ses troupes avec l'indignation d’un vieux capitaine longtemps accoutumé à vaincre. Il tenta de se dérober par la fuite, mais il fut fait prisonnier et gardé avec toute la vigilance possible.
Les Péruviens , au lieu d'exécuter la résolution qu'ils avaient prise d'attaquer les Espagnols, se retirèrent tranquillement après la bataille, et il n’y a peut-être pas dans l’histoire du Nouveau-Monde un exemple plus frappant de l’ascendant des Espagnols sur les Américains que de voir ceux-ci, témoins de la défaite et de la dispersion d’un des partis, n'avoir pas le courage d’attaquer l'autre affaibli et fatigué par sa victoire même , et n’oser tomber sur leurs oppresseurs lorsque la fortune leur offrait une occasion si favorable de les combattre avec avantage.
Cuzco fut pillée par les vainqueurs, qui y trouvèrent un butin considérable formé en partie des restes des trésors des Indiens et en partie des richesses amassées par leurs adversaires au Pérou et au Chili. Mais ces dépouilles et tout ce que leur chei put y ajouter se trouvèrent si fort au-dessous de ce qu'ils croyaient être dû à leurs services, que Ferdinand Pizarre, ne pouvant les satisfaire, eut recours au même expédient que son frère avait employé dans une occasion semblable. Il chercha à occuper ces esprits hautains et remuants , afin d'empêcher leurs plaintes de dégénérer en mutinerie. Il encouragea ceux de ses ofliciers qu'il jugea les plus actifs à entreprendre de découvrir et de soumettre différentes provinces où les Espagnols n'avaient pas encore pénétré. Tous les chefs qui commandèrent quelqu’une de ces ex-
eux > se rdé
u'ils rent être plus 1érile la atta= >, et ‘tune attre
rent s des ssées dé- Duvèdû à t les frère ha à mpéicoulifs à entes étré.
$ eX-