LIVRE DEUXIÈME
leur fit dans son royaume de si immenses richesses. Mais lors-
prince qu'au lieu de la moisson d'or qu'ils avaient compté re-
taient, cueillir sans peine, les Espagnols virent que cette bril-
ite Vile lante perspective s éloignait, et que, s'ils pouvaient jamais
ieu de y atteindre, ce ne serait que par des efforts très-lents et
occupa par une longue persévérance de travail et d'industrie, la M
velles. perte de leurs chimériques espérances les jeta dans un q
aine et abattement voisin du désespoir et les porta ensuite à un i
a dans mécontentement général. En vain Colomb s’efforgait de 5
| d’une ranimer leur courage en leur faisant observer la fertilité |
main à du sol et en leur montrant des morceaux d’or qu'on ap- À 4
aisons portait chaque jour des différentes parties de Tile. IIs ; f
et de n'avaient pas assez de patience pour attendre les richesses | |
ite, la que la terre ne fournit qu'avec le temps et à des inter- 4 |
iveau- valles réglés, et ils regardaient l'or lui-même avec dédain, À
ctrice | comme étant en trop petite quantité pour satisfaire leurs ‘1 désirs. L'esprit de mutinerie devint général, et il se fit ql
ib eut | une conspiration qui pouvait être fatale à l'amiral et à il
es les | sa colonie.* Heureusement elle fut découverte. Colomb ie
ement | punit quelques-uns des chefs et envoya les autres prison- |
| était niers en Espagne. Il y renvoyait en même temps douze (1
ice et des vaisseaux de transport qui l'avaient accompagné |
1 aux | et demandait un renfort d'hommes et de nouvelles pro- À
n cli- | visions. il
taient | Cependant, pour prévenir Voisiveté, qui nourrissait le hi]
Lucun i mécontentement des Espagnols en leur laissant le temps I
dition | de penser au renversement de leurs espérances, il projeta ;
ques- | différentes expéditions dans l’intérieur du pays. Il en-
l’idée voya un détachement sous le commandement d’Alonzo
était d'Ojeda , officier actif et vigilant, pour visiter le district
omon de Cibao, où l’on disait que Vor était en plus grande abon-
andu dance qu'ailleurs. Il soutint lui-même cette expédition
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avec une grande partie de ses troupes. Il déploya dans cette occasion tout l’appareil militaire pour frapper l'imagination des insulaires. Il marcha enseignes déployées, au son d’une musique guerrière, et faisant voltiger un petit corps de cavalerie, tantôt en avant et tantôt à son arrière-garde. Comme c'était la première fois que les habitants du Nouveau-Monde voyaient des chevaux, l’aspect de ces animaux les frappa d’admiration et de terreur, impressions qu’ils reçurent avec d'autant plus de facilité qu’ils n'avaient eux-mêmes aucun animal domestique, ni aucune idée du surcroît de force que l’homme s'était donné en se soumettant le cheval. Ils imaginèrent que le cheval et le cavalier ne formaient qu’un seul corps animé et un être doué de raison, dont les mouvements rapides leur causaient le plus grand étonnement, et dont l’impétuosité et la force leur semblaient irrésistibles. Colomb s'eflorçait ainsi d'inspirer aux insulaires une grande crainte des Espagnols, mais il ne négligeait pas de gagner aussi leur confiance et leur amitié. Il se conduisait avec eux, dans toutes les circonstances, avec l'intégrité la plus scrupuleuse et la justice la plus exacte, et il les traitait non-seulement avec humanité, mais avec indulgence. La description que les naturels lui avaient faite de Cibao s'était trouvée vraie. Ce pays montagneux et sans culture roulait l’or dans tous ses ruisseaux, et on y en trouvait des grains dont quelques-uns étaient d'une grosseur considérable. Les Indiens n'avaient jamais ouvert une seule mine pour en tirer ce métal. Pénétrer dans les entrailles de la terre et purifier la mine étaient des opérations au-dessus de leur industrie, et ils ne faisaient pas assez de cas de l’or pour employer tous les efforts de leur industrie et de leur esprit à se le procurer en plus grande
agen enfant de En oy