LIVRE DEUXIÈME
par” d’abord ses projets, était plus disposé à se défier de leur Rees succès. L’un et l’autre se déterminérent à pourvoir la coir, lonie d’Hispaniola de tout ce qui était nécessaire pour en 1 vit achever l'établissement , et a donner à Colomb une nouutes velle escadre pour aller à la recherche des autres pays dont il regardait l'existence comme incontestable. Tous uille les préparatifs se firent de concert avec l'amiral. Le prement mier voyage n'avait eu pour objet que la découverte du \por- Nouveau-Monde, dans le second on s'était proposé de leur faire un établissement ; mais les mesures prises pour le lées, former avaient été insuffisantes ou rendues inutiles par stin- Vesprit de mutinerie des Espagnols et par des accidents mnfu- imprévus, effets de différentes causes. On voulait dresser plus et suivre un nouveau plan pour une colonie réguliére, qui han- put servir de modèle à tous les établissements semblafuter bles qui se feraient dans la suite. Chaque article fut pesé tenus et réglé avec une attention scrupuleuse. On fixa le nomà la bre des colons qui s’embarqueraient. Il y en avait de tous avait
les ordres et de toutes les professions, et le nombre en
ets et était déterminé d’après l'utilité de chaque classe et les con- besoins de la colonie. On devait aussi emmener des femautre
mes. On s'était convaincu que, dans un pays où la disette de vivres avait causé tant de désastres, le premier soin devait être d'obtenir des subsistances par la culture, et l’on y faisait passer un grand nombre de cultivateurs. Enfin, comme les Espagnols ne pensaient alors à tirer aucun profit de la multiplication et de la vente des productions du Nouveau-Monde, qui ont depuis été pour
elque ésenquisi-
imlentes
‘une l'Europe la source de tant de richesses, et comme toutes i était leurs vues et toutes leurs espérances se portaient sur les ses de métaux précieux que les mines déjà découvertes devaient rejeté
leur fournir, on envoyait une troupe d'ouvriers habiles
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dans l’art d'exploiter et de traiter les mines. Tous ces émigrants devaient recevoir du roi leur paye et leur subsistance pendant quelques années.
Jusque-là ces dispositions étaient sages et convenables à l'objet qu'on avait en vue; mais on prévoyait qu'il serait difficile de trouver beaucoup d’Espagnols qui voulussent aller s'établir dans un pays dont le climat avait été funeste à un si grand nombre de leurs compatriotes. Colomb proposa de transporter à Hispaniola et de faire travailler aux mines les malfaiteurs qu'on condamnait aux galères ou même à la mort, lorsque les crimes dont ils étaient convaincus n'étaient pas d’une nature atroce. Cet avis ouvert sans beaucoup de réflexion fut adopté de même. On vida les prisons d'Espagne pour peupler la colonie, et les juges furent autorisés à condamner désormais en certains cas à la déportation. Il était pourtant aisé de voir que ce n'est pas sur une pareille base qu’on peut élever l'édifice d’une société durable. L'industrie, la sobriété, la patience , la confiance mutuelle entre les colons sont d'une nécessité indispensable dans un état naissant, où la bonté des mœurs doit contribuer au maintien de l’ordre beaucoup plus que la force et l'autorité des lois. Cette corruption, une fois introduite dans le corps politique , ne pouvait manquer de l’infecter bientot dans toute sa masse et de produire les plus grands maux. C'est ce que les Espagnols éprouvèrent et ce qu'ont éprouvé aussi les autres nations européennes qui , ayant successivement adopté cette pratique, en ont ressenti de funestes effets qu’elles ne peuvent attribuer à aucune autre cause.
Quoique Colomb eût obtenu très-promptement et sans peine de Ferdinand et d'Isabelle leur approbation pour toutes les parties du plan qu'il avait proposé, lorsqu'il
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