‹ Histoire de la découverte et de la conquête de l'Amérique par les EspagnolsChapitre 50 sur 187 · LIVRE DEUXIÈME. «t · texte numérisé non relu

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cevait partout la même réponse, qu'il était apporté du sud. En suivant la même direction il découvrit bientôt après une contrée dune grande étendue, non plate comme les îles qu'il avait déjà visitées, mais d'un terrain inégal, semé de collines et de montagnes, de rivières, de bois et de plaines ^ de sorte qu'il douta si c'était une île ou un continent. Les habitants de San-Salvador qu'il avait pris sur son bord lui donnaient le nom de Cuba. Colomb l'appela Juanna. Il entra dans l'embouchure d'une grande rivière avec sa petite escadre , et tous les habitants s'enfuirent dans les montagnes à son approche. Comme il avait résolu de caréner ses vaisseaux en cet endroit, il envoya quelques Espagnols avec un des insulaires de San-Salvador pour reconnaître l'intérieur du pays. Ses gens, s'étant avancés a environ soixante milles du rivage, lui rapportèrent que le sol était meilleur et mieux cultivé que dans les îles qu'on venait de découvrir, qu'outre beaucoup de huttes éparses, ils avaient trouvé un village contenant plus d'un millier d'habitants, que les naturels leur paraissaient avoir plus d'intelligence que ceux de San-Salvador, qu'ils en avaient été reçus avec le même respect, qu'on leur avait baisé les pieds et qu'on les avait honorés comme des êtres descendus du ciel , qu'on leur avait fait manger d'une certaine racine dont le goût ressemblait a celui de la châtaigne rôtie, et une espèce particulière de blé appelé maïs qui paraissait pouvoir fournir une très-bonne nourriture soit rôtie, soit en farine, qu'ils n'avaient vu dans le pays d'autre quadrupède qu^une espèce de chien qui ne pouvait pas aboyer et un animal ressemblante un lapin, mais beaucoup plus petit, enfin qu'ils avaient observé parmi ces peuples quelques ornements d'or , mais de peu de valeur.

Ces députés avaient déterminé quelques-uns des naturels du pays à les suivre. Ceux-ci firent entendre a Colomb que Tor qui leur servait de parure se trouvait a Cubanacan. Ils entendaient par la l'intérieur de Cuba. Mais Famiral, ignorant leur langage, sans habitude de leur prononciation, et d'ailleurs toujours conduit dans ses conjectures par son système de découverte et son opinion sur la situation des Indes, supposa que ces gens lui parlaient du grand Kan, et imagina que le grand royaume de Caihay, décrit par Marc Paul, n'était pas fort éloigné. Il résolut en conséquence d'employer quelque temps a visiter le pays. Il parcourut tous les havres depuis le Port-au-Prince au nord de Cuba jusqu'à l'extrémité orientale de rîie^ mais, quoique ravi de la beauté des aspects qu'il rencontrait a chaque pas et de la fertilité prodigieuse du sol, circonstances qui par leur nouveauté frappaient vivement son imagination , il n'y trouva pas l'or en assez grande quantité pour satisfaire l'avidité de ses compagnons et remplir l'attente des souverains qui l'employaient. Les naturels, aussi étonnés de l'empressement extrême que les Européens mettaient a la recherche de ce métal que ceux-ci l'étaient de l'ignorance et de la simplicité des insulaires , indiquèrent à l'est une île qu'ils appelaient Haïti, en faisant entendre que l'or y était plus abondant que chez eux. Colomb se disposa a faire voile vers cet endroit avec son escadre 5 mais Martin Alonzo Pinson, voulant prendre le premier possession des trésors que cette contrée promettait , quitta les deux autree vaisseaux, sans s'embarrasser des signaux que lui fit l'amiral pour lui ordonner de diminuer de voiles jusqu'à ce que ses vaisseaux l'eussent joint.

Colomb, retardé par dés vents contraires, ne put pas

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