‹ Histoire de la dentelleChapitre 16 sur 108 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

L'Espagne n'eut pas besoin d'aller chercher ses modèles à Gènes ou à Venise, car ses points eurent de bonne heure une grande célébrité et se fabriquaient sur une vaste échelle. Nous avons déjà dit qu'elle passait pour avoir appris des Maures Fart de faire la dentelle ; d'autres traditions assignent à l'Italie l'honneur de cette initiation. Ce qui est plus certain, c'est que l'Espagne enseigna aux Flandres à faire les points à l'aiguille et apprit d'elles en retour à se servir des fuseaux.

Malgré sa valeur, le point d'Espagne, fut peu répandu à l'étranger; il y eut à cela plusieurs causes. La cour, pour les habits, ne suivait pas l'impulsion de la mode, mais était guidée par des lois somptuaires plus ou moins sévères, ce qui n'encourageait guère l'industrie de la dentelle, et surtout la faisait peu connaître au dehors; tandis que d'un autre côté les innombrables images de la Vierge et des saints habillées chaque jour des plus riches, des plus précieux tissus, la décoration des autels, les vêtements sacerdotaux enlevaient la plus grande partie de ce que la fabrication pouvait fournir. « La valeur des dentelles dont on cou- « vrait les madones était si grande, rapporte Beckford, « qu'en 1787, la marquise de Cogalhudo, femme de l'aîné de « la famille quasi-royale de Medina-Cœli, fut nommée maîtresse « de la garde-robe de Notre-Dame de la Soledad, à Madrid, « emploi fort convoité. » On peut donc supposer que la fabrication de ces riches points, plus recherchés depuis quelque

temps qu'au moment de leur premier éclat, suffisait à peine aux besoins (fig. 41). En outre, les possessions espagnoles sur lesquelles alors le soleil ne se couchait jamais, offraient un ample débouché à ces produits.

Fig. 41. — Un atelier, d'après une gravure de Stradan du XVIe siècle.

Le point d'Espagne, dans son acception habituelle, représente cette dentelle d'or ou d'argent, parfois brodée en couleur, si fort en usage pendant les premières années du règne de Louis XIV.

Dominique de Sera, dans son Livre de Lingerie (1584), affirme

que la plupart de ses modèles, pour point coupé et passement, furent recueillis par lui, pendant ses voyages en Espagne; et ce qui corrobore cette assertion, c'est que dans le compte de garderobe de la reine Elisabeth pour 1562, on trouve déjà 16 aunes de dentelle d'Espagne en soie noire, du prix de 5 shellings.

Les premiers livres de modèles donnent des dessins pour les dentelles d'or et d'argent (1), fabrication à laquelle se livraient principalement les Juifs (2), ce qui du reste existe encore aujourd'hui presque partout en Europe. Après l'expulsion des Juifs, vers 1492, on voit les rois d'Espagne faire mainte ordonnance prohibitive contre l'importation des dentelles d'or de Lucques et de Florence, sauf celles qui seraient nécessaires aux besoins des églises, ce qui prouverait que ces riches ornements avaient quitté l'Espagne avec la race persécutée. A cette époque toutefois, on y faisait de la dentelle de fil, car on conserve dans la cathédrale de Grenade, une aube donnée à cette église par Ferdinand et Isabelle (3).

On ne connaissait guère que par ouï-dire les richesses de ce genre contenues dans les couvents et les églises, avant la dispersion des monastères en 1830. A ce moment parurent d'admirables spécimens de Fart et du travail des religieuses, non pas de cette lourde dentelle, appelée communément point d'Espagne, mais des morceaux de la'plus rare finesse (Pl. VI), si délicats, si exquis, qu'ils n'ont pu être que l'œuvre de celles pour qui le « temps n'est point de l'argent » et dont la dévotion à l'Église et à leurs saints bien-aimés faisait de ce travail une œuvre d'amour. Nous

(1) Livre nouveau de patrons et Fleurs des patrons, tous deux imprimés à Lyon au seizième siècle.

(2) Il existait encore il y a peu d'années à Cadix une famille d'origine juive qui avait entre ses mains la manufacture de dentelle d'or et d'argent.

(3^ Dans une lettre adressée à l'auteur, le cardinal Wiseman affirme avoir officié revêtu de cette aube évaluée à 10,000 écus.

avons reçu de Rome des reproductions de quelques curieux restes d'ancien travail des couvents d'Espagne; ce sont des dessins sur

Fig. Û3. — Ouvrage inachevé d'une nonne espagnole.

parchemin, avec la dentelle inachevée. On les a trouvés au couvent du Jesu Bambino ; ils avaient appartenu à des religieuses es-

pagnoles, maîtresses des novices bien longtemps auparavant. Dans ces spécimens, comme dans tous les points, le travail était exécuté par différentes religieuses en petits morceaux séparés, puis réunis ensemble par une main plus habile. Dans la fig. 43, le dessin est tracé par un double fil fixé sur le parchemin, à l'aide de petits points faits en dessous, de distance en distance, avec une aiguille et du fil d'aloès. Le fond de réseau est seul rempli; on voit le bout de fil tel que Ta laissé la sœur Felice Vittoria , après avoir fait sa tâche. La fig. 44 est un fond de brides à picot; le dessin est tracé

Fig. UU. — Ouvrage inachevé d'une nonne espagnole.

comme dans le précédent. Il y a aux coins des boucles de fil plus gros, sans doute pour l'attacher à un tambour ou sur un coussin (1). Dans la fig. 45, le dessin seul est fait, il semblerait presque être le modèle à suivre pour exécuter le dessin de la figure précédente.

L'ordonnance de Philippe III (1623) contre la dentelle, pres-

(1) Voy. la fig. 4.

crivant aux hommes l'usage de « simples rabats, sans aucune invention de point coupé ou passement » ; et aux dames, celui des fraises et manchettes aussi simples et sans empois , n'était guère

Fig. 1*5. — Ouvrage inachevé d'une nonne espagnole.

calculée pour relever F industrie nationale ruinée par l'expulsion des Maures ; cette ordonnance fut suspendue pendant la visite du prince de Galles, depuis Charles Ier, qui venait demander la main

de la princesse d'Espagne. La reine envoya même au prince, qui, voyageant incognito, était supposé mal pourvu, dix coffres de linge richement garni de dentelles.

Un des plus curieux récita sur les usages de l'Espagne au dixseptième siècle, sous le rapport de la toilette des femmes en particulier, se trouve dans les Lettres d'une Dame (1679), déjà maintes fois citées. « Sous un vertugadin de taffetas noir, écrit-elle, elles « portent une douzaine de jupons des plus riches étoffes garnis de « dentelles d'or ou d'argent jusqu'à la taille. En tout temps, elles « portent également un vêtement blanc appelé sabenqua, qui est « fait de la plus fine dentelle d'Angleterre et a quatre aunes de

« tour. J'en ai vu quelques-uns valant cinq ou six cents écus

« Elles ont tant de vanité, qu'elles aimeraient mieux n'avoir « qu'une seule de ces sabenquas de dentelle qu'une douzaine de « communes (1), et elles resteront au lit jusqu'à ce qu'elle soit lace vée ou bien s'habilleront sans en mettre du tout, ce qu'elles font « assez souvent. » Racontant sa visite à la princesse de Monteleon, elle ajoute : « Son lit est en damas vert et or doublé de bro- « card d'argent et garni de point d'Espagne (2). Ses draps étaient « garnis de dentelle d'Angleterre d'une demi-aune de hauteur. « La jeune princesse ordonna à ses femmes d'apporter ses parures « de noces; elles apportèrent trente paniers d'argent, si lourds « qu'elles se mettaient à quatre pour en porter un. Le linge et « les dentelles n'étaient pa-s au-dessous du reste. » L'auteur continue à énumérer les jarretières, les mantes et jusqu'aux rideaux du carrosse de la princesse : tous ces objets étaient garnis de « fine dentelle d'Angleterre au fuseau ou blanche ou noire » .

A en juger parce récit, l'Espagne, à cette époque, devait avoir

(1) En 1686, Osorio estimait à plus de trois millions le nombre des Espagnols qui, sous leurs beaux habits, ne portaient point de chemise.

(2) En parlant de l'appartement de Mrae d'Aranda, « sonlit,dit Beckford, était du velours bleu le plus riche, garni de dentelle de point ».

besoin de beaucoup de dentelles d'Angleterre que sans doute elle recevait des Pays-Bas, la dentelle faite dans ses couvents étant réservée pour l'usage des églises seules. L'art de faire la dentelle au fuseau, que l'Espagne apprit des Flandres, était déjà connu du temps de Cervantes, ce Sanchica, écrit Thérésa à son mari, fait de la dentelle au fuseau et gagne huit maravedis par jour. »

Ainsi que nous l'avons déjà vu, l'Espagne, dès le temps de la reine Élisabeth, était renommée pour ses dentelles de soie ; et ses dentelles brodées en couleurs, ses points d'or et d'argent ont toujours joui d'une certaine réputation. De ce point, il est constamment question, dans les comptes de garde-robe et les livres de modes de la cour de France, au dix-septième siècle. 11 faudrait un volume pour décrire le célèbre lit d'or de Versailles, les somptueuses garnitures des carrosses et des chaises, le velours et le brocard des habits et des robes, « chamarrés de point d'Espagne », les dentelles d'or et de soie de couleur (1). Narcisse Félin, auteur du dix-septième siècle, rapporte que, de son temps, beaucoup de femmes en Espagne étaient arrivées à égaler, pour les dentelles d'or, d'argent et de fil (fig. 46) les meilleures dentellières des Flandres. Gampany, autre ancien auteur, porte le nombre des

(1) 1697. Mariage de Marie-Louise d'Orléans avec Charles II, roi d'Espagne. « La reine , dit le Mercure, portoit une mante de point d'Espagne d'or, neuf aunes de long. » — 1698. Fête à Versailles pour le mariage du duc de Bourgogne. « La duchesse de Bourgogne portoit un petit tablier de point d'Espagne de mille pistoles. » {Galerie de V ancienne cour, 1788.) — 1722. Bal aux Tuileries. « Tous les seigneurs étoient en habits de drap d'or ou d'argent garnis de point d'Espagne, avec des nœuds d'épaule , et tout l'ajustement à proportion. Les moindres étoient de velours, avec des points d'Espagne d'or et d'argent. » (Journal de Barbier.) — 1722. « J'ai vu en même temps le carrosse que le roi fait faire pour entrer dans Reims : le dedans est tout garni d'un velours à ramage de points d'Espagne d'or. » {Ibid.) — 1751. Fête à Versailles pour la naissance du duc de Bourgogne. « Les habits des gens de cour étoient en étoffes d'or de grand prix ou en velours de toute couleur, brodés d'or ou garnis de point d'Espagne d'or. » {Ibid.)

dentellières à 12,000. Néanmoins, il paraîtrait que, dès 1634, les Espagnols tiraient de France la plus grande partie de leurs dentelles, tandis que les Français, de leur côté, préféraient les dentelles de Flandre (i ) .

On jugea de plus en plus nécessaire de protéger l'industrie dentellière; aussi, en 1667, le droit de 25 réaux par livre sterling de

dentelle étrangère fut porté à 250. Cela n'empêcha pas d'introduire en Espagne beaucoup de points en fraude; c'était le plus souvent par Cadix, venant d'Anvers, sous le nom de pantos de Mosquito e de Transi lias. Mme des Ursins, écrivant à Mme de Maintenon au sujet de la layette dont allait avoir besoin la reine d'Espagne, lui disait : « Si je ne craignais d'offenser ceux qui seront « chargés des emplettes, avare comme je dois l'être de l'argent du « roi d'Espagne, je les prierais de n'envoyer que de la dentelle de « bas prix pour le linge. »

Le point d'or, nous l'avons dit, se fabriquait en grande partie pour les besoins de l'Espagne même. La plus ancienne bannière de l'inquisition, celle de Valladolid, était bordée, d'après la description qu'on en fait, de vrai point d'Espagne d'un curieux dessin

(1) Marquis de la Gomberdière, Nouveau règlement des finances, 1634.

Fig. 46. — Dentelle d'un ancien oreiller espagnol.

gothique (ou géométrique) . Aux auto-da-fé, les grands d'Espagne et les officiers du Saint-Office portaient, à la procession, des manteaux semés de croix noires et de croix blanches et bordés de dentelles d'or. Le point d'argent décorait les uniformes de la Maestranza, corps de noblesse formé en ordre de chevalerie à Sé ville, à Ronda, à Valence et à Grenade. Les saints, on le sait déjà, étaient fort parés de dentelles; saint Antoine à Valence, en particulier, était renommé pour la splendeur de son costume, y compris son chapeau et ses manchettes.

Dès les premières années du dix-septième siècle, on commença à faire en France du point d'Espagne ; la fabrication en fut introduite par un huguenot appelé Simon Châtelain. En retour de ce bon service rendu à l'industrie, Golbert le protégea et le mit à l'abri des rigueurs dont avaient à souffrir ses coreligionnaires. Il mourut en 1675, après avoir amassé une grande fortune (1), ce qui prouve que l'industrie avait prospéré. Les comptes de garderobe du duc de Penthièvre en fournissent une autre preuve : on y voit, en 1732, « un bord de point d'Espagne d'or, de Paris, à fond de réseau » (2).

Vers le milieu du dix-huitième siècle, la fabrication des dentelles en Espagne semble être sur le déclin, à en juger par les prises incessantes de vaisseaux, allant de Saint-Malo à Cadix, chargés de dentelles d'or et d'argent. V Aigle, navire français pris par le capitaine Carr en 1745, en portait des caisses de la valeur de 150,000 livres sterling (3). D'après Swinburne, qui visita l'Espagne en 1775, les villageoises faisaient de la dentelle noire aux fuseaux dont les plus grosses étaient en fil d'aloès . Ces dernières

(1) « Quatre-vingts enfants et petits -enfants assistaient à ses funérailles, bravant l'édit de 1664 : ils furent condamnés à une forte amende. » (La France protestante, par MM. Haag.)

(2) Garde-robe du duc de Penthièvre (Arch. de l'empire, RK, 39C-1).

(3) Gentleman1 s Magazine, 1745.

lui parurent curieuses, mais assez inutiles, ne pouvant supporter le blanchissage. Il ajoute que Barcelone fait un grand commerce en dentelles de fil (1).

A Barcelone, à Valence, à Séville, on fait encore de la dentelle d'or, mais For est mal préparé et d'une nuance rougeâtre. La blonde se fabrique presque exclusivement en Catalogne, dans les villages de la côte, mais surtout à Barcelone. En 1809, cette fabrication donnait du travail à 12,000 femmes et enfants, nombre qui s'élève aujourd'hui à 34,000. Il n'y a pas de manufactures; les ouvrières travaillent à leur compte chez elles et comme elles l'entendent (2) . En Espagne, les jours fériés déduits, il n'en reste que 260 pour le travail, et les dentellières ne gagnent guère par jour, en moyenne, que 2 réaux (50 centimes) . La fabrication des dentelles de soie ou blonde d'Almagro (dans la Manche) occupe de 12 à 13,000 personnes. « Les dentelles de la Nouvelle- Castille s'exportaient en Amérique; mais les lois somptuaires s'étendirent aux colonies où elles n'étaient pas moins nécessaires, beaucoup de familles s'étant ruinées, écrit Ustariz en 1751, par la grande quantité de belles dentelles et d'étoffes de luxe qu'elles achetaient aux manufactures étrangères et par là épuisaient l'Amérique espagnole de millions de piastres. »

La mantille nationale est naturellement l'objet principal de la fabrication. Les Espagnoles se servent de trois mantilles différentes : Tune, en blonde blanche, devant contraster un peu avec le teint, est réservée aux jours d'apparat, tels que anniversaires de naissance, combats de taureaux, lundi de Pâques ; une autre est en blonde noire garnie d'un haut volant; la troisième (man-

(1) Peuchet, en parlant de Barcelone, dit que ses dentelles sont « façon de France », mais inférieures en beauté et en qualité. La fabrication était considérable et employait 2,000 femmes dans les villes et villages des environs. Ces dentelles se vendaient en Castille, en Andalousie et principalement aux Indes.

(2) Alex, de Laborde, Itinéraire de l'Espagne, t. V.

tilla de tiro) sert pour l'usage ordinaire; elle est faite de soie noire et garnie de velours. La mantille d'une Espagnole est sacrée aux yeux de la loi; elle ne peut être saisie pour dettes. La soie employée pour la dentelle est de qualité supérieure. Il y a près de Barcelone une filature de soie, dont les produits servent spécialement pour les blondes fabriquées dans la province Les dentelles de soie de l'Espagne n'égalent celles de Bayeux ou de Chantilly ni par la consistance du fond, ni par la régularité du dessin. Le produit annuel de cette industrie s'élève à peine à 2 millions de francs.

Des spécimens de dentelle blanche de Barcelone ont été récemment envoyés d'Espagne à l'auteur, portant les dates de 1810, 1820, 1830, 1840. Quelques-uns ressemblent à la dentelle de Lille, au mince réseau composé d'hexagones, avec un dessin tracé par un gros fil ; d'autres, au fond double, attestent par leurs dessins fleurés l'imitation du genre flamand. Le plus beau spécimen des dentelles d'Espagne envoyées à l'exposition universelle de 1862, était une mantille de blonde blanche dont le fond se composait d'une délicate guipure, et le dessin, d'une guirlande de fleurs portée par des amours.

Avant de quitter l'Espagne, nous devons dire quelques mots des dentelles de Moresse que M. Francisque Michel (1) suppose être d'origine ibérienne et fabriquées par les descendants des Maures qui restèrent en Espagne et embrassèrent le christianisme , Ces dentelles sont nommées dans la Bévolte des Passements, déjà citée. Quelles étaient ces dentelles, il serait difficile de le dire. Un des livres de modèles parle de Moreshi et à'Arabeshi (2) ; un autre est intitulé Livre de Moresque (3) ; un troisième a pour

(1) Recherches sur le commerce, la fabrication et l'usage des étoffes de soie, etc., pendant le moyen âge ; Paris, 1839.

(2) Taglienti, 1530.

(3) Paris, 1546.

titre Livre de feuillages, entrelatz et ouvrages moresques (1). Tout ce que nous savons à cet égard, c'est qu'un travail composé de carrés variés de dentelle était, à une certaine époque, l'occupation favorite des filles maures, et qu'on trouve encore des restes de cette industrie, jaunis par l'âge, dans les villes africaines de Tanger et de Tétouan. Ce travail se distingue de celui qu'ont produit des mains chrétiennes par l'absence de tout animal dans le dessin. On sait que la représentation d'êtres vivants est strictement interdite par le Coran.

Page 1