CHAPITRE VIL
Nous savons déjà que les Flandres et l'Italie se disputent l'honneur de l'invention de la dentelle. Dans mainte ville des Pays-Bas, on voit des tableaux du quinzième siècle, où figurent des personnages portant des dentelles; et un auteur belge (1) assure que les cornettes ou bonnets de dentelle étaient en usage dans ce pays, dès le quatorzième siècle. Les œuvres des peintres contemporains nous offrent des preuves évidentes de ce fait que la dentelle aux fuseaux prit naissance dans les Pays-Bas. A Saint- Pierre de Louvain il y a, dans une des chapelles latérales du chœur, un tableau d'autel par Quentin Metsys, daté de 1 595, et dans lequel on voit une jeune fille faisant de la dentelle avec des fuseaux sur un carreau à tiroir pareil à ceux d'aujourd'hui. Il existe une série de gravures, d'après Martin de Vos (1581), représentant les occupations des sept âges de la vie; dans la troisième (2), consacrée à l'âge mûr, on voit une jeune fille assise, un carreau sur les genoux et faisant de la dentelle (fig. 49). Ce travail devait être une occupation ordinaire, autrement l'artiste ne l'aurait pas choisi pour caractériser les habitudes du pays.
L'historien des ducs de Bourgogne , M . de Barante , nous apprend que Charles le Téméraire perdit ses dentelles à la bataille de
(1) Reiffenberg, dans les Mémoires de V Académie de Bruxelles, 1820.
(2) Gravée par Collaert (Bibl. imp., Estampes).
Granson (1476) ; il ne cite pas son auteur. Il est probable que ces dentelles étaient en or ou en argent, car il n'y en a point d'autres parmi les objets qui proviennent du duc de Bourgogne.
Fig. U9. — Fabrication de la dentelle, d'après Martin de Vos.
En 1 65J ? Jacques van Eyck, poète flamand, célébra la dentelle en vers latins. « Parmi les arts, il en est un qui surpasse tous les autres, dit-il; celui d'enlacer les fils par l'étrange pouvoir
de la main, et de former un réseau que l'industrieuse araignée ne pourrait égaler, que Minerve elle-même devrait avouer n'avoir jamais connu (1). »
La France, l'Allemagne, l'Angleterre ont appris des Flandres l'art de faire la dentelle (2) . Lorsque Colbert eut établi la fabrication des points de France, on s'alarma sur les bords de la Senne et de la Dyle du nombre de dentellières qui émigrèrent, et par acte daté de Bruxelles, le 26 décembre 1698, « ceux qui tenteraient de les suborner sont menacés de châtiments sévères » .
L'art de faire la dentelle formait une partie de l'éducation des femmes dans les Pays-Bas; Charles-Quint ordonna qu'il serait enseigné dans les écoles et les couvents. On peut juger quels étaient de son temps les produits de cette industrie, par le bonnet qu'il portait sous sa couronne, et par le portrait de sa sœur Marie, reine de Hongrie. Ce bonnet (fig. 50), longtemps conservé dans le trésor des princes-évêques de Baie, est maintenant au musée de Cluny. Il est de fine toile; les armes impériales y sont brodées en relief, alternant avec des dessins brodés sur filet et d'un travail exquis (3). Les manchettes de la reine de Hongrie (fig. 51) sont du dessin régulier de l'époque et probablement d'origine flamande, la reine ayant été gouvernante des Pays-Bas depuis 1530 jusqu'à sa mort. L'infante Isabelle, petite-fille de Charles- Quint, qui apporta les Pays-Bas en dot à l'archiduc Albert
(1) Il poursuit ainsi : « La jeune fille assise à son ouvrage agite sans cesse ses doigts et fait décrire mille cercles aux rapides fuseaux. A tout moment, elle pique d'innombrables épingles pour produire les dessins variés, et tout aussi souvent, elle les enlève, et elle gagne autant par ce travail, qui est un amusement, que l'homme à la sueur de son front. » J. Eyckii . Urbium belgicarum centuria. Anvers, 1651, in- 4°.
(2) Excepté pour le point d'Alençon.
(3) Ce bonnet est accompagné d'un parchemin portant cette inscription : Gorro que perleneccio à Carlos Quinto, emperad. Guardalo, hijo mio, es memoria de Juhan de Garnica. J. de Garnica était trésorier de Philippe II .
Fig. 50. — Bonnet de l'empereur Charles-Quint. (Musée de Cluny.
Fig. 51. — Manchette d'après le portrait de Marie, reine de Hongrie, souveraine des Pays-Bas. 1558. (Mi'sée impérial de Versailles.)
d'Autriche (1599), est représentée dans ses portraits (Pl. YJ I) parée d'une fraise de magnifique dentelle, pouvant rivaliser par ses dimensions avec celles de la reine Elisabeth ou de Marguerite de Navarre.
Il y a aujourd'hui en Belgique près de 900 écoles, où Ton apprend à faire la dentelle; les unes dépendent des couvents, les autres sont des fondations de la charité privée. A l'âge cle cinq ans, les petites filles commencent leur apprentissage ; à dix, elles gagnent leur vie. Ces écoles spéciales sont intéressantes à voir, les petites filles assises tiennent leurs carreaux devant elles et font tourner leurs fuseaux avec une merveilleuse dextérité (%• 53).
Fig. 53. — École de dentelle en Belgique.
Les vieilles dentelles flamandes sont d'une grande beauté (fig. 54) ; quelques-unes ont des fonds variés. La fig. 55 représente un genre de dentelle appelé dans le pays Trolle-Kant, terme dont nous n'avons pu découvrir le sens, quoiqu'il ait été adopté en Angleterre, où il désigne une dentelle ayant un fond particulier.
A une certaine époque, la Belgique introduisait en France beaucoup de dentelle en fraude à l'aide de chiens dressés tout exprès. On nourrissait grassement un chien en France, puis on le conduisait en Belgique, où il était enchaîné, maltraité, à peine nourri. Au bout de quelque temps, on ajustait sur lui la peau
d'un chien plus grand et l'on remplissait de dentelle l'espace intermédiaire. Le chien était alors remis en liberté et il prenait en toute hâte le chemin de la France, où le guidait le souvenir de
F\g.5U. — Vieux point flamand.
copieuses pitances. Cette manœuvre se renouvela jusqu'à ce qu'enfin la douane française l'éventa et prit des mesures pour y mettre un terme; mais il fallut pour cela plusieurs années et, de 1820 à 1836, on ne détruisit pas moins de 40,278 chiens, une prime de 3 francs par chien ayant été offerte.
Fig-. 55. — Pièce de dentelle Trolle-Kant composée de cinq ou six dessins réunis ensemble et qui probablement servaient d'échantillons.
L'époque précise à laquelle la dentelle de Bruxelles prit naissance est inconnue ; mais, à en juger par les premiers dessins, on peut la placer au commencement du quinzième siècle. Les anciennes églises du Brabant en possèdent , à ce qu'on dit , de précieux spécimens, présents de la munificence des princes, qui en tout temps ont montré de la prédilection pour le point de Bruxelles
et en ont propagé la fabrication. Il est d'usage de le désigner sous le nom de point d'Angleterre, erreur que l'histoire nous explique. En 1 662 , le Parlement anglais , alarmé des sommes considérables qui passaient à l'étranger pour l'achat des dentelles , et voulant protéger la fabrication anglaise de la dentelle au fuseau , prohiba l'importation de toute espèce de point. Les marchands de dentelle anglais , fort embarrassés pour fournir de point de Bruxelles la cour de Charles II , invitèrent des ouvrières flamandes à venir établir en Angleterre des manufactures spéciales. L'entreprise cependant, ne réussit pas : le pays ne produisait pas l'espèce de lin convenable, et la dentelle était de qualité inférieure. En conséquence, les marchands adoptèrent un expédient beaucoup plus simple. Possédant les capitaux nécessaires, ils achetèrent les plus belles dentelles de Bruxelles , les firent entrer en contrebande , et les vendirent sous le nom de point d'Angleterre ou point anglais. Les détails de la prise (1) faite par le marquis de Nesmond en 1678 d'un navire chargé de dentelles de Flandre à destination de l'Angleterre, donneront quelque idée de l'étendue de ce genre de contrebande : la cargaison se composait de 744,953 aunes de dentelle, non compris les mouchoirs, les cols, les fichus, les tabliers, les jupons, les éventails, les gants, etc., le tout garni de dentelles. A partir de cette époque, le nom point de Bruxelles (2) semble disparaître : il n'y a plus que du prétendu point d'Angleterre, et quoiqu'on sût bien ce qu'il en était, le mot prévalut. Toutefois, en consultant les inventaires royaux du temps, à Londres, nous n'avons trouvé aucune mention cle point d'Angleterre, tandis qu'en France, les gazettes de modes appellent l'attention du lecteur sur « les corsets chamarrés de point d'Angleterre » , sur les vestes , gants et
(1) Mercure galant, 1678.
(2) Il y a cependant une entrée dans les comptes de garde-robe du duc de Penthièvre (1738) : « Onze aunes d'Angleterre de Flandre. »
cravates garnis du même point. On le retrouve également clans maint inventaire.
Le plus beau point de Bruxelles ne se fait que dans la ville même ; Anvers , Gand et d'autres localités ont en vain essayé de rivaliser avec la capitale. Le fil employé pour ce point est d'une finesse extrême , il est fait avec le lin qui croît à Hal et à Rebecq- Rognon , en Brabant. On cultive aussi aux environs de Tournai et de Courtrai du lin uniquement destiné au fil à dentelle comme à la fine batiste ; le rouissage a lieu d'ordinaire à Courtrai , les eaux claires de la Lys contribuant, à ce qu'on croit, à donner au lin les qualités requises. Le filage se pratique dans des caves, un air sec rendrait le fil cassant, fil si fin que l'œil a peine à le voir ; c'est le toucher qui est le plus sûr guide pour découvrir les inégalités, que la fileuse met tous ses soins à faire disparaître. On donne à l'œil toute l'aide possible :' un morceau de papier ou d'étoffe noire est placé de façon à faire ressortir la blancheur du fil , et on ne laisse pénétrer dans l'atelier qu'un rayon de lumière, qui tombe d'aplomb sur la quenouille. On comprend que le genre de vie des fileuses flamandes n'est guère sain; leur travail exige une grande habileté, aussi leur salaire est-il élevé à proportion. La finesse de ce fil (1) met le vrai réseau de Bruxelles hors de prix , et la difficulté de se le procurer est une garantie contre la concurrence étrangère. Toutefois, pendant la seconde moitié du siècle dernier, on fut saisi en Angleterre, voire en Ecosse et en Irlande, d'une manie d'améliorer toute espèce de fabrication. Une société anti-française s'était fondée; elle donnait des prix,
(1) On le vend souvent 6,000 fr. le demi-kilogramme, et dans le rapport sur l'exposition universelle de 1855, ce prix s'élève même à 12,500 et '25,000 fr. le kilogramme. Il n'est pas étonnant qu'on fasse tant de fil à la mécanique ni que le fil d'Ecosse soit d'un usage si général , sauf toutefois pour les dentelles de première qualité ; mais le fil des machines n'a jamais atteint le degré de finesse du fil de main.
et chacun s'évertuait à faire quelque chose qui pût empêcher les guinées de traverser le détroit. Ceux qui voyageaient à l'étranger étudiaient les procédés des diverses industries, dans le but de se les approprier et d'en faire profiter l'Angleterre ; mais les obstacles les découragèrent , comme l'atteste une lettre de lord Garden, magistrat écossais, qui écrivait de Bruxelles, en 1787, à l'un de ses compatriotes : « Aujourd'hui même, dit-il, je vous ai acheté ce des manchettes et de belle dentelle de Bruxelles, le plus léger, ce le plus cher des produits manufacturés. J'avais entretenu l'am- « bition bien vaine, je commence à le croire, d'introduire cette « industrie dans mon humble paroisse d'Ecosse; mais, après m'être ce renseigné comme il faut, j'y ai renoncé. Le fil qu'on emploie ce est d'une telle finesse, qu'on ne peut le filer même dans ce « pays ; il vient de Cambrai et de Valenciennes, villes de la Flandre « française, et cinq ou six habiles ouvriers doivent concourir à ce sa fabrication. C'est donc un art si compliqué que, pour le « transplanter chez nous, il faudrait, avec le vif désir que j'en ai, « une bourse beaucoup mieux garnie que la mienne. A Bruxelles, « d'une livre de fil , on fait de la dentelle pour 700 livres ster- « ling » (17,500 fr. ).
Il y avait deux sortes de fond dans la dentelle de Bruxelles ou point d'Angleterre : la bride (1) et le réseau. On employa d'abord la bride, mais depuis plus d'un siècle elle est abandonnée, on ne la fait plus que sur commande.
On trouve dans les comptes de Mme du Barry (2) : « Neuf aunes d'Angleterre à bride. » La dentelle ainsi faite était en général d'un travail exquis , ainsi que le prouvent beaucoup de magnifiques garnitures d'aubes (3). Quelquefois la bride et le réseau
(1) La bride est une maille composée de fils plus nombreux et plus tordus.
(2) Comptes de Mme du Barry. (Bibl. imp., Mss., fonds français, nos 8,157-8.)
(3) Inventaire de l'argenterie, ornemens, linge, etc., appartenant à VOEuvre
étaient réunis. Dans les inventaires, le fond est toujours minutieusement spécifié (1). Le réseau se faisait de deux manières : à Faiguille et au fuseau , en petites bandes larges de 25 centimètres qu'on réunissait ensuite par un point longtemps connu des seules dentellières de Bruxelles et d'Alençon , et qu'on nomme assemblage ou point de raccroc. Depuis l'adoption du tulle à la mécanique pour les fonds , le réseau ne se fait plus guère que dans les cas de commandes royales.
Il y a également deux sortes de fleurs : celles qu'on fait à Faiguille, appelées point à l'aiguille, et celles qu'on fait au fuseau ou point plat. Les plus belles fleurs sont l'œuvre des dentellières de Bruxelles même qui leur donnent un degré de perfection, notamment dans le relief (le brodé) , qu'on n'égale jamais dans les villages environnants ni dans le Hainaut.
Les fleurs de ces dernières localités ont un grave défaut : elles arrivent salies par les mains des ouvrières et ont une teinte jaunâtre. Pour remédier à cet inconvénient, les appliqueuses, avant de coudre les fleurs sur le fond, les saupoudrent de blanc de céruse et les frappent avec la main, opération nuisible à la santé; de plus, dans la dentelle ainsi blanchie , la céruse se décompose et noircit lorsqu'elle est exposée à la chaleur d'un salon, à l'air de la mer et au voisinage de la flanelle comme de tout tissu blanchi au soufre. Aussi nos grand'mères, ennuyées de la difficulté et de la dépense du blanchissage, mirent à la mode de porter les dentelles si jaunes, qu'on finit par les laver dans du café.
Dans les vieux points , les fleurs et le fond étaient travaillés en-
et Fabrique de T église de Saint-Merry, à Paris, 1714. (Arch.de l'enipire,LL, 859.
(1) « Deux tours de gorge àraiseau, un tour de camisolle à bride. » Inv. de la duchesse de Bourbon, 1720. (Arch. de l'empire, X, 10,062-4.)
Le fond écaillé se rencontre souvent. « Une paire de manchettes de cour de point à raizeau, et deux devants de corps de point à brides à écailles. » Inv. de la duchesse de Modène, 1761. (Arch. de l'empire, X, 10,082.)
semble (fîg. 56). L'application était inconnue dans les premiers temps.
Fig. 56. — Vieux point de Bruxelles.
BRUXELLES. Ul
La fabrication du point de Bruxelles est si compliquée que chaque partie en est confiée, ainsi que nous l'avons déjà dit, à une ouvrière spéciale , laquelle ne s'occupe que du travail qui la concerne (i ) . Chacune d'elles a son nom comme sa fonction : ainsi labrocheleuse fait le vrai réseau, la dentellière proprement dite est chargée de l'engrelure, la pointeuse fait les fleurs à l'aiguille, la plateuse fait les fleurs au fuseau; la fonneuse s'occupe des jours dans les fleurs, \&jointeuse ou atlacheuse unit les différentes parties du fond, et la striqueuse ou appliqueuse coud les fleurs sur le fond. Le dessin est choisi par le fabricant, qui coupe le parchemin en plusieurs morceaux et le distribue à chaque ouvrière, laquelle n'a qu'un travail tout tracé à exécuter. Toute la responsabilité repose sur le maître qui choisit également le fil, le réseau, et seul connaît l'effet que doit produire l'ensemble du travail.
Ceci est pour la dentelle connue sous le nom d' 'application de Bruxelles. Mais on fait aussi dans ce pays le point gaze. C'est une dentelle à maille hexagone, différant de la précédente en ce que tout, fleur et réseau, y est fait ensemble et à l'aiguille par la même ouvrière, comme dans le vieux point de Bruxelles. Le dessin se partage en petits morceaux dont la réunion est dissimulée par des tiges ou des feuillages. Dans ces derniers temps on y a souvent mélangé aussi quelques fleurs en point plat faites an fuseau.
Les dessins du point de Bruxelles ont toujours suivi la mode du jour. Les plus anciens sont de style gothique pur, rappelant les ornements de l'architecture et ressemblant un peu à une découpure de papier (fig. 57). Ce genre fit place à celui des lignes onduleuses qui prévalut jusque vers 1789. Puis survint le style fleuri du premier empire, assemblage de fleurs, branches, colonnes, guir-
(1) Les dentellières de Bruxelles divisent le plat en trois parties : le mat, partie serrée correspondant au tOilé; la gaze au fuseau, tissu moins serré appelé grillé en France, et les jours.
landes et de petits semis, tels que pois, étoiles, fleurettes, etc.
Fig. 57. — Point de Bruxelles avant 1789.
Les dessins en forme de palme et de pyramide dominaient alors. Sous la Restauration, le même style se continua; mais les palmes et les pyramides devinrent plus rares. Depuis 1830, de grands et rapides changements se sont produits dans les dessins qui chaque jour deviennent à la fois plus naturels et plus artistiques.
Le point de Bruxelles , qu'on appelait toujours point d'Angleterre, jouit d'une grande faveur sous le premier empire. Lors de Feutrée solennelle de Napoléon Ier et de Marie-Louise dans la capitale de la Belgique (16 mai 1810), ils firent de grandes commandes d'aubes du plus riche point, pour en faire présent au pape. La ville, de son côté, offrit à l'impératrice un choix de ses plus fines dentelles, sur vrai réseau et d'une merveilleuse beauté; plus tard , elle envoya un magnifique rideau dont le dessin emblématique représentait la naissance du roi de Rome et où des Amours relevaient les draperies du berceau.
Après la bataille de Waterloo, M. Troyaux, fabricant de dentelles à Bruxelles, fut obligé de fermer son établissement; il le convertit en un hôpital où il fit soigner des soldats anglais. Cette conduite pleine d'humanité ne resta pas sans récompense. Il reçut une décoration de son souverain, et lorsque son magasin fut rouvert, tous les jours, les dames anglaises s'y rendaient en foule pour y faire leurs acquisitions de dentelles. M. Troyaux se retira des affaires avec une grande fortune.