MALINES
la. Motte avait aussi, d'après son inventaire, des « manchettes de malines ». « Le bas peuple, à Malines, écrit Regnard (1) , s'oc- « cupe à faire la dentelle blanche connue sous ce nom ; et le bé- <( guinage le plus considérable du pays est soutenu par le tra- <c vail des béguines qui excellent dans cet art. %
En 1699 la prohibition cesse en Angleterre et la malines fait fureur, ce qui dure pendant presque tout le siècle suivant. En 1 694, la reine Marie achète deux aunes de frange nouée pour ses manchettes de malines, qu'elle avait sans doute apportées de Hollande avec elle. La reine Anne achète de la malines largement, du moins paye-t-elle au mercier royal (1713) 247 livres sterling et quelques shellings pour 83 aunes de cette dentelle. Le roi Georges Ier se donne le luxe d'une cravate de malines. « Il est impossible, dit « vers ce temps Savary , d'imaginer combien de dentelle de ma- « lines achètent la France et la Hollande ; en Angleterre cette dena telle a toujours joui de la plus haute faveur. » Les beaux de l'époque sont représentés comme portant des jabots et des manchettes en malines passée au marc de café. Vers 1755, la vogue de la malines commence à décliner en Angleterre, et bientôt Malines songe à cesser de fabriquer, les Anglais, ses principaux clients, s'étant mis à porter des dentelles de France.
En France , la malines jouit d'une grande vogue à la cour du Régent. A en juger par les comptes et inventaires, la majeure partie cle cette dentelle était campanée , avec un picot sur les deux bords, ce que rendaient nécessaire les garnitures froncées ou plissées en ruche, usage auquel se prêtait la légèreté de son tissu (2) .
(1) Voyage en Flandre, 1681.
(2) « Une coiffure de nuit de malines à raizeau campanée de deux pièces. — Une paire de manches de malines brodée à raizeau campanée, un tour de gorge et une garniture de corset. » hw. de Mlle de Clermont, 1741.
« Une dormeuse de malines. » Inv. de MHe de Charolais, 1750.
« 5 aunes 1 /2 grande hauteur de malines pour une paire de manchettes, 264 fr.
C'était la dentelle favorite de la reine Charlotte (1) et de la princesse Amélie, sa pins jeune fille (fïg. 59) . Napoléon admirait beaucoup ce délicat travail. On dit que lorsqu'il vit pour la première fois le clocher de la cathédrale d'Anvers, il s'écria, émerveillé de la légèreté de ses ornements gothiques : « C'est comme de la dentelle de Malines. »
Fig. 59. — Malines ayant appartenu à la reine Charlotte.