ANVERS
peu des autres dentelles du pays ont été, à une certaine époque , remarquées dans le commerce (1).
Un spécimen digne d'attention est la garniture du bonnet d'une dame Anversoise (2) : c'est une dentelle à dessin régulier et remontant à la fin du seizième siècle (fig. 60). Un produit particulier à Anvers était une grosse dentelle dont les femmes âgées ornaient leurs bonnets de génération en génération et qu'elles préféraient à toute autre. On la faisait dans les béguinages; il y en
Fig. 60. — Dame d'Anvers, d'après Crispin de Pas.
avait de trois qualités. Dans le dessin figurait toujours un vase (fig. 61), d'où le nom de Potten Kant (pot à fleurs). On variait la forme et les ornements du vase, selon la fantaisie (3) .
(1) Un arrêt, daté de 1688, requiert que « toutes les dentelles de fil d'Anvers, Bruxelles , Malines et autres lieux de la Flandre espagnole » n'entreront que par Rousselars et Condé et payeront 40 livres par livres pesant. ( Arch. de l'empire, coll. Rondonneau.)
(2) Ce portrait a été gravé par Verbruggen, qui le donne comme celui de Catherine d'Aragon.
(3) Le pot à fleurs était le symbole de l'Annonciation. Dans les anciens dessins représentant l'apparition de l'ange Gabriel à la Vierge Marie , l'ange porte des lis dans sa main ou bien ils sont placés dans un vase. Par degrés, on sup-
prima l'ange, les lis furent remplacés par des fleurs diverses , puis enfin la Vierge disparut, et il ne resta que le vase et les fleurs. .