‹ Histoire de la dernière capitulation de ParisChapitre 28 sur 39 · ON · texte numérisé non relu

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dû être admise entre la situation politique de la France en 1815 et celle de 1814 (argument déjà vainement présenté, comme on Ta vu cidessus, par les négociateurs de Vinterrègne), il s'attachait à réfuter spécialement la demande relative aux objets d'art.

« Son Excellence lord Castelreagh a, d'un autre côté, posé en fait qae les objets d'art ne peuvent pas s'acquérir par la conquête; le ministère du Roi est bien loin de vouloir faire ici l'apologie d'aucune sorte de conquête. Plût à Dieu que le nom et la chose n'eussent jamais existé ! Mais enfin, puisque c'est pour les nations une manière d'acquérir admise par le droit des gens, le ministère du Roi n'hésite pas à dire avec conviction que la conquête d'objets inanimés, dont le seul avantage est de se procurer des jouissances physiques ou, si l'on veut, intellectuelles, est bien moins odieuse que celle par laquelle des peuples sont séparés de la société dont ils sont membres. Il y a à faire, relativement anx objets qui ont été successivement apportés en France, une distinctioD que l'on paraît n'avoir pas faite. Parmi les pays auxquels la France avait renoncé en 1814, plusieurs appartenaient bien légitimement & elle ou au chef qu'elle avait, et parce qu'ils lui avaient été cédés. Elle a donc pu disposer des objets d'art qui s'y trouvaient lorsqu'elle a renoncé à ces pays ; elle les a restitués tels qu'ils étaient au moment de la restitution, et l'on ne voit point d'après quel droit les puissances voudraient aujourd'hui réclamer des choses qui n'ont pas été comprises dans l'abandon que la France en a fait. Enfin, d'autres objets d'art appartiennent encore à la France, en vertu de la cession qui lui en a été faite par des traités solennels^ Quant aux considérations morales développées dans la note de lord Castelreagh, le ministère a toute raison de croire que le Roi s'empresserait d'y accéder, s'il pouvait ne suivre que son penchant; mais Son Excellence se trompe s'il pense que le Roi soit aujourd'hui, plus qu'en 1814, en position de le faire, et le ministère ne craint pas d'affirmer que, si, comme il n'en doute pas, toute cession de l'ancien territoire, dans le cas où le Roi y consentirait, lui serait

^ Notamment celui de Tolentino (1797), qui avait été, à cette époque, un acte de haute sagesse et aussi de magnanimité du général Bonaparte vis-à-vis du goovernemeat pontifical.

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imputée à crime, celle des objets d'art ne le serait pas moins et serait peut-être plus vivement ressentie, comme blessant plus vivement l'orgueil national. »

Ce fut à la suite de cette réponse que lord Wellington intervint à son tour, et que la discussion définitive sur cet objet commença entre les représentants des grandes puissances.

Paris, 15 août 1815.

Pour achever ma ronde, je me suis transporté au grand bureau

des alliés. J'y ai vu lord Gastelreagh. Je venais de lui adresser cette note ci-jointe sur les tableaux, rédigée par M. Fabricius, qui sera suivie d'une seconde sur les estampes et livres. Je l'ai interpellé tout doucement : « Aurons-nous bientôt nos tableaux, etc. — C'est une affaire que nous discutons. — Cependant, si je suis bien informé, les Prussiens se sont déjà mis en possession de ce qui leur revient. — Les Prussiens n'ont pas plus de droit que vous. Mais croyez- vous que la chose est pressée, ne vaudrait-il pas mieux la faire dépendre de l'arrangement général? etc. « Du reste, il convenait, avec affabilité, que tout cela était volé.

Protocole n^ 36, du 17 août. 11 a été lu une note du ministre du roi des Pays-Bas... Cette demande tient à la revendication d'objets d'art. Cette question sera examinée incessamment dans son ensemble, et dans les différentes distinctions qu'elle exige. Il a donc été arrêté que cette réclamation ne pourrait pas être décidée isolément...

ttfi HISTOIRE DE LA DERNIÈRE

On dit qu'on ne prétend point s'opposer au choix d'aucun autre chef du gouvernement ; Ton répète à chaque occasion que les puissances de l'Europe ne prétendent point intervenir dans ce choix; mais l'on ajoute que si le prince choisi était dans le cas, par la nature même de sa situation , d'alarmer la tranquillité de l'Europe , en mettant en problème celle de la France, il serait nécessaire aux puissances alliées d'avoir des garanties ; et nous sommes fondés à croire que ces garanties demandées seraient des cessions de territoire.

Un seul, Louis XVIII, leur semble réunir toutes les conditions qui empêcheraient l'Europe de demander des garanties pour sa sécurité.

Déjà, disent-ils, il réside à Cambray; le Quesnoy lui a ouvert ses portes, ces places et d'autres villes sont en sa puissance, soit qu'elles se soient données ou qu'elles lui aient été remises par les alliés.

Le duc de Wellington reconnaît et énumère une partie considérable des fautes de Louiâ XVIII pendant son gouvernement de quelques mois: il place au premier rang d'avoir donné entrée dans son conseil aux princes de sa famille ; d'avoir eu un ministère sans unité et non responsable ; d'avoir créé une maison militaire choisie autrement que dans les soldats de l'armée, de ne s'être pas entouré de personnes qui eussent un véritable intérêt au maintien de la Charte.

Il lui semble qu'en faisant connaître les griefs, et sans faire de conditions, il pourrait être pris des engagements publics qui rassureraient pour l'avenir, en donnant à la France les garanties qu'elle peut désirer.

Si l'on discute des conditions , d'autres que les autorités actuelles pourront délibérer, répète le duc.

Si l'on perd du temps, des généraux d'autres armées pourront se mêler des négociations, elles se compliqueront d'autres intérêts.

Nous joignons des proclamations :

Une de Louis XVIII, contresignée par le duc. de Fel^e;

Une autre du même, contresignée par le prince de Talleyrand;

Une du prince de Schwartzenberg;

Et un ordre du jour de l'empereur Alexandre.

On annonce que le prince de Wredé, avec 60,000 Bavarois, sera le 4 juillet à Ghâlons.

Nous vous conjurons de prendre les mesures nécessaires pour qu'on ne tire plus sur les parlementaires et les porteurs de dépêches que nous envoyons.

Recevez, monsieur le baron, etc.

P. S. M. de Latour-Maubourg nous a remis ce matin, à neuf heures, vos dépêches n^" 1 et 2, et une heure après, le paquet qui renfermait vos dépêches n" 3, 4 et 5. Nous avons communiqué tie suite à lord Wellington la dépêche n^ 3, qui donnait la nouvelle certaine du départ de Napoléon, et nous avons réclamé d'après cela, puisque sa présence était un obstacle à un arrangement, de convenir de suite d'une suspension d'armes pour conclure un armi.<ftice Lord Wellington nous a répondu qu'il était nécessaire qu'il en conférât avec le prince Blûcher et nous a promis qu'il nous rendrait réponse dans la journée. On nous adonné communication d'une lettre très-dure datée de Mannheim, signée Metternich et Nesselrode, sur l'état actuel des choses en France et les résultats qu'on espère obtenir.

Nous comptions vous envoyer les proclamations n<>* 1 et^, mais il nous a été impossible de nous les procurer.

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