IV PREFACE
tiquité,que le respect uniformément dû à toutes les grandes œuvres où les peuples ont mis quelque chose de leur âme.
Dégagé ainsi de tous accessoires, circonscrit dans l'espace et dans le temps, et réduit aux proportions d'une donnée à laquelle pouvait suffire l'érudition classique, le siget m'a paru moins rebelle à la synthèse. Le travail a été rude cependant, parce que l'eATort a été continu. Après les années consacrées aux études préparatoires, à des recherches qui vont d'abord à l'aventure, il a fallu hâter sagement l'exécution du plan une fois arrêté, sans laisser l'esprit s'embarrasser dans des hésitations inopportunes, l'attention se relâcher et le relief des idées générales, qui seules font l'unité de l'ensemble, s'effacer sous des retouches successives.
Bien des érudits, les uns simples compilateurs, les autres capables d'introduire dans des questions de détail des aperçus féconds, m'ont préparé les matériaux et frayé la voie. Je me suis fait un devoir de compulser tous les travaux que j'ai pu me procurer; j'ai passé à chercher les autres plus de temps que je n'en aurais mis à les lire, et ceux-là mêmes, je les ai mentionnés à l'occasion, au même titre que les ouvrages perdus, pour donner une idée plus exacte de l'importance attribuée à ces études, et aussi pour ne pas refiiser à d'estimables antiquaires une mention à laquelle ils ont droit. L'oubli vient vite pour les ouvrages de pure érudition, et les derniers venus doivent à leurs devanciers un hommage qu'ils ambitionneront bientôt pour eux-mêmes. J'ai donc, sur ce point, la conscience en repos, et je latsse à la critique compétente le soin de me faire la part d'originalité qui me revient. Elle me saura gré peut-être de m'être soumis d'avance à son jugement, sans prétendre mesurer mon mérite à ma peine.
Montpellier, ÎO janvier i879.