‹ Histoire de la divination dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 90 sur 149 · LES PLANÈTES ET LES DIEUX · texte numérisé non relu

LES PLANÈTES ET LES DIEUX

{rouge^ feu) on Qfîd^ [bouillant); Jupiter, ^ai^^ (lumineux); Saturne^ ^aNwv {luisdnt)\

L*astrologie leur conserva ces noms justifiés par leur aspect, mais elle ne put que favoriser Tassociation et bientôt ridentification des planètes avec les dieux. La religion chaidéenne était fondée sur ce système ; la mythologie égyptienne 3*en accommoda aisément; la mythologie grecque était assez épuisée pour que Ton se passât de son acquiescement. On ne lui demanda pas d^expliquer comment ses dieux anthropomorphes, qu'elle rassemblait jadis sur TOlympe, pouvaient habiter les planètes et où s'étaient réfugiés ceux qui n'y avaient point trouvé place. Les auteurs grecs s'habituent, depuis le temps de Platon% à dire « l'astre d'Hermès, » « l'astre de Kronos, » etc., et les Romains le dirent après eux, sans songer plus qu'eux à introduire les planètes dans leurs lég^endes mythologiques.

Le nom divin que porte chaque planète est de grande conséquence, car il en caractérise le tempérament physiologique et psychologique. On s'attend, avant tout détail prêa-

lable, à trouver la puissance, la gloire, la fierté dans le Soleil- Hypérion ou Apollon; la grâce sévère, l'imagination rêveuse dans la Lune-Artémis ; l'habileté peu scrupuleuse dans Mercure; les passions tendres dans Vénus; l'impétuosité et la violence dans Mars; la bonté tranquille dans Jupiter; la patience froide et la tristesse dans Saturne. Les astrologues ont surchargé ces caractères de retouches diverses, mais n'en ont pas altéré la physionomie générale '. Nous verrons

1) Voici les sigles qui désignent lei planètes : Q =■ Soleil : O = Lune : Ç = Mercure : 9 ■= Vénus : tf = Mars : V = Jupiter : ^ = Saturne. Sur rorigioe (Je ces sigles, voy. le système de Saumaise. (Salmasius, Plinian* exerciU.j 11, p. 873.) — 2) On sait que, pour l'auteur du Timief les corps célestes tont des dieux secondaires qui créent leurs habitants avec les élé<* ments fournis par le Démiurge. -— 3) Voy. Ptolkm«, I[^ 8; 111» 13. FtaxiCi II, 10.

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plus loin quelles sont les circonstances qui en modifient accidentellement Teffet dans la pratique.

Si l'on veut, sur chaque planète, des détails plus précis, des distinctions scientifiques, l'astrologie y a pourvu. Au point de vue de leur nature physique, les planètes, considérées comme matière, sont : chaudes (© cf ?0 oxifwides (O $ 9 ï)). sèches (© $ c? ï) ) ou humides (O 9 2^); comme êtres animes, elles sont masculines (© ï) ?^cf), féminines {Q 9) ou communes (Ç)'. Certains astrologues n'admettaient qu'un sexje métaphorique et variable, déterminé par la position des planètes relativement au soleil. Pour eux, celles qui se trouvaient à l'orient de cet astre étaient masculines, les autres féminines*.

Les planètes sont encore, par nature, diurnes (© ÏJ' ï>) ou nocturnes (O c? 9)> c'est-à-dire que, selon le terme consacré, elles se réjouissent (gaudent. /«(powi) et exercent leur meilleure influence, les unes pendant le jour, les autres pendant la nuit'.

Enfin, bien que toutes puissent être favorables ou défavorables dans certaines conditions, il en est qui sont plus souvent bienfaisantes, comme î^ 9 © O, d'autres malfaisantes, comme ^ et surtout cf • Mercure affirme une fois de plus son caractère moyen. La bonté do Jupiter était particulièrement vantée. Firmicus prétend que, s'il agissait sans antagonistes, « les hommes seraient immortels *. >

Les influences planétaires ont été, comme celles du Zodiaque, distribuées dans le corps humain, mais non plus suivant un ordre quelconque. Pour donner une idée de ce que se permit la fantaisie astrologique, il suffira de dire que, dans le système égyptien, adopté par Firmicus, le soleil

1) Ptoleu., I, 4. FinmCy II, 10. — 2) Ptoleu , I, 6; III, 6. Cf. ci dessus, {). 210. — 3) Ptolf.u., I, 7. FiRUic, 11, 7. Mcccure est diarne dans son élongatiou orientale, nocturne dans Taulrc moitié de sa révolution. — 4) Firmic , II, lo. Cf. Ptoleii., I, :>. Sex. EMPin. Ihid.^ 30. 40. Plut. De h. ei Osir., 48.

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