DIVINATION MATHÉMATIQUE
Principes de la divination mathématique, -* Les nombres premiers. «- Leur application à la mesure de la vie humaine. — Les années climatériques. — Divination arithmétique par la valeur numérique des noms propres. — Méthodes diverses de calcul : lois générales de Tarithmo* nancie. — Combinaisons de l'arithmétique avec Tastrologie. — Méthode géomantique.
L'astrologie traîne ïiprès elle toute une série de méthodes divinatoires qu'elle a engendrées, ou transformées, ou encouragées.
La divination mathématique, qui se sert « des calculs, des nombres, des quantités élémentaires et des noms*, » n'est pas de celles qui reproduisent le plus fidèlement les procédés astrologiques^; mais, comme les astrologues ont porté longtemps le nom de mathématiciens^ il est bon de rapprocher des méthodes confondues par le langage usuel sous une même dénomination.
Les principes de la divination mathématique, à savoir, les propriétés spéciales des nombres pairs et impairs, et surtout de certains nombres, ont été importés d'Egypte en Grèce par Pythagore, sinon avant lui. Les nombres qui paraissent avoir servi de base aux calculs des mathématiciens, ceux auxquels
i) HippoL. Ref, hsr.f IV, 2. — 2) La chiromancie, dont il est question plus loin, est calquée de plus près sur les thèmes astrologiques. La divination mathématique est à Tastrologie ce que Tarithuiétique est à la géométrie.
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ils attribuaient une puissance mystérieuse, sont 3; 7 et 9. Le premier doit ce privilège à des raisons purement spéculatiyes, comme renfermant à la fois l'unité et la dualité, le plus petit nombre impair et le plus petit pair; l'autre correspond aux sept planètes; enfin, 9 n'est autre chose que 3 élevé au carré.
La vie humaine, selon les mathématiciens, était menée par ces chiffres. On croyait donc pouvoir déterminer à l'avance, par les combinaisons des nombres premiers, sinon la durée absolue de la vie pour chaque individu, au moins certaines périodes distinctes échelonnées sur son parcours et séparées les unes des autres par des années de crise, appelées climatériques (xXifjiaxifipEcxXipiaxTnpixoi ivtauxoC^).
Cette théorie fut appliquée même à la vie intra-utérine. De même que les astrologues U divisaient géométriquement en aspects solaires, les mathématiciens pythagorisants se représentaient l'élaboration du fœtus comme une progression calquée sur les tons de la gamme sidérale.
Il était moins facile de scander la durée si variable de la vie ordinaire. Les mathématiciens ne pouvaient se passer de l'astrologie pour mesurer à l'avance la somme de vie assurée à chaque individu, mais ils se croyaient en mesure de fixer à la vie humaine un cadre moyen et une allure probable. Il fallait d'abord choisir le nombre ou les nombres suivant lesquels seraient ordonnés les climatëres. On ne put s'entendre tout à fait sur ce point. Cependant la division en périodes septénaires est celle qui réunit le plus de suffrages*.
1) Voy. Salx A8iU8. De annis climactericis. — 2) La division de la vie humaine en hebdomades on semaines d'années se trouve déjà dans les élégies de Solon. Selon le poète, Tenfant met ?ept ans à faire ses dents : au tout de sept autres années commence Tadolescençe : la barbe apparaît à la fin de la troisième semaine; puis viennent, à la quatrième, la maturité physique; à la cinquième, le mariage et la famille; à la sixième, la maturité intellectuelle; la septième et la huitième sont i'àge de la sagacité et de Téloquence ; à la neuvième commence la décadence, et Thomme qui atteint la fin de la dixième « n*drrlve
Par conséquent, les années correspondant à 7 et aux multiples de 7 furent considérées comme « climatériques. » Mais, parmi ces années de transition ou de crise, on voulut en distinguer de plus ou moins périlleuses. Les uns notèrent les années produites par les multiplications ternaires de 7 : ainsi 21, 42, 63, 84; d'autres, se fondant sur Tefflcacité spéciale des carrés, ne voulurent qu'une seule année de crise, la quarante-neuvième, obtenue en élevant 7 au carré*.
Les partisans des périodes novénaires, en élevant 9 au carré, obtenaient 81, qu'ils considéraient comme le terme de la vie normale, terme atteint par Platon, Xénocrate, Denys d'Héraclée, Diogène le Cynique et Eratosthène. Ceux qui voulaient concilier les deux systèmes prétendaient que le chiffre 49 était critique pour les individus issus d'une conception nocturne, et 81, pour les conceptions diurnes; ou encore, que le premier marquait une crise pour le corps et l'autre pour l'ame. Il y avait du reste un moyen de combiner les eflFets des deux nombres fatidiques 7 et 9 en les multipliant l'un par l'autre. On obtenait de cette manière une année doublement critique à laquelle on avait donné le nom d^Androdas^ c'est-àdire « qui dompte les hommes. » Les adeptes de cette théorie faisaient remarquer que plusieurs hommes célèbres, entre autres Aristole, étaient morts à soixante-trois ans.
Mais toutes ces hypothèses ne sortent pas du calcul des probabilités, et elles pouvaient d'autant moins satisfaire les amateurs de solutions pratiques que les théoriciens, prétendant raisonner sur des faits sans les avoir observés, ne parvenaient pas à se mettre d'accord, même sur des calculs moins mystérieux, tels que l'évaluation de la vie moyenne ou de la durée maximum de la vie humaine».
pas avant l'heure à Téchéancc de la mort. » Solon> fragm. 27. ap. Th. Bergc, Lyrici grxci, — i) Voy., sur toutes ces question?, l'ouvrage de Cbnsorinos, De d'.f' natali, — 2) Abréviation de (iv8poddt|xaç. — 3) Voy. Censcrin., 17, 4.