CARACTÈRE SURNATUREL DES SONGES
tateur aussi crédule dès que le sommeil Ta enlevé àla vie consciente. On ne pouvait admettre que les songes fussent pro-^ duits par des impressions extérieures, puisqu'ils sont d'ordinaire en contradiction avec la réalité présente ou même avec les lois connues de la nature, et que, d'ailleurs, les sens engourdis paraissent incapables d'ouvrir, à ces impressions leur accès accoutumé. Si la cause de phénomènes aussi mystérieux ne se rencontrait ni dansl'àme, ni dans les objets extérieurs, où pouvait-on la chercher, sinon dans ce monde surnaturel où l'esprit humain a toujours trouvé sans peine la solution des problèmes les plus désespérés? Pris dans son ensemble, le monde antique n'a jamais douté un seul instant que les songes ne fussent suscités dans l'âme par une influence divine*, Ce point acquis, il restait encore à examiner pour quel motif les dieux jouaient ainsi, ,devant l'âme enchaînée, des drames qui seraient ridicules s'ils étaient inutiles. La question fut résolue partout de la même manière, c'est-à-dire que, posée en ces termes, elle ne comportait qu'une solution. Ladi^inité, en agissant ainsi, ne pouvait avoir qu'un seul but, parler à l'âme, soit pour lui faire connaître sa volonté, soit pour lui révéler ce qu'elle devait savoir afin de régler ses actes sur les desseins de la Providence. Les songes étaient donc autant de communications surnaturelles, faites en langage symbolique, qui devenaient intelligibles après avoir été interprétées suivant certaines règles.
L'oniromancie qpmprend, par conséquent, deux opérations successives, l'observation des signes, ou oniroscqpie proprement dite, et leur interprétation ou onirocritique.
La première, bien que soustraite à l'action directe de la volonté, peut cependant être préparée ou facilitée par cer-
\) Li foi religieuse eût accordé bien dayaatage : car il nVst pis de religion qai n'admette que, rôême à Tétat de reille, notre imagination, connire notre volonté môme, paifse être mise en jeu par des êtres surnaturels.
tains procédés artificiels; l'autre est toute de convention et constitue une science dont les principes mêmes peuvent être différents, suivant les temps et les pays.
Nous allons étudier l'oniromancie, sous ce double aspect, telle qu'elle nous apparaît dans l'histoire et la littérature des Hellènes.