‹ Histoire de la divination dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 66 sur 152 · DIVINATION PAR LES ACTES INSTINCTIFS DE L'HOMME · texte numérisé non relu

DIVINATION PAR LES ACTES INSTINCTIFS DE L'HOMME

§ I. — Cléognomancie ou divination par la parole instinctive. — Acception technique du mot clédone, — Le clédonisme dans VOdysaée, — Clédonisme étymologique appliqué aux noms propres. — Mots heureux ou malheureux.— Oracles clédonomantiques. — Le clédonisme et les sorts.

S II. — DiviNATioH PALMiQUB, par les tressaillements involontaires. — L'étemuement interprété dans VOdyasée, — Origines probables de la science des éternuements ou ptarvioscopie, — Traités de la divination par les tressaillements.

Toute la théorie de la divination conjecturale repose, en définitive, sur la croyance à l'intervention providentielle servie par des instruments dociles. Cette action surnaturelle doit être nécessairement étendue à Tliomme lui-même considéré non pas comme être libre et intellii^gent, mais comme un instrument plus parfait que les animaux et plus capable de donner à la pensée divine une expression intelligible. La mantique par inspiration intérieure, dans laquelle la révélation est reçue directement par l'âme et par le langage humain, était au bout de cette croyance. Mais, avant d'arriver à cette conception hardie qui suppose un influx énergique de la volonté divine dans Tâme dépossédée de son initiative et de sa liberté, jetée dans un état anormal qu'on appelait enthousiasme, délire ou extase, l'imagination hellénique se contenta longtemps d'un moyen terme, d'une méthode dans laquelle l'homme, supposé conduit à son insu par une sollicitation discrète des dieux, est observé par le dehors, au même titre que les animaux mantiques. C'est une méthode vague, mal définie, comme toutes celles qui ne sont pas arrivées à dégager leur principe de tout mélange avec des idées hétérogènes.

Il faut d'abord mettre à part tout ce qui, dans la divination

anthropologique, revient à ce groupe illimité de phénomènes fortuits appelés « rencontresou symboles» d^où rienn'estexclu. Il était de mauvais augure de rencontrer un individu repoussant ou hideux, ou infirme, un eunuque, un nègre, comme d*apercevoir un animal funeste ou de commencer une entreprise un jour néfaste. Nous n^avçns à considérer que les présages tirés des actes humains en tant qu'ils sont considérés comme déterminés par un instinct providentiellement dirigé. Ces actes se ramenaient à deux catégories, actes intellectuels dans lesquels l'instrument divin est le langage, actes ou émotions physiques qui consistent en quelque ébranlement involontaire des organes. L'interprétation des actes intellectuels constitue la Clédonomancie^; celle des émotions physiques, la science des tressaillements ou palmique* : la première recommandée par sa haute antiquité, la seconde créée, ou tout au moins développée, par l'esprit superstitieux de la décadence.

§ I. — CLEDONOMANCIE.

La clédonomancie grecque est plus compréhensive encore et plus difficile à systématiser que la divination ominale des Romains dont elle est le modèle «. Aussi serons-nous obligé de la restreindre à ses éléments essentiels pour la faire entrer dans le plan général que suit notre analyse.

La révélation par des voix surhumaines^ qui se font entendre aux oreilles ou qui se glissent, en quelque sorte, jusqu'à l'àme, sans passer par les sens, ne fait pas partie de la divination conjecturale, ni, par conséquent, de la clédonomancie proprement dite. C'est la parole directe de

1) KXr,$ovoji3ivTs{a — xXr,ooviajA6ç — xXr,$ovwnx/^. — 2) DoXtJitx^v — naX]A0xtx6v. — 3) Voy., vol. IV, la Divinalion ominale des liomaitis. Le mot grec xXijôwv équivaut ici ixacteinenl au mot latin omen, pris dans le sens res'.reiul. — 4") '0;if a( — ^wxi — ?<pi.

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