IV. — COMBINAISON DES SIGNES ET DES PLANÈTES DANS LE ZODIAQUE
Domiciles ou maisons des planètes : système chaldéen : système égyptien. — ■ Répartition irrégulière des horia ou sous-domiciles planétaires. — Système des clécans substitués aux horia. — Système de Dorothée de Sidon — Distribution des planètes dans les trigones zodiacaux.
Il faut savoir d'abord que chaque planète s'est choisi, dans un des signes du Zodiaque, une maison (otxoç, 5épç, domus), où elle se retrouve toujours avec plaisir et où elle possède sa plus grande énergie7. Les Chaldéens logeaient Saturne dans le Verseau, Jupiter dans le Sagittaire, Mars dans le Scorpion, Vénus dans le Taureau, Mercure dans la Vierge, parce qu'ils plaçaient dans ces signes la culmination des
1) Firmic, II, 10. Cf. Sex. Eîipiric. Ibid., 31. — 2) Finuir.., VI, 2-8. — 3) Firm., VI, 9-15. — 4) Fjru., VI, 2:?. — 5) Firm., VI, 16-22. — 0) Firm., VI, 23. — 7) Firm., Il, 3. Doroth. Sidon, Fragm. {h oU yx'.oo\>i'. -ctacç o' y.ixioz:).
planètes, autrement dit, l'intersection de leur orbite avec l'équateur. Le Soleil et la Lune n'avaient sans doute pas de maison particulière. Ceux qui voulurent leur en assigner une placèrent le Soleil dans le Bélier, et la Lune dans le Taureau, après avoir transporté Vénus dans les Poissons1. C'est la une retouche qui a dû être faite par un astrologue grec, préoccupé de mettre le Soleil dans le premier des signes masculins et la Lune dans le premier des féminins. Vénus- Mylitta se trouvait en pays de connaissance, au milieu des poissons de l'Euphrate.
Ce système a cédé le pas a un autre, plus symétrique et plus complet, qui avait l'avantage d'utiliser les douze signes. Ce système, de fabrique égyptienne, avait la prétention de reproduire l'aspect du ciel à l'origine du monde, car l'horoscope de l'univers naissant avait été révélé par Hermès à Esculape et Anubis, qui l'avaient transmis à Néchepso et Pétosiris2. Lors donc que le branle fat donné à la sphère, la Lune se trouvait à l'horoscope, c'est-à-dire à l'orient, dans le plan de l'horizon, et correspondant au quinzième degré du Cancer3. Apres elle, venait le Soleil, placé de même au milieu du Lion, puis Mercure dans la Vierge, Vénus dans la Balance, Mais dans le Scorpion, Jupiter dans le Sagittaire, et Saturne dans le Capricorne.
Là furent désormais les domiciles élus de ces astres*. Comme il restait encore cinq signes inoccupés, on groupa symétriquement les cinq petites planètes de l'autre côté du Soleil et de la Lune, qui occupèrent le milieu du cortège. Mercure eut donc un second domicile dans les Gémeaux,
1) Voy. Imrmic. Ibid. Il resto les traces laissées p ir la théorie des maisons dans la composition de certains noms chaldéeus et assyriens (Movers, Phoni:., I, |». t66.) — 2) Firmic.,111, I, 2. Macrob. Somri. Scip., I, 21, 21-27. Si.\. Kmimiuc. Ibid., 31. — 3) "Voy. Barthélémy, Remarques sur quelques médailles de l'empereur A ntonin, 177.i. (Mû m. de l'Acad. des Inscript., XLI, p. 501-522.) — I Voy. Ptolem., I, 18. Si.nv. Georg., 1,33.
DOMICILES PLANETAIRES 231
Vénus dans le Taureau, Mars dans le Bélier, Jupiter dans les Poissons, et Saturne dans le Verseau. On abandonnait ainsi le principe chaldéen : « chaque astre a une seule maison1, » mais on obtenait une ordonnance plus régulière2 et on faisait coïncider à merveille deux nombres, 7 et 12, celui des planètes et celui des signes, qui semblaient n'avoir pas de commune mesure.
L'ordre dans lequel les astrologues rangeaient les planètes a dû varier avec l'état de la science astronomique. Il n'est pas douteux qu'il ne soit resté longtemps conforme à l'ordre des maisons, et on le rencontre tel dans les écrits de Platon, le fidèle disciple des Égyptiens3. Des notions plus exactes sur les distances respectives de ces astres à la terre firent enfin établir l'ordre qui, depuis Ptolémée, fit loi en astrologie. Ce classement n'avait pas besoin d'être recommandé aux savants. Il fut accepté des ignorants pour d'autres- raisons. On fit remarquer qu'il reproduisait exactement le cours de la vie humaine, la Lune correspondant à la première enfance, Mercure au jeune âge, Vénus à l'adolescence, le Soleil à la jeunesse, Mars à l'âge viril, Jupiter à la vieillesse, Saturne A la décrépitude*. Mais on ne dérangea pas pour cela Tordre des cases qui, séparé de sa raison première, passa à l'état d'arcane révélé. L'assignation des maisons zodiacales aux planètes lançait l'imagination sur une pente facile. Les astrologues déterminèrent avec soin, pour chaque planète, quelle était son influence dans sa propre maison et quelle dans la maison d'autrui, c'est-à-dire dans chacun des douze signes5. Dans la maison d'autrui, il fallait tenir compte, d'abord, de
i) Uorotii. Sidon. hoc. cit. — 2) Il y eut ainsi six maisons dites solaires, en parlant du Lion et descendant la sér'e des signes, et six maisons lunaires, en remontant à p irtir du Cancer. — 3) Plut. Placit. phil., II, 1o. — 4) Ptoleu., IV, 9.— 5) Maneth. Apolelesm., lib. I. Firmic, V, 3-IG. L'horoscope est d'autant plus heureux qu'il compte plus de planètes dans leur domicile propre. (Firmic, II, 24.)
l'influence propre du signe, puis des rencontres qu'y pouvait faire la planète, des secours ou des oppositions qui venaient l'y chercher. Il était important de savoir en quels termes elle était avec le maître de la maison, si celui-ci se trouvait chez lui, ou venait d'en sortir, ou allait y rentrer. En tout cas, il fallait no pas négliger la théorie des domiciles partiels que nous allons essayer do rendre intelligible.
Ce qui a été exposé jusqu'ici n'est, en effet, que le commencement des combinaisons avec les signes. Dans l'intérieur de chaque signe, on traça des divisions limitées (<\ota), régulières ou irrégulières, qui constituèrent de nouveaux domiciles planétaires1.
Les Grecs, toujours occupés à simplifier le chaos où les Égyptiens et les Chaldéens s'enfonçaient à plaisir, voulurent des divisions régulières. Ils s'en tinrent aux dêcans du Zodiaque, qui devinrent les sous-domiciles des planètes2. Seulement, les planètes y furent rangées dans un ordre incompréhensible qui, partant de Mars, descend, par le Soleil, Vénus, Mercure, jusqu'à la Lune, remonte ensuite au plus haut des cieux jusqu'à Saturne, et rejoint Mars par Jupiter. C'est donc Mars qui ouvre la marche dans le premier décan du Bélier; et, comme 36 n'est pas un multiple de 7, c'est lui qui la ferme au trente-sixième décan, troisième des Poissons.
Il y en eut qui subdivisèrent chaque déçanen trois parties, de manière à loger dans chaque signe neuf puissances qu'ils appelaient « synergiques, » avec la prétention de subdiviser encore ces subdivisions en une infinité de parties remplies de froids, de fièvres, etc:!... Cette méthode, qui rompait avec la division normale du cercle en degrés, fut rejetée comme trop subtile.
Les Grecs acceptèrent pourtant avec docilité des systèmes
i) Doroth. Sidon. Fragin. {-zy. ôptav). Kumii . Il, (i. Se*. Ejîpir. //m/., r$7, — %) Fjbmic, II, ï. — :t) Firmic Ihi'L