PROCEDES ET ESSAIS DIVERS
de ces êtres surnaturels est plutôt de celles qu'on redoute et contre lesquelles on cherche à se garantir. La mantique intimidée a cédé ici la place à la magie. Celle-ci fournissait des formules et des sacrifices pour apaiser les tempêtes. Corinthe entretenait des âvejtqxoïrot4, etEmpédocle fit, en ce genre, des merveilles. A Méthana, en Argolide, on se servait d'un coq blanc, immolé et partagé en deux moitiés, pour écarter des vignobles en fleur le vent desséchant du sud-ouest2: à Cléones, l'Etat commettait à la surveillance des récoltes des « gardiens de grêle (xaXaSo<p6Xaxeç)3. »
A plus forte raison, les manifestations de l'activité tellurique, les vapeurs, les eaux chaudes4, les éruptions volcaniques, les tremblements de terre inspiraient-ils un respectueux effroi. Parmi ces phénomènes, ceux qui avaient un caractère accidentel étaient interprétés à titre de prodiges3, les autres pouvaient servir indirectement a la divination, en fournissant les agents mystérieux du délire prophétique.
La divination météorologique n'a été, en Grèce, que la préface de l'astrologie, qu'elle contenait virtuellement au temps où la science encore naïve croyait les astres mêlés à notre atmosphère et nourris des exhalaisons terrestres. C'est l'astrologie qui a reculé, aux yeux des Grecs éblouis, les bornes du monde et celles de la science divinatoire. Au-dessus de notre sol, au-dessus des nuages, plus haut même que le séjour des dieux olympiens, brillent les feux éternels qui, toujours semblables a eux-mêmes, n'ont aucune solidarité apparente avec les désirs mobiles de l'homme et avec les détours sinueux de
i) Hesych., s. v. Eostath. ad Odyss., X, 22. — 2) Pausan., II, 34, 2. — 3) Plut. Quxst. conviv., VII, 2.2. Senec Quxsl. Nal., IV, G. Cf. les vsçeXoStwxxai dont parle Justin (Qwest, ad orlhogr., 31.) — 4) Une légende voulait que les sources thermales fussent formées des larmes de<Titms ensevelis sous la terre: les chrétiens dirent plus lard — des anges déchus. (Orig. Contra Cels . , V, o2.) — 5) On attribuait à Hermès Trismégiste ou à Orphée un poème didactique niç\ «i<i[MÔv, dont ;1 res'e un fragment. (Lobeck, Aglaoph., p. 382.)
sa destinée. Les religions, après avoir divinisé le soleil et les planètes, en laissant indécis le rapport qui les unissait à leurs personnifications anthropomorphes, s'étaient arrêtées hésitantes en face des étoiles. La philosophie naissante, obéissant à l'impulsion secrète qui lui venait de l'Orient, fixa tout d'abord son regard sur la voûte céleste. Thaïes n'y trouve encore rien de l'homme et n'attache aucun pressentiment à ses calculs astronomiques; mais déjà Pythagore entend la musique harmonieuse des sphères, réglée par la même tonalité que la musique humaine; il découvre dans l'âme une harmonie analogue, et enveloppe ainsi dans les mêmes lois l'infiniment petit et Pinfiniment grand. Il peut y avoir désormais un lien, une sympathie, une affinité cachée entre les corps célestes et l'homme ; l'astrologie chaldéenne va venir et apprendre aux Hellènes, curieux de nouveautés, quel est le rapport mystérieux établi par l'harmonie universelle entre l'arrangement des astres et la destinée humaine.