L. Antonius Saturus
Julius Victor
ADDENDA ET CORRIGENDA"
I, p. 3, note 1. — MavTiîoî, qui signifie art ou science divinatoire, et jAovTOff^JvTi ou don de divination, sont des termes qui ne correspondent pas exactement au mot latin divinatio, celui-ci désignant la révélation objective ((xavTc^a). Pour traduire {lavxix^, et mieux encore (iavT09ûvi], les Latins de la décadence emploient divinitas. Jupiter Tirestœ divinitatem concessit (FuLG., MythoL II, 8). Il y avait longtemps, du reste, que par une extension naturelle de son sens propre, divinus avait pris le sens de devin (Lucret., I, 732. III, 15. Hygin., fab. 118, etc.)
P. 23 sqq. — Dans sa remarquable thèse De vatidnatione vaiicinantibusque personis in Grœcorum tragœdia, [Paris, 1879] M. E. THOMAS conteste qu'Eschyle se soit fait sur la fatalité une opinion arrêtée et conséquente. 11 trouve dans le Prométhée le Destin tantôt soumis, tantôt supérieur àZeus, et tantôt confondu avec lui (op. cii. p. 15). Eschyle peut n'être pas un grand métaphysicien ; mais il n'est point homme à se contenter, sur un sujet qui lui tenait tant à cœur, d'idées aussi flottantes. M. Thomas ne distingue pas assez entre deux conceptions distinctes, dont Tune s'en va et l'autre grandît. Ce qui s'en va, c'est la fatalité irrationnelle ; ce qui grandit, c'est la fatalité qui s'impose à l'intelligence suprême, liée par sa propre sagesse, c'est le déterminisme absolu dont les métaphysiciens modernes ne parviennent pas non plus à dégager leur Être suprême. Voilà la fatalité qui s'identifie avec la volonté de Zeus, vainqueur du Destin aveugle.
[*] En fait de corrections et surtout d'additionSy on se bornera à Tiadispensable ; l'auteur veut résister jusqu'au bout à la tentation de laisser rentrer dans rouTrage ce qu'il en a éliminé de parti pris, c'est-à-dire les rapprochements de toute sorte entre la divination en usage dans le monde gréco-romain et les coutumes aoalognet des autres peuples.
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P. 25. — Dans Eschyle, rax^vicop, ou génie du mal attaché à une famille, enchaîne les vengeances et les crimes en une série ininterrompue : mais la culpabilité première ne se transmet pas comme dans la doctrine chrétienne du péché originel, et, à ce prix, la morale est sauve. La solidarité des générations suppléait en Grèce à la foi en Timmortalité de Tâme. L'expiation, qui ne pouvait s'achever dans une autre vie, se poursuivait sur terre dans ce qui restait de la personnalité du coupable, c'est-à-dire dans sa famille. Sophocle s'occupe le moins qu'il peut de ces problèmes. Il abandonne et combat même {Electr. 491 sqq. 561 sqq.) la théorie de l'àXioTtDp. Il se borne à affirmer, pour la plus grande consolation de tous, que la Justice habite avec Zeus (Œd. Col. 1382. Antig. 451). Il évite aussi de mettre ses personnages aux prises avec des oracles directs, « autophones». Il emploie de préférence des devins pro>phétisant par induction, et dont on peut contester la clairvoyance.
P. 45. — Sur le démon de Socrate, voy. les pages ingénieuses que consacre à l'examen de cette aberration mentale Y. Egger, La Parole intérieure^ Paris, 1881, p. 141-161. On trouve dans Ed. Zeller, Die Philosophie der Griechen^ IP, 1, p. 69-84, une discussion serrée de toutes les données du problème. L'auteur conclut que Socrate croyait bien porter en lui une sorte d'oracle intérieur, ayant pour fonction unique de lui faire pressentir le résultat futur de ses actions, ce à quoi la raison ne suffit pas.
P. 129. — La supériorité physique de l'oiseau de proie suffit pour le recommander spécialement à l'attention du devin, et l'on a pu trouver trop subtile l'explication complémentaire tirée de son régime. Cependant, la légende revient sur ce point avec une sorte d'acharnement. Elle rapporte, entre autres contes, que le corps de la sibylle, dévoré par les oiseaux du ciel ou changé en herbe mangée par les animaux terrestres, a communiqué à tous ceux qui y ont goûté la faculté divinatoire (Plut., Ser, num, vind. 22. Clem. Alex., Strom. I, § 70). C est une explication mythique de la prescience chez les animaux, et elle fait la part belle aux carnassiers.
P. 131, note 5. — Lisez Pausan., X, 6, 1.
P. 196. — La table d'Attalia permettait cinquante- six (et non 53) combinaisons. Ces sorts ont été traduits et rapprochés de sorts disposés à peu près de même façon, par C. Chabaneau, Les Sorts des ApôtreSy texte provençal du XIII^ siècle etc. [Rev, des l, romanes), Montpellier, 1881. On peut ajouter à la table d'Attalia le débris d'inscription trouvé à Colosses {KA,iBEhyEpigr, ex lapid. con/^cm, 1091).
P. 200. L'autel de Zeus Astrapseos était sur le mur d'enceinte, entre l'Olympiéon et le Pythioa, et VHarma dont il s'agit est un pic
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da Pamès, qai avait une vague ressemblance avec un char (%«). Le texte cité (Strab., IX, 2, 11) donne tous ces renseignements.
P. 255. — Une des plus curieuses théories chrétiennes sur l'astrologie est celle de Clément d'Alexandrie. Il admet que la fatalité gouverne les païens, et la Providence les chrétiens. L'astrologie est véridique pour les non-baptisés ; la destinée des autres lui échappe. (Clem. Alex., Excerpt. ex Theodot. § 69-78).
P. 337. — La magicienne qu'emploie Sextus Pompée dans la Pharsale ressuscite le mort dont on va tirer des révélations. C'est plus que de la nécromancie ordinaire, qui n'exige pas la réintégration de l'âme dans le corps revivifié. Servius, qui improvise volontiers des classifications, propose de réserver à la divination par résurrection le nom de Nékj/omancie, en appelant sdomancie l'évocation ordinaire des ombres ou âmes. Duo enim horum sacrarum gênera fuisse dicuntur, unum Necyomantise, quod Lucanus exsequitur^ alterum sciomantise... Secundum Lucanum^ in necyomantia ad eUvann dum cadaver sanguis est necessarius,.. In sciomantia vero, quiaumbrsc tantum est evocatio, suffkit solus interitus (Serv., ^n. VI, 149). Il serait facile, avec la riche terminologie grecque, de pousser plus loin la distinction : mais il est plus qu'inutile d'introduire dans l'histoire des systèmes qui n'ont rien d'historique.
P. 338, note 1. — Ajouter à la liste des synonymes désignant les ventriloques le mot 9iEpvo(i(£vTei(, employé par Sophocle (Suidas,
s. y,f 'EyYaaTpfjiuOoi).
P. 339. — On trouve indiqué, parmi les manuscrits grecs de Naples, un traité nep\ Xexavo(iavrc{a( {Cod. Grxc. Bibl. Borbon. N« 92, p. 234-240.)
P. 359. — Les prêtres d'Apollon auraient été sans doute embarrassés d'établir sur un argument théorique le droit d'Apollon au monopole de la mantique enthousiastQ. L^argument fut trouvé plus tard, par des « physiciens » qui oubliaient un peu trop le rôle des sources dans la mantique apollinienne. Sol enim, ut aiunt physicif mens mundi, nostras mentes ex sese velut scintillas diffunditans^ eum eas incenderit vehementius futuri conscias reddit. Unde Sibyllx se dicunt ardere torrente vi magna flammarum (Amm. Marcell., XXI, 1, 11).
II, p. 80 sqq. — Ajouter à la série des devins de l'époque historique :
Thémistéas^ qui assistait Léonidas aux Thermopyles (Plut.,
Apophth. Lacon, s. v.).
Cléandros de Phigalie (Herod., VI, 83).
Abas, assistant de Lysandre à la bataille d'iEgos-Potamos (Pausan., X, 9. 7).
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Arexion d'Arcadie (Xenoph., Anab., VI, 4).
TéiénikoSy qui figure dans les listes exposées au Céramique, parmi les morts de la tribu Érechthéide (C. I. GRiEC, n. J65). Théodotos^ devin de Pyrrhos, le roi d*Epire (Plut., Pyrrh, 6). Euxénos, fils de Daximos (Anactorion. C. I. Gilec, 1793* add.). Bios, fils d'Agasidamos (Am brade. C. I. Gilec, 1798). P. 280, note 2. — Effacez Iliad, X, 496.
II, p. 199. — L'attention a été dernièrement attirée sur les chants sibyllins par A. Chr. Bang, Voluspa od de Sibylke Orakler. Christiania. 1879. (trad. allem. par Pœstion.Wien, 1880). M. Bang estime que la Volicspa a été composée sur le modèle des livres sibyllins et avec la même pensée, celle de faire prédire par les anciens dieux leur propre déchéance.Voy. l'analyse de Touvrage, et des arguments produits pour et contre la thèse, par E. Beau vois, dans la Revue de Vhisioire des religions (IV, p. 74-80).
P. 104, note 1. — Les « oracles de Laîos » avaient évidemment de la notoriété : on représente toujours le héros comme très au courant des prophéties (Sophocl. Œd, /?. 907. Pausan., IX, 26, 3).
P. 218. — Au temps où Lycurgue devient ou redevient dieu, un IÇriYTi'riiç Twv AuxoupYÊîwv (C. I. Gr^c, 1364**) est parfaitement assimilable aux interprètes des oracles. Cf. les lnt(jLsX7]ia\ ^£ou Auxoi^p^ou [ibid. 1341).
P. 222, note 5. — • Il est évident que Plutarque parle de Diopeithès comme d'un Spartiate; il Test moins qu'il faille admettre, sur sa foi, deux homonymes contemporains. L'ami de Nicias était aussi un « xPi^jp^^^Yoç ^> 6t les comiques se moquaient de sa crédulité encore plus que, de son fanatisme (Schol. Aristoph., Av, 988).
P. 253, lig. 22. — Il y a là une inadvertance déjà rectifiée (vol. m, p. 163, 3), et quatre lignes à supprimer. C'est à Athènes qu'on rencontre le culte de Gsea Olympia et la légende de Deucalion.
P. 277, note bibliographique. — Au lieu de lo. Sibranda. lisez D. ^Ebinga: ajoutez G. F. Unger, Ueber die Entstehung des Cultus von Dodona (Philologus, XXIV [18661, p. 392-406). M. Unger essaie de démontrer que Dodone est une colonie de Pélasges Tyrrhéniens, autrement dit, d'Etrusques : thèse bizan'e, étayée sur des arguments fragiles.
P. 328,note 1 .— Au lieu de 160 avant notre ère, lisez : de notre ère.
III, p. 108. — L'auteur, parlant du danger que faisait courir à Toracle de Delphes le culte d'Héraklès, a oublié le principal argument à l'appui de sa thèse^ à savoir, la légende de l'Héraklide Aristodémos. «On dit, écrit Pausanias, qu'Aristodémos mourut à Delphes avant que les Doriens ne fussent descendus dans le Pélo-
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ponnfese. Ceux qui veulent donner un grand air à sa biographie disent qu'Aristodémos fut tué à coup de flèches par Apollon, parce qu*au lieu de venir à son oracle, il avait demandé d'abord à HéraklèSf qu'il avait rencontré, comment aurait lieu la descente des Doriens dans le Péloponnèse (Pausan., III» 1, 6).
P. 126. — Il faut compter parmi les moyens de coercition employés par Toracle de Delphes l'interdiction de le consulter (Pausan., V, 21, 5).
IV, p. £08. — Rétablir la note 6 : Cic, Divin., II, 35.
P. 283. — Le paragraphe relatif aux augures municipaux ne contient que ce qui intéresse directement la divination. On en a rejeté tous les détails concernant l'installation des prêtres, les sommes versées par eux à titre de gratification, pour ne pas greffer une digression inutile sur les digressions nécessaires auxquelles a déjà entraîné l'histoire des collèges romains.
P. 322. — On lira avec fruit, pour s'édifier sur les soucis que créent les présages et les devins au chef d'une armée peu disciplinée, VAnabase de Xénophon (surtout IV, .4. 5).
INDEX GÉNÉRAL
ta ddffrti ramaios iodiifvent U volume, et 1m ohiffrM anbM Upage. Vattéri^que ùgnûi, tatra phuito» patMgM, otloi ^ «i trtiU plu ipéeialMMtat à» la ^o«*Um.
Abœ, oracle d'Apollon, III, 209 sqq.
consulté par Grésus. 21 1 .
Abaris, chresmologue,!, 371.11, 117:
visite Délos, 118 : ses y^TjapioC
Zxu6txo(, 119.
Abeilles à Lébadée, I, 146. 111, 323.
Abonotichos (voy. Alexandre d'Abo-
notichos).
Abvdos (Egypte), oracle d* Antinous,
Iil, 356 (voy. Besa et Antinous). Acaman, Mélampodide, ancêtre des
devins d'Acarnanie, II, 29. 72.
Acbœcaros, devin, U, 89.
*Ayato(idvTctç à Gypre. II, 45.
Acnaraca^ oracle plutonien. H, 373.
Achéloos, son culte recommandé à
Dodone, U, 292. 304.
Ackeruntici Ubn, IV, 8. 9. 64.
Achinapolus , astrologue , invente
Thoroscope des conceptions, 1, 249.
Adonis, son culte à Athènes, III, 374.
Adrastœa, oracle d*Apollon AktœoSf
Adrotta, oracle de Machaon, III, 347.
iEana (voy. Eana).
iEgira, oracle de Gœa, II, 254.
jElia et Ihxfia (lois), sur Tobuoncia-
tion, IV, 254.
JSmilia Lepida, son procès, IV, 328.
JSsakos, devin héroïque, I, 293. D,
iEsymnos à Delphes, ni, 126.
Agélochos, devin lamide, II, 67.
Ages (mythe des quatre), II, 249.
Agésias, devin lamide, II, 70.
Agîas, devin lamide. II, 67.
Aglibolos, m, 408 (voy. Jaribolos).
Agrippa, chasse de Rome les astrologues, IV, 325.
Agrippa (p9eudOH9ibylle)| II, 194.
Agyries, charlatans et devins, I, 374.
Il, 85.
Aigle, messager de Zeus, 1, 126. 133.
Aius Locutius, IV, 131.
* Aïx, personniQcation des chèvres à
Delphes, 111, 73.
Ajournement des échéances fatales,