AI. Tel, I
Histoire de la domination normande. II. — CnaLanDox.
veau succès de Roger ne fut dà, au dire de son biographe, qu’à la seule terreur inspirée par son nom.
Ainsi, pour la première fois depuis la conquête, toutes les prin-
cipautés fondées par les Normands se trouvèrent réunies, et Roger IT fut maître de toute l'Italie du sud. La réunion du principat de Capoue au duché de Pouille, détruisant au profit de Roger II l'équilibre politique que les papes avaient cherché à établir, aurait certainement suscité de véFémentes protestations de la part de la papauté, si celle-ci n'avait été réduite à l'impuissance par le schisme, qui avait éclaté au mois de février 1130. Les événements dont Rome fut alors le théâtre favorisèrent singulièrement le duc de Pouille, en lui permettant d'exécuter ses ambitieux projets sans rencontrer du côté de la papauté la moindre résistance. Par une heureuse fortune, les embarras, que suscitait à Lothaire la compétition de Conrad, récemment accueilli par Les Milanais, rendaient également impossible l'intervention impériale dans les affaires de l'Italie méridionale; ainsi au moment même où Roger IT atteint le plus haut période de sa puissance, il n’a à redouter ni l'Empire, ni la Papauté.
La réunion dans une même main de toutes les possessions normandes faisait de Roger un des plus puissants seigneurs de l'Europe. Il lui parut que le titre de duc de Pouille n’était plus suffisant et il ambitionna de prendre le titre de roi. Pour réaliser ce désir, Roger mit à profit le schisme qui déchirait l'Église ; aussi pour comprendre la politique normande vis-à-vis de la papauté, convient-il d’insister sur les événements qui se produisirent à Rome, après la mort d'Honorius IT, à la suite de la double élection d’Anaclet IT et d'Innocent IT.
On a fait à Roger II un grief d’avoir soutenu Anaclet IT, considéré comme ayant été élu contrairement aux canons ecclésiastiques; ce reproche est-il fondé?
On sait combien a varié la discipline de l'Église touchant les élections pontificales. A l’origine, tout le peuple de Rome avait
1. Cf. Zoepffel, Die Papstwahlen, p. 278 et suiv. Bernhardi, op. cit., p. 269. Vacandard, Vie de saint Bernard, t. I, p. 276 et suiv. Mülbacher, Die streilige Papshwahlen des Jahres 1130 (Innsbruck, 1876), in-8°.