‹ Histoire de la domination normande en Italie et en SicileChapitre 344 sur 742 · INTRIGUES DE MANUEL COMNÈNE AO · texte numérisé non relu

INTRIGUES DE MANUEL COMNÈNE AO

avait été Le théâtre pendant les dernières années de Guillaume I", et l'on n’a point oublié le rôle Joué par les envoyés de l’empereur grec à Venise et auprès des villes lombardes; on se ‘appelle, enfin, que les émissaires du basileus s'étaient de nouveau installés à Ancône !. L'activité déployée par les Byzantins avait inquiété Barberousse, qui, en lançant les Hongrois à l'attaque de l'empire grec, a cherché évidemment à créer une diversion favorable à ses intérêts ?. Nous savons, d'autre part, que, en 1166, une ambassade fut envoyée à Constantinople par l’empereur allemand”. Les envoyés de Frédéric étaient chargés, semble-t-1l, non pas d’amener le basileus à une entente, mais d'exiger sa soumission aux volontés de Barberousse *. De tout ceci, il semble résulter que, en 1166, l’empereur allemand est très mécontent de l'attitude prise par Manuel dans les affaires d'Italie. Celui-c1, en effet, a cherché à profiter des difficultés que rencontrait Alexandre IT dans sa lutte contre Frédéric pour assumer le rôle de protecteur de la papauté. Cette tendance est visible dès les premiers mois de l'année 1166 ; à partir de cette époque, nous voyons, en ellet, le basileus s'ingénier à faire disparaître les difficultés qui ont séparé Rome et Constantinople. Dans un concile tenu dans sa capitale, en avril 1176, Manuel cherche à user de son autorité pour faire trancher dans le sens de l'interprétation romaine diverses questions de dogme ÿ. En outre, plusieurs écrits, rédigés vers cette même époque, nous montrent que, à Constantinople, on a sérieusement alors envisagé la question de la réunion des Églises 6. Cette

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2, Continuatio Zwetlensis prima, dans M.G.H.SS., L. IX, -p. 598, ad an. 1166; Contin. Admunt., dans M.G.HLSS,., t. IX, p. 583. Cf. Kap-Herr, op. cil., pp. 81 et suiv.

3. Kinnamos, VI, #4, p. 261; Ragewin, App., ad an. 1167, dans M.G.ILSS., t. XX, p. 342.

4. Jean de Salisbury, Epist., n° 145, dans Migne, P.L., £. 199, col. 133-134. Cette lettre se rapporte évidemment à cette ambassade puisqu'il est question de la mort récente du roi de Sicile. À mon avis, Kap-Herr, op. cil., p. 66, place cette lettre beaucoup trop tôt.

5. Zachariae a Lingenthal, Jus Græco-romanum, &. HE, p. #85; Mai, Script. vet. nova collectio, IV, 1; Kinnamos, VI, 2, p. 251; Nikétas Choniatès, VII, 5, p. 275.

6. Cf. Andronic Kamateros, dans Hergenrôther, Photios, t. IT, p. 808 et suiv.; voir Norden, op. cit., p. 93.

question, d’ailleurs, sortit bientôt du domaine dela théologie pour entrer dans celui de la politique. Très probablement, c'est à ce sujet que l'archevêque de Bénévent fut chargé d'une mission à Constantinople !, car bientôt nous voyons l'empereur faire un pas décisif et faire connaître à Alexandre III toute sa pensée à cet égard. Manuel Comnène, en effet, envoya à Rome le sébaste Jourdain, fils de Robert de Capoue, et le chargea de Deposer au pape la réunion de l'Église grecque à l’Église romaine ?. En échange, le basileus demandait à Alexandre III de lui de la couronne impériale, et de rétablir en sa faveur l'unité de l'empire. Pour achever de convaincre le pape, Manuel s ’engageait à lui verser des subsides si abondants. que non seulement Rome, mais encore toute l'Italie pourraient être achetées, et s'empresseraient de reconnaitre l'autorité pontificale. Après en avoir délibéré avec les cardinaux, le pape décida de prendre en considération les ouvertures qui lui étaient faites et envoya à Constantünople Ubald, cardinal-évêque d'Ostie, et Jean, cardinal du titre de Saint-Jean et Saint-Paul pour poursuivre les négociations. J'ai insisté sur ces offres de Manuel Comnène, car elles me paraissent avoir un rapport étroit avec la politique suivie en Sicile par le basileus, au début du règne de Guillaume II. La papauté pouvait hésiter à favoriser les projets de Manuel sur l'Italie par crainte de mécontenter la cour de Palerme qui était opposée à toute installation des Byzantins dans la Péninsule. Manuel Comnène a certainement prévu l'opposition que le gouvernement sicilien ferait à ses desseins et s'est appliqué à en triompher. Pour atteindre son but, il négocia avec Guillaume II. Dès qu'il connut la mort de Guillaume Ier, il envoya à Palerme une ambassade pour renouveler les traités, et offrir au jeune roi

la main de Marie, sa fille unique, héritière de ses États?. Ce

projet, qui aurait réalisé le rêve des princes normands, en assurant à l’arrière-petit-neveu de Guiscard le trône de Constanti-

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