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bulles en faveur de l’abbaye de Monreale !, fondée par Guillaume II, mais ce dernier modifia complètement sa ligne de conduite vis-à-vis de l’empereur. Le roi de Sicile se rendit compte que la situation politique de l'Italie avait changé; d'une part, Lucius III était loin d’avoir le prestige de son prédécesseur ; d'autre part, la ligue lombarde se désagrégeait et, en 1183, le traité de Constance mettait fin à l’union des villes italiennes ?. Contre l'empereur, qui, en Allemagne, était assez fort pour bannir Henri le Lion (janvier 1180) 5, Guillaume IT risquait de demeurer le seul champion de la papauté. Aux risques d'une nouvelle lutte, le roi de Sicile préféra les avantages d’une entente avec l'empereur, entente qui lui permettrait de se donner tout entier aux projets aventureux qu'il caressait *.
De son mariage avec Jeanne, Guillaume IT n'avait pas eu d'enfant : l'héritière légitime de la couronne se trouvait être Constance, fille de Roger II. Frédéric Barberousse chercha à ürer parti de de cette situation pour régler pacifiquement la question des rapports du royaume normand avec l'empire. Reprenant, en le modifiant, le projet qui avait échoué en 1173, l’empereur, à une date qui nous est inconnue, fit demander, pour son fils Henri, la main de la fille de Roger Il. Par là, il assurait à l'empire la possession de l'Italie du Sud, que ses prédécesseurs avaient vainement revendiquée comme leur appartenant. Le ro1 de Sicile agréa la demande de Barberousse et consentit au mariage projeté. Le 29 octobre 1184, à Augsbourg, les fiançailles d'Henri avec l'héritière de la couronne de Sicile furent solennellement annoncées #. L'année suivante, Constance, accompagnée jusqu'à Salerne par son neveu, se mit en route pour rejoindre son fiancé ». Le 28 août 1185, elle fut remise aux envoyés de l’empe-
t. II, p. 588; Scheffer Boichorst, Kaisers Friedrichs letzter Streil mit der Kurie (Berlin, 1866), pp. 61-62.
1. Jaffé-L., 14831-14834, 14838, 14937; cf. Id., 14855 et 14859.