PORTRAIT DE TANCRÈDE
Huc ades Allecto, tristis proclamet Herinis, Exclament satiri, semivir ecce venit.
Ailleurs 1l s’écrie :
imbrion infelix et detestabile monstrum.
ou encore :
Corpore te geminas brevis athome, semper in uno Nam puer a tergo vivis, senex ab ore !.
Le miniaturiste, qui a enluminé le manuscrit de Pierred'Ebol, a illustré les vers du poète de toute une série de véritables caricatures où Tancrède est tourné en ridicule. Peut-être, parfois sans s’en douter et tout en s'en défendant, les historiens modernes ont-ils ajouté trop de créance à l’œuvre du satirique; de là la sévérité de leur jugement sur le dernier roi normand ?.
Falcand a été plus juste que Pierre d'Eboli, et reconnait que, sous une apparence débile, Tancrède cachait une très réelle intelligence #. Son témoignage est confirmé par tout ce que nous savons de la vie du nouveau roi ; à diverses reprises, Tancrède montra de grands talents militaires, notamment dans la guerre byzantine dont il eut la direction. Remarquons ici, que dans la lutte qu'il soutint contre les Allemands, Tancrède a été vainqueur
toutes les fois qu'il a pris lui-même la direction des opérations ;
les succès des Allemands n’ont été remportés que sur des lieutenants du roi. Dans les circonstances difficiles où 1l se trouva placé, Tancrède fit preuve d’une grande fermeté et d’un véritable esprit politique. C’est à tort qu'on l’a accusé de faiblesse vis-àvis de Richard Cœur de Lion; l'attitude du roi, on le verra plus loin, n’a cessé d’être pleine de dignité, et c’est seulement, quand le roi d'Angleterre, en échange de certaines concessions, lui eut offert son alliance qu’il consentit à céder. Disonsen terminant quele