CAMPAGNE DE RICHARD DE CALENO 4TA
jusqu'à Alba, aurait eu l'intention de punir le comte de Celano, l’un des fauteurs de la révolte de 1191 !, mais il ne put y réussir.
D’Alba, le roi redescendit vers la Terre de Labour ; de là il gagna la Pouille. En juin, à Gravina, il signait avec les envoyés de Célestin II le traité dont nous avons déjà parlé. En septembre, 1l était à Messine ?. Il est curieuxde noter qu’en revenant de son expédition heureuse contre le comte des Abruzzes, Tancrède ne paraît avoir fait aucune tentative contre les Allemands de la région du Mont- Cassin. La pacification de la région des Abruzzes n'avait été qu'incomplètement obtenue. Le comte de Celano et plusieurs autres barons ne firent pas leur soumission. Aussi avant de regagner la Sicile, le roi confia-t-1l le commandement des troupes destinées à opérer contre les impériaux, à Richard de Caleno qui avait récemment fait sa soumission. Les sources ne font plus mention du défenseur de Naples, Richard d'Acerra, jusqu'en 1196, date de sa mort.
On doit placer en mai ou au début de juin les opérations militaires qui suivent. En effet, nous savons, d'une part, que Richard de Caleno reçut son commandement du roi, au moment où celui-ci quitta la Terre de Labour, et que, d'autre part, le siège de San Germano eut lieu avant le retour de l’abbé du Mont-Cassin qui arriva en Juin ÿ.
Aidé de Roger Foresta, bailli d'Atina, Richard de Caleno entreprit de ravager les terres du Mont-Cassin. Roger s’empara du château Sant Elia et brüla Carea“; puis aidé par Richard de Caleno, installé à Sant’ Angelo, il vint assiéger San Germano. Défendu par le belliqueux doyen du Mont-Cassin, San Germano ne put être pris; Aténolf résista à toutes les offres que lui fit Richard de Caleno et s’obstina à ne pas trahir la cause impériale, même pour obtenir la liberté de son frère, tombé au pouvoir de Roger de Foresta.
Dans le courant du mois de juin, l'abbé du Mont-Cassin qui
Ann. Cas., cod. 4,5, dans M.G.H.SS.,t. XIX, pp. 315-316.
Behring, n° 266.
Ann. Casin.,; cod.:3;p. 348:
. Id., cod, #, 5, p. 316; Richard de San Germano, pp. 325-326. Sant'Elia Fiumerapido, circond. de Sora, prov. de Caserte.
avait laissé son frère comme otage auprès d'Henri VI, arriva avec un contingent dont Berthold lui avait confié le commandement !. C’est à son retour que Roffroi rencontra l’impératrice. Unissant ses troupes à celle d’Aténolf, l'abbé prit la direction de la guerre. Atina fut pris et brûlé, Comino, Cancello *, Gallinaro tombèrent au pouvoir des partisans d'Henri VI. Mais, après ces premiers succès de l'abbé, la plus grande partie des troupes qu'il avait amenées se retirèrent. Roffroi s'unit alors à Conrad pour attaquer Sant Angelo in Theodice, maisil ne put prendre la ville.
Un peu plus tard, l'abbé, soutenu par Dipold et Conrad mit en fuite près d'Aquino, un logothète qui commandait les troupes
royales. Enfin Aquino fut pris, et les impériaux ravagèrent le territoire de Suessa. Pendant ce temps, Roger Foresta continuait les hostilités dans la région du Mont-Cassin, tandis que Richard de Caleno se retirait sur Capoue. Tous les événements de l'été 1192 sont rapportés par les chroniques d’une façon très confuse. On peut constater seulement que la campagne fut très dure, et que tout le pays ravagé eut à souffrir de la famine.
Vers la fin de l’année, l’arrivée de Berthold donna une nouvelle recrudescence à la guerre. Berthold franchissant la frontière prit Amiterno et Valva et vint attaquer le comté de Molise, dont le comte, Roger, abandonnant la cause impériale, avait fait sa soumission à Tancrède. Le 11 novembre, Venafro fut pris. IL semble que pour cette expédition tous les partisans d'Henri VI se soient groupés autour de Berthold. Nous savons, en ellet, que celui-ci avait avec lui Conrad, Dipold, le comte de Fondi revenu d’exil, le comte de Caserte #, l’abbé et le doyen du Mont- Cassin. Les partisans de Tancrède eurent partout le désavantage, et le comte de Molise dut se retirer à Rocca Ravenula. Vers la même époque, le connétable Landon de Montelongo fut battu et fait prisonnier à Sesto avec la garnison de la ville. Après ces suc-
1. Pour le récit des guerres, en 1192 et 1193, cf. Ann. Casin., cod. 3, 4, 5, dans M.G.H.SS., t. XIX, pp. 315-316, et Richard de San Germano, ibid., p. 327 et suiv.