Al. Tel., II, 14-18, pp
Une fois qu'il fut maître des terres de son beau-frère, Roger vint, avec toutes les forces dont il disposait, mettre le siège devant Naples. Comme il prévoyait que les opérations dureraient longtemps, il construisit un château afin de pouvoir y laisser une garnison pour harceler continuellement la ville. Le moment pour exécuter ces travaux était mal choisi; on était en été; la décomposition des cadavres et les miasmes sortant de la terre remuée amenèrent une violente épidémie. Roger dut lever le siège ; il établit toutefois une série de postes fortifiés, pour continuer le blocus de la place !. Il se rendit à Cicala et à Aversa qu'il fit fortifier pour pouvoir inquiéter Naples ?.
Le nombre des réfugiés avait augmenté considérablement la population de Naples ; aussi la famine ne tarda-t-elle pas à éclater. En même temps, de nombreuses défections se produisent
parmi les partisans de Robert et de Rainolf. Nombre de cheva-
liers désertèrent ; les uns parce qu'ils ne pouvaient soutenir les frais d’une campagne prolongée, les autres parce qu'ils cragnaient de voir leurs biens confisqués par le roi *.
Pour obliger Roger II à faire cesser le blocus, les alliés cherchèrent à créer une diversion. Dès l'arrivée du roi, ils avaient fait demander à Pise de nouveaux secours . Une flotte d'une quarantaine de vaisseaux fut envoyée et arriva à Naples vers la fin de juillet 5. On se décida alors à tenter un coup de man sur Amalfi, qui se trouvait presque sans garnison, depuis que Roger ayant emmené une partie des troupes, avait ordonné à la flotte amalfitaine de se livrer à la piraterie. Par ces paroles
4. Al. Tel., IT, 19-20, pp. 138-139. Falco Benev., ad. an. 1135, p. 227, dit que le siège dura neuf jours.