LE ROYAUME DE SICILE ET L'EMPIRE ALLEMAND
Le siège de Naples dura, pendant toute l’année 1136, sans aucun événement militaire notable. Le duc Serge, qui avait quitté la ville, vers la fin de 1135, pour aller demander des secours à Pise, était revenu, avant le mois de mars 1136 !, après avoir obtenu du pape et des Pisans l'assurance que bientôt on lui enverrait des renforts. Cette promesse ne fut pas tenue, dit Falcon, par suite des manœuvres de ses ennemis. Faut-il entendre par là que Roger négocia avec Pise? Il nous est impossible d'être fixé à ce sujet; tout ce que nous savons, c’est que Naples fut ravitaillée par le prince de Capoue, qui réussit à amener par mer un important convoi de vivres. Grâce à ces secours, les assiégés purent continuer leur résistance. Ils étaient soutenus par l'espoir de voir bientôt arriver Lothaire, qui, à diverses reprises, écrivit aux Napolitains pour leur annoncer sa prochaine venue. ,
L'intervention de Lothaire dans les affaires de l'Italie méridionale donna à la lutte soutenue par Roger IT contre ses vassaux rebelles un caractère plus général. Ce n’est plus désormais contre Robert de Capoue et Rainolf que Roger va avoir à combattre, mais contre une coalition européenne dont Lothaire et le pape Innocent II sont les chefs. On ne pardonnait pas au roi de Sicile le rôle qu'il avait joué dans la question du schisme; presque toute l'Europe chrétienne avait reconnu Innocent II comme le pape légitime ; seul l'appui prêté par Roger II à Anaclet avait permis à ce dernier de se maintenir dans Rome. C'était Roger que l’on rendait responsable de la prolongation du schisme; à ce
1. Falco Benev., ad. an., p. 288, mentionne le retour du duc de Naples à la fin de l'année 1135, qui, chez lui, se prolonge jusqu'en mars 1136.