‹ Histoire de la domination normande en Italie et en SicileChapitre 57 sur 742 · LT · texte numérisé non relu

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empêcher la réalisation de ce dessein, tomba quand Conrad eut fait sa soumission, à Mulhausen, en septembre i.

Dans ces négociations, saint Bernard avait joué un rôle important ; désirant avec ardeur l'extinction du schisme, il seconda de tout son pouvoir les efforts d'Innocent IT auprès de Lothare, et appuya également en Italie la politique pontificale; on sait quel succès personnel 1l remporta au concile qu'Innocent IT tint, à Pise, du 30 mai au 6 juin 1135 ?. L'intervention de l'abbé de Clairvaux réussit à amener les Milanais, qui venaient d'expulser leur archevêque, Anselme de Pusterla, partisan de Conrad et d'Anaclet, à reconnaître Innocent IT, comme pape légitime ; par suite, Milan embrassa le parti de Lothaire.

Les succès de Roger II, pendant l’été 1135, décidèrent Innocent IT à tenter auprès de Lothaire un effort décisif afin de l’amener à exécuter le projet formé à Bamberg; aussi, quand Robert de Capoue et Richard, frère de Rainolf, poussèrent un cri d'alarme et lui montrèrent la cause pontificale compromise par les succès de Roger, Innocent IT répondit-t-il par un appel à la protection de l’empereur. Sur le conseil du pape, Robert de Capoue et Richard, se rendirent, en Allemagne, auprès de Lothaire pour implorer son secours. Innocent IT fit appuyer leur demande par le cardinal Gérard. Très probablement, c'est à ce moment que saint Bernard écrivit à Lothaire la lettre que nous avons déjà eu l’occasion de citer et où 1l le presse d'intervenir en Italie.

« La cause est digne de vous, écrit-il. Que dis-je? Un double motif vous fait une loi de partir. [1 ne me convient guère d’ex-

horter les hommes aux combats : cependant je le dis en toute

conscience, c'est à l’avoué de l'Eglise de protéger sa cliente contre la rage des schismatiques. C’est à César qu'il appartient de venger sa propre couronne des insultes de l’usurpateur sicilien. Car, d’une part, s’il est constant qu'un fils de Juif, à la honte du Christ, occupe le siège de Pierre, de l’autre, il n’est pas moins certain que quiconque en Sicile s’érige en roi s'attaque à l’empereur ÿ. »

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