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Les envoyés byzantins, qui se rendirent auprès de Lothaire, étaient accompagnés d'ambassadeurs de Venise. Le commerce vénitien avait eu beaucoup à souffrir de la guerre de course que faisaient les navires de Roger II. La république évaluait à quarante mille talents la valeur des marchandises enlevées à ses marchands. Il est probable que Venise, désireuse de protéger son commerce, promettait à l’empereur l'appui de sa flotte, pour écraser la puissance normande f.
Lothaire, alors à l'apogée de sa puissance, accueillit favorablement les ouvertures qui lui étaient faites. Il envoya à Constantinople, en qualité d'ambassadeur, Anselme, évêque d'Havelberg ?. Nous ne savons malheureusement rien des conventions qui furent sans doute conclues entre le basileus et l’empereur. Nous possédons seulement quelques dialogues théologiques composés par le légat de Lothaire, dans lesquels il est fait allusion à son ambassade et nous savons, quele 10 avril 1136, Anselme soutint une discussion théologique avec l’archevêque de Nicomédie #. Dès le mois de juin 1136, Anselme était de retour # Au mois d’août
suivant, nous savons que des envoyés de Jean Comnène apportèrent à Pise de riches présents. Evidemment les projets du basi-
leus sur l'Italie ont pris à ce moment une certaine consistance et Jean cherche à s'assurer l'appui de la flotte pisane ÿ.
En même temps qu'il accueillait favorablement les ouvertures de l'empereur de Constantinople et entamait des négociations avec la cour de Byzance, Lothaire prenait des engagements envers Robert de Capoue et Richard, qui lui avaient sans doute rappelé les droits de l’empire sur la Pouille et la Sicile 6 et l'avaient prié
1. Les Annales Erphesfurd., M.G.H.SS., t. VI, p. 540, disent d’une façon générale que les envoyés de Jean Comnène et du doge promirent des navires, des troupes et de l’argent.
2. Cf. J. Dräseke, Bischof Anselm von Havelberg und seine Gesandschaftereisen nach Byzanz, dans Zeitschr. für die Kirchengeschichte, t. XXI, (1900), pp. 160 et suiv.
3. Translatio s. Godehardi, M.G.H.SS., t. XII, p. 649. Cf. d’Achery, Spicilegium, t. I, p. 161.
4. Annalista Saxo, ad an. 1136, dans M.G.H.SS., t. VI, p. 770.
5. Ann. Pis., ad an. 1137, dans M.G.H.SS., t. XIX, p. 240. Cf. Caspar, op. Gil, p. 169, note 3.