Vacandard, op. cit.,t. I, p
2. Cf. Mgr Duchesne, Le nom d'Anaclet IT au palais du Latran dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de France, t. XLIX (1889), p. 197 et suiv.
ROGER IL ET ANACLET II fé
et l'appui déclaré que lui donna saint Bernard allait amener à son obédience tous les États catholiques.
Dès le mois de mai, Anaclet avait envoyé un légat en France ; il dut, dans le courant de l'été, apprendre combien sa cause rencontrait peu de défenseurs. Du côté de l'Allemagne, il en vint à une rupture complète avec l’envoyé de Lothaire, Norbert de Magdebourg, et par suite avec l'empereur, et fut ainsi amené à chercher un protecteur. Encore une fois, la papauté se tourna vers les Normands, mais aussi, encore une fois, pour prix de leur concours, ceux-ci allaient exiger de nouvelles conces- SION.
Roger voulait ériger ses États en royaume et pour réaliser son dessein, il profita des difficultés avec lesquelles la papauté se trouvait aux prises. D'après Alexandre de Telese !, Roger n'aurait fait que céder aux instances des grands et en particulier à celles du comte Henri ?, son oncle; cette intervention d’une partie de l'aristocratie se produisit peut-être, mais très probablement elle avait été concertée à l'avance entre le duc et ses fidèles.
Nous connaissons mal les négociations qui eurent lieu entre le pape et Roger II. Anaclet quitta Rome, en septembre *, pour gagner Bénévent, d’où il se rendit à Avellino ; c'est là qu'il se rencontra avec Roger IT, qui lui prêta le serment d'hommage #. Il est probable que les conditions de l'accord à intervenir avaient été discutées à l'avance, car les négociations marchèrent très rapidement ; dès le 27 septembre, Anaclet était de retour à Bénévent*®. Par une bulle datée de ce jour, il accorde à Roger la Couronne du royaume de Sicile, de la Calabre et de la Pouille, du principat de Capoue, l'honneur de Naples et le secours des hommes de Bénévent. Ces deux derniers mots indiquent, semble-t-il, la faible dépendance de Naples et de Bénévent.
Roger a soin de faire spécifier que lui et ses successeurs seront
couronnés par l'un des archevêques du nouveau royaume. Le
AR Eelol, 4.
Il s’agit ici d'Henri, frère d’Adélaïde, et fils de Manfred, Falco Benev., ad an. 1130, p. 201.
Ibid., et Jaffé-L., 8413.
. Jaffé-L., 8411.
or À & NN
duc de Pouille s'engageait à payer chaque année au Saint-Siège une redevance de six cents schifali et à prêter au pape serment d'hommage et de fidélité f.
Les termes de la bulle sont fort clairs, sauf en ce qui concerne le duché de Naples. Nous ne pouvons pas établir très exactement quelle était, à cette date, la situation du duché visà-vis de Roger. L'abbé de Telese semble dire que le duc de Naples fit sa soumission à peu près en même temps que le prince de Capoue, mais dans un autre passage il dit que cette soumission n'eut lieu que l’année suivante”. Peut-être n’y eut-il, en
1130. que des négociations qui n’aboutirent pas. Dans tous les cas , O ?
par sa bulle Anaclet II reconnaissait et légitimait toutes les
acquisitions de Roger. En échange, celui-ci promit au pape dele faire reconnaître par le clergé de ses États, et l'autorisa à tenir, le 5 novembre, un synode à Bari’. Suivant Ughelli, Roger aurait assisté à cette date, à la consécration d'Ange, archevêque de Bari, mais ce renseignement est douteux, car aucun texte nele confirme *. Il semble qu'à ce moment la reconnaissance d’Anaclet IT dans les États de Roger n'ait soulevé aucune difficulté parmi le clergé.
IL est probable que les conventions d'Avellino durent être tenues secrètes pendant un certain temps. Seul Falcon de Bénévent les mentionne: l'abbé de Telese n’en dit pas un mot. A la suite de son entente avec le pape, Roger, qui avait regagné Salernef, convoqua dans les environs de cette ville un certain nombre d’ecclésiastiques, de princes, de comtes, de barons et quelques autres personnages importants par lesquels 1l se fit supplier de prendre le titre de roi.