‹ Histoire de la domination normande en Italie et en SicileChapitre 61 sur 742 · Jd ip · texte numérisé non relu

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45 ad pe6107 17. Falco Benev., ad. an., 1136, p. 228.

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58 CHAPITRE Il

Capoue, divisa son armée en deux corps, dont l’un, sous les ordres d'Henri de Bavière, devait, après avoir fait sa jonction avec Innocent IL, envahir les États de Roger II, en occupant la principauté de Capoue, tandis que l’autre, sous la direction de Lothaire luimême, devait longer la côte de l’Adriatique et envahir la Pouille.

L'orage qui s’avançait, menaçait l'existence même du royaume de Sicile, dont le démembrement devait être la conséquence nécessaire d: la restauration de l'autorité impériale dans l'Italie du sud. L'existence d’un seul État comprenant toute l'Italie méridionale et la Sicile répugnait également au pape et à l'empereur; tous deux avaient intérêt à empêcher la réunion sous un seul chef des divers États créés par les Normands. Dès la fin de 1135, Roger fut informé de la prochaine entrée en campagne de Lothaire ; nous le voyons, en effet, préparer la résistance dès le mois de janvier 1136.

Le roi de Sicile, instruit sans doute par les résultats toujours négatifs des précédentes campagnes des empereurs allemands, paraît avoir adopté la tactique de ne livrer à Lothaire aucun combat dont l'issue pût être décisive !. La Sicile était pour lui un abri inexpugnable, où il pouvait se tenir à l'abri de la vengeance impériale. Roger pensait très probablement qu'il possédait un nombre suffisant de villes et de châteaux pour rendre impossible l'occupation effective de ses États par les troupes de Lothaire ; il eût fallu à ce dernier une campagne de plusieurs années pour obtenir ce résultat. Toutes les fois que les armées allemandes avaient paru dans le sud de la Péninsule, elles avaient passé comme une trombe, renversant tout sur leur passage, mais elles n'avaient jamais pu fonder un ordre de choses stable.

Roger se borna donc à mettre en état de défense les places les plus importantes, Salerne, Bari, Troia et aussi Bénévent. Du

côté de l'État pontifical, la frontière était commandée par l'abbaye

du Mont Cassin, véritable château fort dont la possession devait être l’objet des convoitises des belligérants. Roger chercha le premier à occuper la place.

4. Cf. Romuald de Salerne, dans M.G.H.SS., t. XIX, p. 421, et Annalista Sazo, dans MG SS. 4: NI, p:710:

RÉVOLTE DES MOINES DU MONT CASSIN Do

Le chancelier Guérin avait été chargé par le roi du gouvernement et de l'administration des anciens États du prince de Capoue; ce fut lui qui eut à régler l'affaire du Mont Cassin.

Depuis 1130, les moines de la célèbre abbaye avaient embrassé le parti d'Anaclet IT. Il semblait donc que Roger IT pût compter sur leur appui; il n’en fut pas ainsi. Une fois que Lothaire fut entré en Italie, l'abbé Seniorectus, nous ne savons pour quelles raisons, songea à passer au parti de l’empereur. Peut-être la cause de ce changement d’attitude doit-elle être cherchée dans ce fait que Lothaire écrivit à Seniorectus. Nous possédons une rédaction de cette lettre, mais celle-ci a très probablement été remaniée, et l’on ne saurait ajouter une grande créance au texte qui nous est parvenu !. Le seul fait à retenir est la trahison de Seniorectus. Le chancelier Guérin en fut informé par l'évêque élu d’Aquino ?. Il chargea aussitôt le chambrier Jocelin, qui commandait à Capoue, d'attirer dans cette ville l'abbé du Mont Cassin et de le faire prisonnier. Seniorectus comprit qu'on lui tendait un piège et refusa de se rendre à l'invitation qui lui était faite.

En présence de cette situation, le 5 janvier 1137, Guérin et Jocelin montèrent à l’abbaye et requirent l'abbé, par ordre du roi, de remettre le monastère entre leurs mains *. Pour motiver la réquisition ainsi faite, Roger faisait déclarer par ses mandataires qu'il voulait empêcher l'empereur de profiter des richesses accumulées dans l’abbaye. Seniorectus, tout en affirmant son désir de sauvegarder les droits du roi, refusa énergiquement de livrer le monastère. Guérin dut se retirer sans avoir pu fare exécuter la volonté royale. Pierre Diacre raconte que Guérin fit mesurer les murs afin de préparer des échelles d’une hauteur suffisante en prévision du siège de la place #.

Seniorectus, en refusant de rendre le donjon alors qu'il en était régulièrement requis, faisait acte de rébellion envers son suzerain ; il se hâta de préparer la résistance, et pour cela fit

À. Petr. Diac., Chr., IV, 107, dans M.G.H.SS., t. VIT, p. 818, cf. Bernhardi, op. cil., p. 676, note 19.

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