‹ Histoire de la domination normande en Italie et en SicileChapitre 63 sur 742 · HENRI DE BAVIÈRE AU MONT CASSIN · texte numérisé non relu

HENRI DE BAVIÈRE AU MONT CASSIN

difficultés s’élevèrent entrele pape et le représentant de l'empereur. Après la prise de Viterbe, Innocent IT réclama le montant de l'indemnité de guerre imposée aux habitants de la ville. Le duc de Bavière refusa de consentir à cette exigence du pape et garda l'argent, au grand mécontentement d'Innocent.

L'armée allemande continua sa route vers le sud, mais n’osa toutefois attaquer Anaclet II dans Rome. Henri de Bavière se borna à occuper Albano et à faire exécuter dans la campagne romaine une série d’expéditions qui ne paraissent pas avoir donné des résultats bien importants. Reprenant leur marche vers le sud, Henri et Innocent II vinrent camper au pied du Mont Cassin. Ils envoyèrent à l'abbé Renaud le chapelain du pape, Richard, moine de l’abbaye. Celui-ci devait demander la remise du monastère à l’empereur !.

La démarche ainsi tentée ne fut pas couronnée de succès. Renaud avait mis à profit le temps écoulé depuis son élection; 1l avait fait venir Grégoire, fils d’'Adénolf de Saint-Jean, et l'avait chargé de la défense de l’abbaye ?. Grégoire commença par mettre en fuite l’ambassade pontificale; puis il détruisit toutes les récoltes dans les environs de l’abbaye pour empêcher l’armée ennemie de se ravitailler #. Par suite de la résistance de l'abbé, Henri de Bavière, qui avait occupé San Germano , se voyait amené à entreprendre le siège de l’abbaye *. Cette entreprise était rendue longue et difficile à cause de la situation quasi inexpugnable du Mont Cassin. Le gendre de Lothaire, qui craignait de se voir retarder et de ne pouvoir opérer en temps utile sa jonction avec l’empereur, recula devant les difficultés que présentait un siège ; il entama de nouvelles négociations avec l'abbé, auquel il fit promettre que sa charge lui serait maintenue, s’il consentait à arborer sur le donjon de l’abbaye la bannière impériale 6. Comme garantie de la fidélité de Renaud, il se contentait d'une

1 Peétr Diac:, Ghr., IV, 105, pe S17.

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