HENRI DE BAVIÈRE A CAPOUE
mission à Henri de Bavière. Les habitants de la ville se voyant abandonnés par ceux qui étaient chargés de les défendre, suivirent l'exemple de leurs chefs et firentaussileur soumission. Robert de Capoue rentra ainsi en possession de sa capitale et son autorité fut bientôt reconnue dans tous ses anciens États. Ce rapide succès doit être attribué en grande partie à la popularité de Robert : beaucoup de ses anciens vassaux furent heureux de voir revenir celui qu'ils regardaient comme leur légitime seigneur ; d'autres, voyant leur prince très fortement appuyé par les Allemands, crurent la cause de Roger II perdue et se rallièrent à Robert dans l'espoir de voir leur soumission récompensée.
Robert dut payer à Henri de Bavière quatre mille talents pour empêcher sa capitale d’être pillée. La soumission volontaire des seigneurs du principat de Capoue permit à Henri de Bavière de se porter aussitôt sur Bénévent. Le 21 mai, l’armée allemande campait devant la ville. On se rappelle que la municipalité de Bénévent était alors aux mains des partisans d'Anaclet II. Ceuxci refusèrent d'écouter les ouvertures que le pape et le duc de Bavière leur firent faire par l'intermédiaire du cardinal Gérard. Le roi Roger avait envoyé dans la place un certain nombre de chevaliers, qui, d'accord avec l'archevêque Rosseman, poussèrent les habitants à la résistance. Tandis que les négociations se prolongeaient, les partisans du roi de Sicile décidèrent de tomber à l'improviste sur le camp ennemi. Henri de Bavière, informé de leur projet, fit prendre en cachette les armes à ses troupes. La sortie des Bénéventains se termina par une déroute complète; l'armée du duc les poursuivit jusqu’à la porte Dorée, près de laquelle s'élève l’are de Trajan. Les Allemands entrèrent, en même temps que les fugitifs, dans la ville dont ils s’'emparèrent
1176, avec son père, Gattola, Hist., t. I, p. 261, etditdeuxièmecomtede Fondi, en 1186, del Giudice, op. cit., p. xrix-1. La mère de Richard II d'Aquila est dite par Falcand, p. 68, cousine germaine de Guillaume Ier, Il y a donc une parenté entre les comtes de Fondiet d’Avellino, et la famille royale. C'est là ce qui pourrait expliquer que Pierre de Blois, Epist., n° 10, Migne, P. L., t. 207, col. 29, en parlant de Roger d’Avellino le qualifie d’oncle de Guillaume II.
1. Falco Benev., ad an.,1137,p. 230. Cf., sur la correction de la date, Bernhardi, op.cit., p. 703, note 28.
64 CHAPITRE Il
(22 mai)!. Le lendemain, les habitants firent leur soumission. Désireux de pacifier les esprits, Innocent IT, après avoir reçu le serment de fidélité, fit relâcher les captifs et rappela les habitants exilés par les partisans d'Anaclet. Le représentant de celui-ci, le cardinal Crescentius, fut fait prisonnier etremis à Innocent II.
Le 24 mai, le pape et le duc de Bavière quittaient Bénévent et se dirigeaient vers la Pouille, où ils devaient opérer leur jonction avec Lothaire?. Suivant Pierre Diacre, les impériaux auraient remporté un nouveau succès à Troia, dont les habitants auraient dû faire leur soumission. Suivant l’Annaliste Saxon, ce ne serait pas Henri de Bavière, mais Lothaire, qui aurait paru devant Troia et l'affaire se serait bornée à la capture de quelques prisonniers. Cette version a pour elle la vraisemblance. Nous avons vu, en effet, que les habitants de Troia avaient dû, sur l'ordre de Roger, quitter la ville, qui à ce moment devait être surtout une place militaire, Pierre Diacre est assez mal renseigné sur les événements de cette région ; ildit, par exemple, qu'Innocent II occupa toute la région entre le Monte Gargano et Siponto, ce qui est inexact. Il est d'ailleurs possible que les troupes d'Henri de Bavière, en passant près de Troia, en soient également venuesaux mainsavec les habitants. Vers la fin de mai, Henri de Bavière rejoignait devant Bari l'empereur qui, de son côté, avait remporté d'importants succès!.
Accompagné de Rainolf et de Marin, archevêque de Naples”, Lothaire avait longé la côte de l’Adriatique, soumettant, Fanoÿ, et Senigallia?. Ancône résista; elle fut assiégée et dut payer une lourde contribution de guerre. Cet exemple amena un
grand nombre de seigneurs de la région à reconnaître l'empereur