‹ Histoire de la Faculté des sciences de RennesChapitre 46 sur 49 · DUROCHER, *, I. O · texte numérisé non relu

DUROCHER, *, I. O

Correspondant de l'Institut.

DUROCHER est né à Rennes en 18 17 ; il fut élève de notre Lycée, d*où il entra àTÉcole Polytechnique. Il en sortit en 1837, dans les premiers, et fut nommé élève à TÉcole des Mines.

Peu de temps après, il prit part, en qualité d'ingénieur, à un voyage scientifique en Laponie, au Spitzberg, aux îles Féroé, puis en Finlande. Il en rapporta un important mémoire sur les phénomènes diluviens dans ces contrées ; on peut aujourd'hui contester les résultats interprétatifs de ce travail, mais, en tout cas, il en reste un certain nombre de faits réels de grande valeur. Ce mémoire classa Durocher, qui n'avait alors que 23 ans, parmi les géologues les plus en vue. En 1841, il fut nommé à la Faculté des Sciences de Rennes, créée depuis un an, où il remplaçait Payer qui, bien que nommé en 1840, n'y avait pas enseigné. Il conservait en même temps ses fonctions d'ingénieur des Mines, ce qui lui permit de faire de nombreuses recherches sur les minéraux et les terrains de notre région. En 1845, il obtint un nouveau congé et

partit encore pour la Suéde et la Norvège ; il publia à son retour le résultat de nouvelles recherches sur les érosions et sur divers gîtes métallifères du Nord de l'Europe.

En 1838, Durocher fut envoyé en mission au Nicaragua pour faire des études sur un tracé projeté de canal interocéanique, celui-là même dont il est de nouveau question actuellement ; il en revint par les États- Unis, où il fît des études minéralogiques. Il ne put achever la publication des résultats définitifs de ces voyages, car il mourut peu de temps après son retour, n'ayant donné que des notes préliminaires.

Durocher, soit seul, soit en collaboration avec Malaguti et Sarzeau, a fait de nombreuses études minéralogiques ; en particulier il analysa les plombs argentifères de Pont-Péan ; il découvrit avec Malaguti la grande diffusion de l'argent dans les plantes et surtout dans l'eau de mer. Il publia des mémoires sur la production artificielle des minéraux par voie sèche, le métamorphisme des roches, la cristallisation des roches granitiques, les phénomènes littoraux ; un essai sur la pétrologie comparée.

Ses travaux contiennent de nombreux aperçus originaux, que la mort ne lui a pas laissé le temps de développer, mais qui ont été repris par d'autres naturalistes qui en ont tiré des conséquences importantes.

L'Académie des Sciences l'inscrivit parmi ses correspondants en 1839. Il mourut le 2 décembre 1860, à l'âge de 43 ans.

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