CHAPITRE II
Nomination du Personnel. — Organisation
de l'Enseignement.
[vANT même que Tordonnance royale du 12 septembre 1840 eût définitivement constitué la Faculté des Sciences de Rennes, le Ministre, Victor Cousin, exprimait sa hâte de voir les travaux d'aménagement commencer. Il eût voulu que les cours et les examens pussent être inaugurés à la rentrée solennelle de novembre 1840. Ainsi qu'en témoigne la lettre que Ton va lire, il pressait vivement le Recteur, M. Dufilhol, de faire exécuter les travaux projetés; il ne se rendait pas compte des nombreuses difficultés qu'il fallait encore surmonter avant la mise en marche des divers services de la nouvelle Faculté.
14 juillet 1840.
Monsieur le Recteur,
Les deux Chambres ont voté les fonds nécessaires pour l'établissement d'une Faculté des Sciences dans la ville de Rennes, et je ne
renonce point au projet de créer un jour, dans cette ville, une Faculté de Médecine, qui compléterait, pour TOuest de la France, un ensemble de hautes et fortes études. En attendant que ce projet puisse être complètement réalisé, il importe de prendre toutes les mesures qui peuvent concourir au but que nous nous proposons d'atteindre. Et d'abord il s'agit de l'organisation de la Faculté des Sciences , dont la dotation est portée au budget de 1841.
Je vous prie de me faire connaître, Monsieur le Recteur, si les travaux d'appropriation du local provisoire destiné â cette Faculté, ne pourraient pas commencer avant le i«' octobre prochain, époque à laquelle Monsieur le Maire de la ville de Rennes présumait que l'aile gauche de l'Hôtel de Ville serait rendue disponible. Il serait utile que les cours de la Faculté des Sciences pussent s'ouvrir en même temps que ceux de la Faculté des Lettres et de la Faculté de Droit, et j'aviserais aux moyens de pourvoir aux traitements des professeurs jusqu'au l^** janvier. Pour cela il faut que le local soit promptement mis en état conformément au devis que je vous ai transmis le 6 avril 1840 et que les collections scientifiques soient formées... Mon intention serait de nommer assez prochainement le doyen de la nouvelle Faculté ; mais j'ai besoin d'être assuré d'abord qu'aucun obstacle ne retardera
l'installation de la Faculté du i^** au 15 novembre prochain En
songeant à l'organisation de la Faculté des Sciences, il faut aussi s'occuper sérieusement à relever l'École secondaire médicale qui peut devenir la Faculté de Médecine.
La Faculté des Sciences attirera nécessairement un certain nombre d'élèves nouveaux à l'École secondaire de Médecine par la facilité d'obtenir le baccalauréat es Sciences.
Recevez, Monsieur le Recteur, etc.
Le Pair de France ^ Ministre de l'Instruction publique,
Victor Cousin.
Après la promulgation de l'ordonnance de création, il restait encore à jiommer le personnel de la Faculté. M. JoUivel, à ce
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moment délégué de la Martinique à la Chambre, mais un peu plus tard député de Rennes, fut chargé par le Maire de faire des démarches à ce sujet et aussi d*appuyer à l'occasion certains candidats locaux dont la Mairie désirait vivement la nomination. Voici la lettre que M. Jollivel reçut de Victor Cousin.
Paris y le 4 septembre 1840.
Monsieur,
Vous m'avez fait l'honneur de m' écrire pour appuyer le vœu de M. le Maire de Rennes qui, désirant mettre la Ville en mesure de pourvoir promptement à l'installation de la Faculté des Sciences, a demandé la liste des instruments et des collections nécessaires à l'ouverture provisoire des cours.
Le Conseil royal de l'Instruction publique que j'ai consulté à ce sujet a pensé qu'il convenait d'attendre, pour Tacquisition du mobilier scientifique, la nomination des professeurs de la nouvelle Faculté. Je m'occuperai de ces choix importants aussitôt que je connaîtrai le résultat du concours qui doit s'ouvrir prochainement pour l'agrégation des Facultés des Sciences. Je désire assurer à celle de Rennes par un examen approfondi des titres des candidats toutes les garanties de succès. La nomination du doyen et des professeurs ne peut donc être longtemps difïérée. Je prendrai des mesures pour qu'ils se rendent immédiatement â Rennes et alors ils se concerteront avec le délégué de la Ville pour l'acquisition du mobilier scientifique de la nouvelle Faculté. Les dépenses pourront être dirigées plus utilement et répondre à tous les besoins et â tous les vœux.
Recevez, etc.
Le Pair de France, Ministre de Vlnstru^tion publique,