M^ JACOB WEALMERSZ HOPPESTEIN. iGTm
\ l'enseigne de LA TÊTE DE MAURE.
Appartenant à une bonne famille bourgeoise de Deift, Jacob Wemmersz paraît s*être occupé de très-bonne heure de céramique et avoir fait son apprentissage à la Vieille Tête de Maine, sous la direction du célèbre Abraham de Kooge, auquel il succéda. En 1640, il habitait déjà dans la Gasthuislaan, où se trouvait cette manufiicture. Cest là qu'il épousa la sœur du fiilencier Jan Claes tan Stn%aten (29 août 1649. H^- ^* 4^)* dont il eut cinq enfants (DB. n« 14), parmi lesquels un fils, nommé Rochl*s, qui lui succéda en 1680.
Le 16 octobre 1661, il s*était hit admettre par la Gilde en qualité de winckelhouder. Des ses commencements, pour ainsi dire, la fiibrication de VOude moriaans hoofdt affecte un caractère particulier. La pâte épaisse est recouTerte d'un engobe d'une blancheur lactée et d*une pureté excessive. L'émail très-friable résiste mal aux frottements et s'éraille facilement ; son extrême fusibilité entraîne parfois des déviations dans le dessin, qui apparaît tremblé, ondulé ou encore bouillonné sur certains points. Le décor çst obtenu aTeç un
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T^otices biographiques. 247
bleu céleste d'une grande douceur, mais qui, dans les pièces communes, manque de fermeté, afifecte une absence de contours très-particulière et présente un aspect un peu « flou V. Il est toujours cependant d'une élégance parfsiite et d'une correction remarquable. Les pièces polychromes, quoique aussi correctes et aussi élégantes, sont moins bien réussies. Les couleurs sortent mal, et leurs teintes, haussées par l'excédant d'étain que renferme Témail, offrent certaines analogies avec les couleurs de la faïence de Moustier.
On connaît un grand nombre de pièces de Jacob Wemmersz; toutes sont fort intéressantes, quelques-unes sont admirables et plusieurs sont signées. Un jeu de bouteilles et de potiches (voir planche XVI), avec des médaillons camaïeu, représentant les travaux d*HercuIe encadrés dans des arabesques polychromes (rouge, vert, bleu et or), et qui peut être rangé parmi les chefsd'œuvre de la céramique delftoise, est marqué du monogramme ci-contre
Ces belles pièces appartiennent à M. Evenepoel, à Bruxelles. M. Cussac, à Lille, possède une grande potiche qui porte la même signature. Chez M. de Stuers, à la Haye, se trouve une petite boîte à thé, avec un décor chinois -^ "V ^V r d'une spirituelle finesse. Cette pièce est marquée x \r ^^
On peut voir encore, figure i6 et planche III, un échantillon de ce que savait feire Jacob Wemmeksz.
2o5 M» JAN JANSZ CULICK ou KULICK. 1662.
Étranger à Delft, il avait épousé, le 17 novembre i658 (HL. n*47), Catalyntje Symons, dont il eut cinq enfants (1659- 1674. DB. n<« 4, 5 et i5). Le 20 février 1662, il fiit admis en qualité de Maître plateelbacker, et son procès-verbal d'admission nous apprend qu'il demeura cinq jours à confectionner son chef-d'œuvre (i).
L'année suivante, 2 avril i663, il entra chez A. Reygens, avec lequel il contracta un engagement de quatre années. Ce contrat, toutefois, ne paraît pas avoir été trèsscrupuleusement respecté, car en 1667 nous retrouvons Jan Jansz Kulick chez Jan de Webet, dirigeant son établissement, qu'il quittait le 28 mars pour céder la place à Steven van Kessel. Enfin, dans cette même année, le 27 juin, il entrait chez Pieter WouTERSE Catersvelt pour conduire son atelier, et déclarait avoir quatre apprentis (2).
Quoique n'ayant rempli que des emplois subalternes, et n'ayant pas travaillé pour son propre compte, J. J. Kulick n'en fut pas moins un céramiste d'une grande habileté. Il jouissait d'une réputation méritée. Élève d'AELBEECT de Keizer, il connut de bonne heure le secret des imitations japonaises et la formule de ces beaux rouges qui n'ont pu être contrefaits depuis. C'est à ce titre qu'en 1680 il fit le dépôt de sa marque. Celle-ci consistait dans le monogramme ci-contre, que je n'ai jamais vu, du reste, sur aucune pièce. J'ai retrouvé sa signature aux Archives de Delft. En voici le fac-simile :
L'état civil de Delft nous révèle un autre Jan Jansz Culick, habitant en i(>83 sur
II) • Hebbende sijne Prouf gedaen volgen sde Ordonnance, heeft het Recht Maelt sijnde vreemt,
mitsgaders het camerrecht 5 dagen te samen i3. 10. o. • C'est It première fois qu'on rencontre
une wmblable mention lur le Metstersboek,
(•} Cest également la première fois qu'il e»t fait mention du nombre d'apprentis.
24S Histoire de la Faïence de Delft.
le côté méridional hors de la Ketelpoort, Ce J. J. Cclick , qualifié p!ateeldrayer, et qui épousa, le i3 juin iô83, Elisabeth van der Vos (HL. n« 56), dont il eut quatre enfants (ibH^'ihHH. DB. n«* 3 et 6), nous semble être le fils du premier.