‹ Histoire de la faïence de Delft (volume 2)Chapitre 256 sur 304 · A LA NOUVELLE TÊTE DE MAURE · texte numérisé non relu

A LA NOUVELLE TÊTE DE MAURE

Fils de Johannes Verhagen (abréviation de van der Haagen) et de Rachel van der Broek, Jan fut baptisé à la vieille église de Delft le 2 1 septembre 1694. Fort jeune encore^ il prit la direction de la fabrique de la Nouvelle Tête de Maure, et s'efforça de lui imprimer un haut cachet artistique qui lui permit de lutter avec sa glorieuse homonyme.

Pendant la période de sa direction, ses produits affectèrent un caractère très-personnel. Us sont décorés en camaïeu bleu, et séduisent par la douceur des nuances, la finesse et la blancheur de l'engobe, la pureté de l'émail, mais surtout par la distinction et l'élégance de Tornementation. Les encadrements qui occupent le marli de ses plats sont tous dessinés avec un art exceptionnel; ils sont formés généralement de lambrequins et de guirlandes avec des têtes d'anges, le tout agencé d'une façon irréprochable. Le motif principal est parfois moins heureusement traité. Je citerai, comme exemple de cett«

1^ i I j bizarrerie, un grand plat de la collection Loudon ( n* 3o4 du catalogue ; ^/ I I qui représente une kermesse d'un dessin enfantin et vulgaire, enveloppée dans un encadrement Louis XIV du plus remarquable effeL Ce plat est i i 2 S signé et daté (voir à gauche). Par contre, dans certaines œuvres, quand le * motif principal est à la hauteur de l'ornementation, la fabrication de

J. Verhacen atteint des hauteurs qui n'ont pas été dépassées. Le beau plat « % ^ ■ « que nous reproduisons page 97, et qui est signé du monogramme ci- | V 'l contre, en est une preuve indiscutable. Verhagen eut en outre ce mérite particulier Je réagir contre le goût de son époque, au lieu de se laisser entraîner 1 / £ y

1^ vers le baroque et les rocailles; il ^ *^

\/ ! ■ I remonta le cours du temps et emprunta un grand ^ ' " ^ ^ nombre de ses modèles au seizième siècle. Il

J72T 'l'TO^^ si g naît avec ses initiales accompagnées d'une date.

If ' / /^ tj Voici encore deux monogrammes relevés par nous

* sur des plats décorés en camaïeu bleu.

En 1739, J. Verhagen figurait enccre parmi les MsiîtTts plateelbackers de Delft, et fut

compris sur la liste dressée cette année-là par la municipalité. 11 mourut peu après. Il

avait épousé Hestera Strale, dont il avait eu une fille nommée Maria, laquelle devint

dans la suite la femme du céramiste Justus Brouwer.

^^^ <^^ ^^ A la mort de son mari, Hestera Strale continua de gérer la

^F^ ^m^* ^^ fabrique sous la raison sociale de veuve J. vam der Hagen. Mais,

en 1764, elle en changea la marque et déposa comme marque nounou velL* de la Tête de Maure les trois lettres ci-contre. Nous avons retrouvé aux Archives de Delft la signature de la veuve de J. Verhagen; en voici le fac-similé :

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