M*^ ABERAM ou ABRAHAM DE COOGE
ou DE KOOGE. i632.
Étranger à la ville, il vint s*établir à Delft en i632, et, en qualité de Maître étranger, il sollicita son admission parmi les peintres à Thuile de la Cilde de Saint-Luc. Le 11 juin i632, il fut fiait droit à sa demande, et on lui accorda un délai de trois mois pour qu'il pût faire venir le brevet qu*il avait obtenu dans sa ville natale. En temps utile, ce brevet fut produit, et Abraham paraît avoir exercé pendant quelques années la profession de peintre. Il est probable, toutefois, qu'il s'essaya sur la faïence, et qu'il acquit dans ce genre une certaine réputation ; car, le 16 mai 1648, il s'associa avec PieterJoppe Oosterlaan pour exploiter une fabrique que celui-ci venait de prendre à son compte. Abraham tenant à conserver son titre de peintre, et Pieter n'ayant pas de brevet de Maîtrise, les deux
T^otices biographiques.
usocîéi placèrent momentanément à la tâte de leur établUsement (b pour l'aiSranchir n, suivant les règlements du temps) un contre-maître nommé Ahendt Jacobz Cosun) mais PiiTEK, ayant pu, dès 1 65 2, se faire recevoir Maîlrej'/iiteWfrdCjtn-, prit la direction officielle de l'eiploi cation, pendant qu'AoRAHAH continuait d'en diriger la partie artistique. Celuici, cependant, avait conserva son titre de peintre h l'huile, et figura en celle qualité parmi les syndics de l'association (lûôC-iôOy), pendant que son associé était, comme Maître faïencier et précisément dans le même temps, élevé à la'méme dignité. Malheureusement, PicTEtt mourut à cette époque, et Abraham, pour ne pas laisser la manufacture à l'abandon, dut renoncer à son titre qui lui était si cher. Dispensé par ses coIlËgucs des formalités préliminaires, il fut, à son tour, admis le 6 décembre 1C66 comme Maître plateelbacker. Dans sa nouvelle situation il ne perdit rien de l'estime de ses confrères, car nous le retrou-
Fig. çS. — Aiguière d^coite ea canulcu Mcu.
(Collection de M. J. F. Loudoa.}
vons en 1673-74 et 1677-78 figurant de nouveau parmi les syndics de sa corporation, mais cette fois en qualité de faïencier.
Abraham de Kooge peut être considéré comme l'un des plus grands artistes qui aient illustré la talence de Delft. Il fut l'un des rénovateurs de l'art céramique hollandais, et les belles plaques qu'on lui attribue peuvent figurer parmi les chefs-d'œuvre du genre. Ces plaques merveilleuses dont la plupart représentent des paysages, et quelques-unes des portraits (voir planche VII), sont peintes avec une largeur, une solidité et une ampleur qui n'ont pas été égalées depuis. Toutes sont décorées en camaïeu bleu. Le» ombres y sont puissantes et grasses; le modelé est accusé par des demi-leintes d'une finesse exquise; tes plans sont nuancés avec un art infini. Ces oeuvres magnifiques ne sont jamais signécsj pour ma part, du moins, je n'en at jamais vu qui portassent un monogramme, mais presque toutes sont datées au dos, et quelquefois la date est enveloppée d'ornements qui décèlent un artiste de haute volée. J'en donnerai comme
exemple le cartouche ci-dessous, qui figure au dos d*une des plaques de la collec-
•jn^fX • J **®" Evenepoel. Remarque intéressante : on ne
^^JL^^' ^hs^^^f trouve aucune de ces plaques portant une date
^g^^^ ^ ^ i l^^ antérieure à 1648, c'est-à-dire à l'association de
^•^^^^^t^ PlETER-OoSTERLAN Ct d'AsRAHAM DE KoOGE, ni
postérieure à 1667, époque à laquelle Abraham devint Tunique directeur de la fiabrique. La pièce la plus ancienne que nous ayons rencontrée de sa main est Tassiette commémorative que nous avons donnée (fig. 5 1 ), et qui porte la date de i63o. En dehors de ces plaques, il existe un certain nombre de pièces d'un goût exquis, qui sont sorties de la fabrique d'ÀBRAHAir de Kooge. Je citerai, entre autres, une délicieuse petite aiguière de la collection Evenepoel, le joli broc de la collection Loudon ( fig. qS ), qui porte la date de i658. C'est, du reste, dans cette dernière collection que se trouvent les plus belles œuvres connues de notre céramiste.