LA CUISSON {HET STOKEN
Lorsque la porte est close, on commence à allumer le foyer. Le premier feu doit être à peu près insignifiant. On appelle cette partie de l'opération smeulen (couver). Ce premier feu dure environ cinq ou six heures. Après ce temps, un ouvrier nommé chauffeur à petit feu élève en avant de la bouche du foyer une sorte de rempart destiné à régler l'entrée de l'air dans le brasier, et à protéger les chauffeurs contre la réverbération et les ardeurs de la flamme.
Puis, à Taide de longues pinces de fer, il introduit dans le foyer des bûches de bois, attisant et distribuant les matières incandescentes, les répartissant avec un crochet sur la surface entière, de façon que la température soit égale partout.
Cette partie de l'opération, confiée au chauffeur à petit feu, dure environ de cinq heures du matin à neuf heures du soir; l'ouvrier doit savoir graduer l'intensité du feu, de manière que celui-ci devienne de plus en plus violent.
Puis vient le chauffeur à grand feu, qui, à l'aide de bûches de chêne et ensuite avec du bois de bouleau, doit entretenir le feu dans toute son intensité.
Pour savoir si la faïence est assez cuite , on calcule d'après la durée du grand feu, laquelle doit être de vingt-huit à trente heures. Mais, dans ce calcul, il faut tenir compte de la température et de la saison. En hiver, un plus long temps est tout naturellement nécessaire. Pour s'assurer de l'état de la cuisson, on détache une brique de la clôture.
La fabrication. ig3
LA FAÇON DONT ON BRULE LA POTÉE D'ÉTAIN (i).
Pour brûler la potée d'étain^ on prend communément trois parties de plomb et une partie d'étain anglais.
Le four dans lequel a lieu l'opération a beaucoup d'analogie avec un four de boulanger s il est cependant plus large et moins élevé. Il est muni sur le côté d'un fourneau de chauflFe. La flamme de celui-ci^ pénétrant dans le four par une ouverture pratiquée dans la paroi , en longe les murs latéraux, les échauflfe et, finalement, sort par la bouche du four et s'élance dans la cheminée en entraînant la fumée avec elle.
On commence par allumer le fourneau pendant quatre ou cinq heures, puis on y place un certain nombre de barres ou de lingots d'étain et de plomb. Ces barres, tant par suite de la chaleur du four qu'à cause de la flamme qui passe sur elles, ne tardent pas à entrer en fusion \ le métal coule sur le pavé du four et le recouvre entièrement. Alors on cesse le feu , la chaleur diminue rapidement , et le métal se transforme en potée d'étain (i). Cela fait, l'ouvrier prend un crochet emmanché à un long bâton, sépare les cendres du métal encore solide et les pousse derrière le lingot à un endroit où le sol du four se relève ] puis il recommence jusqu'à ce que l'étain soit entièrement transformé en cendres.
(i) On appelle potée d'étain l'étain calciné (oxyde d'étain)! Il s'emploie dans l'industrie pour polir, et entre dans la composition de certains émaux.
AUTRES INGRÉDIENTS QUI ENTRENT DANS LA FABRICATION. LA POTÉE DE PLOMB OU CENDRES DE PLOMB {de LootaSCh).
Les faïenciers vont généralement chercher les cendres de plomb qui leur sont nécessaires chez les plombiers, où ils les trouvent toujours en assez grande abondance.
LE MASTIC {de Masticot).
Le mastic est un des ingrédients qui entrent dans la composition du blanc. Voici comment on le fabrique. On prend :
5oo livres de sable ordinaire. — 60 livres de sel marin.
3o livres de sel de soude.
On mêle avec soin ces diflférentes quantités, puis on les place dans le four, quelques instants avant de Tallumer. On dispose le plus souvent ce mastic dans la* forme d'une digue haute d'un pied environ, décrivant un arc dont les deux extrémités touchent la muraille. L'espace demeuré libre au centre de cette digue est rempli avec la composition qui sert à faire le blanc {mt).
De cette façon, la digue de mastic empêche le blanc de couler lorsqu'il est liquéfié par la chaleur. Les chauffeurs doivent prendre grand soin de ne laisser tomber ni charbon ni flammèches sur la digue de mastic ni dans le blanc.
LE BLANC {Wit) (l).
Le blanc est la composition à Taide de laquelle on donne à la faïence sa couleur en même temps que l'émail.
(1) Appelé cheE nous cngobc ou couverte
La fabrication. igS
Pour faire du blanc ordinaire, on prend :
5o livres de potée d'étaîn. — 65 livres de mastic. — 1/2 livre de stnalt. 5 demi-onces {loot) de limaille de cuivre rouge.
Le smalt et les autres ingrédients sont mêlés séparément, puis ensuite avec la potée d'étain et le mastic.
Lorsque le feu est éteint et que le four est ouvert, la digue de mastic que la chaleur a transformée en un corps fragile est enlevée; le blanc, qui a acquis une extrême dureté, est également retiré. On les porte Tun et l'autre au moulin, où le premier doit être pilé, alors que le second sera écrasé à la meule.
LE KWAART ( I ).
Voici comment on le compose :
36 livres de mastic. — 42 livres de litharge d'or [goudglette] . 4 livres de potasse. — 7 livres de sel.
On mêle avec soin; ensuite on fait une espèce de pâté, comme avec le blanc'; ce pâté est rond, et on le place au milieu du blanc. Le kwaart cuit de cette façon devient une substance d'une extrême dureté. On le transporte au moulin, où on le fait moudre en poudre excessivement fine.