M" LAMBRECHT GHISBRECHTS
Étranger à Delft, il fut admis, le 23 avril 1640, en qualité de Maître faïencier par la Gilde de Saint-Luc. Lambrecht paraît avoir été un céramiste de grand talent. On lui attribue un certain nombre de pièces d'un émail éclatant et d'une couleur vive avec des jaunes et des verts de haute qualité; dans le nombre se trouvent notamment des oiseaux, coqs, canards, etc., assez habilement traités. Il signait habituellement de ses deux initiales.
Un petit coq, décor polychrome (rouge foncé, jaune vert et bleu grand feu), de la collection de Loudon est signé
Il habita à Delft sur la Molslaan, C'est là qu'il était venu s'établir avec sa femme Annetje Arentsz et ses enfimts, déjà grands. Il n'exerça pas longtemps sa profession, et mourut le 16 novembre 1644 ( ii5).
(I) Voir aux Archives de Delft le Der de recognitie boek, 1641.
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Luc en qualité de Maître faïencier. Il avait épousé, avant cette époque, Lisbeth Willems, qui lui donna six enfants (DB. n<« i3 et 14). Bien qu*il fût étranger, Aelbrecht DE Keizer ne tarda pas à être en possession de la confiance de ses confrères. Lorsque, en 1648, \ts plateelbackers {MTtni admis à nommer deux syndics ou chefs-hommes pour siéger parmi les doyens de la Gilde, il fut le premier choisi pour remplir ce poste élevé, et fut réélu à ces hautes fonctions en i653, i658, 1661 et i663. En 1661, pendant Tun de ses exercices comme syndic, la Gilde transporta son domicile sur le VoldersgracfU, Ses collègues des autres professions ayant décidé, pour témoigner de leur dévouement à la Corporation, de contribuer aux frais de la nouvelle installation, Aelbrecht de Keiser offrit, conjointement avec son collègue Quirun van Kleikhove, dix chaises espagnoles couvertes en cuir de Russie.
Cest à la qualité supérieure et à la remarquable beauté de ses produits qu'il fisiut attribuer la haute influence qu* Aelbrecht de Keizer exerça sur son industrie. 11 fut le premier à imiter les porcelaines du Japon, et ouvrit ainsi à la faïencerie delftoise des débouchés nouveaux et d*autant plus productifs, que la porcelaine orientale était fort recherchée à cette époque. Ses ouvrages, excessivement remarquables, sont d'une extrême légèreté et d'une étonnante minceur. La couverte en est très-blanche et très-pure; le décor, très-fin et très-riche sans être trop chargé; l'émail est superbe d'éclat. On remarque surtout de lui des tasses, des soucoupes, des assiettes, décorées en camaïeu (souvent à
^A^/ fond persillé), qui sont admirables de finesse et font illusion. Même la pièce ^T'^^^ en main on croirait voir de la porcelaine. Beaucoup de ces ouvrages sont
marquésde ses initiales en bleu. D'autres portent cette même marque, mais tracée d'une façon plus élégante. Je citerai entre autres un grand plat à bords découpés, décoré en camaïeu bleu, appartenant à M. Suermondt à Aix la Chapelle, qui porte le monogramme
Quant à sa signature, j'ai eu la chance de la retrouver dans les Archives de Delft. En voici le fac-similé :
St0t- ^o^iÇJ^JiSt^^
Aelbrecht DE Keiser maria deux de ses filles avec deux céramistes qui devaient jouir plus tard d'une juste célébrité, les frères Pynacker. L'aîné, Jacob Pynacker, épousa, en 167 1, Teuntje, qui était née avant l'arrivée d' Aelbrecht à Delft;et l'autre, Adriaan Pynacker, épousa, en 1680, Willemyna, qui avait été baptisée à Delft le i*' octobre i65 1. Après la mort d'AELBRECHT, ses deux gendres s'associèrent avec son fils aîné, CoRNELis, reçu Maître en 1668, et exploitèrent en commun, pendant quelques années, la manufacture paternelle, qui avait acquis une si juste célébrité.
i3i. M" JAN HANSE DE MILDE. 1643.
Né à Delft, fils de Hans Jansz de Milde et de Syburch Ariens, il appartenait, par sa naissance, à une ancienne famille patricienne dont les armoiries figurent sur les tables généalogiques des quarante magistrats de Delft.
Le 5 juin 1C43, il épousa Claertyen Cornelis van der Graef, fille du céramiste de ce nom (voir page 21 3), dont il eut deux enfants : l'un en 1644 et l'autre en 1648 (HL. n*4i, DB. n* 1 3). L'année même de son mariage, le 12 décembre 1643, il fut admis dans la Gilde
V^otices biographiques. 22g
de Saint-Luc en qualité de Maître peintre. En ce temps-là, il habitait chez son père dans la Cromstraetsteeg et n'était pas riche; car, sur les six florins qu*il devait pour son droit d'entrée, il n'en put payer qu'un, et son beau-père dut promettre qu'en cas de manquement, il viendrait par&ire la somme : a Of by foute van dien belooft Comelis van der Graef hetseifde te suppleeren, »
Bien qu'il ait peint à l'huile dans le principe, Jan Hanse de Milde ne manqua pas, comme son beau-frère, Isaac Junius, de peindre sur faïence, et il semble avoir été la souche d'une importante lignée de plateelbackers qui brilla jusqu'au milieu du dixhuitième siècle. Son fils Johannes de Milde, baptisé le 28 mars 1644, suivit la profession paternelle, et fut reçu Maître le 23 juin 1692.
i32. JACOB MARINIS. 1643.
Frère, sans doute, de Cornelis Marinis, il habitait sur VAchterom. Le 5 juillet 1643, il épousa Burchyen Adams. La mention du Registre des mariages le désigne comme plateelbacker (HL. n«4i).
i33. CORNELIS WOUTERSZ. 1644.
Il habitait la Molsîaen. Le 3 janvier 1644, il épousa Aeltyen Pietersz, demeurant sur VOud'Delft, et prit, sur les registres de la paroisse, la qualité de plateelbacker (HL. n<» 41). Il était probablement frère de Jacob Woutersz, mentionné plus haut.