‹ Histoire de la faïence de Delft (volume 4)Chapitre 1 sur 276 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

es Biographies qui composent cette seconde partie ne sont empruntées à aucun des ouvrages précédemment publiés. Ces ouvrages, du reste, n’auraient pu être pour nous qu’une source d’erreurs. Elles ont toutes été entièrement reconstituées d’après des documents officiels, ignorés pour la plupart, ou qui, par les difficultés de lecture qu’ils présentaient, n’ont pu être consultés par nos prédécesseurs.

Ces documents, et c’est là leur grand mérite, sont aujourd’hui à la disposition de tous les érudits. C’est donc pour nous un devoir d’indiquer, à ceux qui dans la suite voudraient contrôler ou compléter notre travail, les sources où nous avons puisé.

De 161 1 à 1715 les noms des Maîtres faïenciers nous ont été fournis par les Meestersboeken de la Gilde de Saint-Luc, formant deux registres manuscrits déposés à la Bibliothèque royale de la Haye. Passé ce temps, nous avons eu à notre disposition la liste des faïenciers dressée en 1759, « Naamen der Meesters plateelbackers beneevens derselver Plateelbackerijen en haare woonplaatseti», et retrouvée par nous aux Archives de Delft; ainsi que le registre des marques de 1764, « Merken van de Mrs Plateelbackers binnen Delft », déposé dans ces mêmes Archives. Enfin, pour les derniers temps, une série de placets, de résolutions, et surtout le Projet de règlement, « Concept reglement voor de fabrikanten , etc. », nous ont fourni, par les signatures qu’ils portaient ou les indications qu’ils renfermaient, des renseignements fort précieux. Quant aux lacunes laissées entre ces documents successifs, nous les avons comblées de notre mieux au moyen des documents céramiques que nous avons rencontrés dans les principales collections. C’est ainsi que, par exemple, l’existence de F. van Frytom, de G. Verhaast, de Piet Vizeer, etc., etc., qui était attestée par des signatures bien authentiques, a pu se trouver éclaircie par nos recherches dans l’état civil de Delft.

Fig. g3. — Statuette polychrome, à M. Arosa.

Ces recherches ont porté sur l’ensemble des cent soixante-cinq volumes qui constituent le Burgerlijke stand de Delft, depuis les époques les plus reculées, c’est-à-dire depuis i5y5, jusqu’en 1808. Les huit à neuf cent mille mentions renfermées dans ces cent soixante-cinq volumes, qui représentent la vie d’une importante cité pendant plus de deux siècles, ont été dépouillées par nous avec autant de soin qu’il nous était possible. Nous ne prétendons pas qu’il n’ait pu se glisser dans cette longue et pénible lecture, embrassant cinq à six millions de noms propres, souvent mal orthographiés et fort difficiles à lire, quelque omission, ou même quelque erreur; mais nous espérons que les amateurs, auxquels cette partie de notre livre s’adresse spécialement, nous les pardonneront à la faveur du travail exceptionnel que nécessitait une pareille tâche et de la multitude de renseignements qu’elle nous a fournis ; car non-seulement l’état civil est venu compléter les indications qui nous étaient données par les livres précédemment cités, mais il nous a encore révélé l’existence d’un chiffre considérable de faïenciers qui n’étaient pas mentionnés sur les registres de la Corporation. C’étaient là incontestablement des faïenciers de second ordre, ou même encore des ouvriers. Nous avons cru, néanmoins, devoir recueillir leurs noms. Et pour que, dans la série de nos Biographies, on les distinguât facilement, nous avons fait précéder du titre de Maître ceux de tous les plateelbackers qui se trouvent mentionnés dans les pièces officielles relatées plus haut.

Enfin, parmi les documents que nous avons consultés, il nous faut encore citer les Livres d’impôt sur les foyers, « Register vaut’ haertsteedegelt, etc. », et les Registres des biens-fonds, « Legger van de Verpondingen, etc. », auxquels nous sommes redevables de précieuses indications sur les principales fabriques et sur leur situation. Les titres de ces registres sont, du reste, mentionnés après chacun des renseignements qu’ils nous ont fournis. Pour les livres de l’état civil, nous avons indiqué également leurs numéros d’ordre et leur nature par des initiales. DB. signifient Doopboek , ou livre de baptême; TB., Tromvboek, ou registre du mariage civil ; HL .^Hwvelycks legger , livre du mariage religieux. Quant aux chiffres qu’on rencontrera sans lettres explicatives, ils indiquent les registres de décès. Grâce à ces précautions, nous espérons que les « curieux » qui seraient désireux de reprendre notre travail pour le compléter ou le parfaire, se retrouveront aisément dans les deux cents volumes manuscrits qui lui ont servi de base.

Ces Notices biographiques sont rangées chronologiquement. La date qui nous a servi de point de départ pour notre classement est celle où pour la première fois nous avons rencontré le nom du faïencier accompagné de la désignation professionnelle, et c’est également celle que nous avons consignée en tête de chacune de nos Notices.

Fig. 94. — Fleuron composé avec les principales enseignes des anciens faïenciers de Delft.

Page 1