‹ Histoire de la faïence de Delft (volume 4)Chapitre 129 sur 276 · A LA ROSE · texte numérisé non relu

A LA ROSE

Appartenant à une famille bourgeoise de Delft, Arendt Cosijn épousa, le 10 mai 1671, Maria van der Houve (HL. n“ 53). A cette époque, il habitait dans la Choorstraat. Le

12 août 1675, il fut admis dans la Gilde de Saint-Luc en qualité de Maître plateelschilder. La confection de son chef-d’œuvre lui avait demandé quatre jours. 11 s’établit sur le côté occidental de VOud Delft, à l’enseigne de la Rose.

La fabrication de la rose est justement célèbre. Ses ouvrages décorés en camaïeu bleu peuvent être rangés parmi les plus remarquables qu’ait produits la céramique de Delft. Il est en effet peu de pièces qui soient plus délicatement exécutées et plus artistiquement décorées; exemple ce ravissant pot à bière, qui, après avoir été l’ornement de la collection Van Romondt, est aujourd’hui conservé au Nederlanscli Muséum. Cette A \ . . f pièce que nous reproduisons plus haut (fig. 36) porte la signature

J \ tD ^ y ci-contre, et, par l’analogie existant entre les figures qui la décorent et celles que nous voyons sur le magnifique violon de M. J. F. Loudon, nous n’hésitons pas à attribuer cette dernière pièce (voir planche IX) à la fabrique de la Rose.

Les pièces polychromes qu’a produites cette manufacture sont également fort remarquables. Elles montrent une grande richesse de décor, jointe à une grande élégance de formes. Les rouges, toutefois, en sont souvent un peu pâles et manquent de vigueur, mais le dessin est toujours correct et gracieux. Une bouteille de la collection de M. Frédéric Fétis, que nous donnons fig. 107, fait bien juger de ce genre de produits. Ces pièces polychromes sont également marquées du nom de la fabrique écrit en toutes lettres. C’est du moins cette marque que nous relevons sous la bouteille dont il vient d’être question, ainsi que sous un joli pot appartenant à M. Paul Sazerac à Angoulême, et sous une assiette de la collection Evenepoel, etc., etc.

La marque de la fabrique de la Rose n’est toutefois rien moins que régulière. Souvent elle consiste en un tout simple, comme sous l’assiette polychrome de M. Patrice Salin, que nous reproduisons plus loin; d’autres fois, elle consiste dans un entouré de

Fig 107. — Bouteille à dos plat, décor polychrome (fabrique de la Rose)

(Collection de M. F. Fétis.)

points. Cette dernière marque se trouve le plus souvent sous de petits objets, des boîtes à thé, par exemple.

Enfin, un certain nombre de pièces sont marquées avec des roses affectant différentes formes, dont voici les principales :

La première provient d’un petit plat à fraises, à bords découpés, forme Louis XV,

Notices biographiques.

décor en camaïeu bleu, motif chinois, lequel se trouvait dans la collection de M. Van den Kerkhove, artiste peintre à Bruges.

J’ai relevé la seconde sur une assiette polychrome, motif japonais, bleu avec des rouges et des ors abondants, et qui existe dans la collection de M. Paul Gasnault.

Enfin, la troisième, qui comporte le nom et l’emblème, a été copiée chez M. le comte de Liesville sur un petit plat octogone, décoré en camaïeu bleu, d’un travail très-délicat et d’une fort jolie pâte.

Le 17 septembre 1714, la manufacture de la Rose passa entre les mains d’AnRAHAM van Dyck.

33o. ME ALARDUS VAN KLEINHOVE. i675.

Fils de Quirijng Aldersz van Kleinhoven, alors syndic de la Corporation, et de Engeltgen Pieters van Oprust; il fut baptisé à la Nieuwekerk, à Delft, le 17 novembre 1654 (DB. n° 14). Le 3i mai 1682, il épousa Margarietha van den Berg, originaire d’Amsterdam. Il fut admis, le 9 septembre 1675, en qualité de Maître plateelbacker, dans la Gilde de Saint-Luc, et dispensé des épreuves.

Il succéda, sans doute, à son père et continua sa fabrication. Il paraît, du reste, avoir joui d’une grande considération dans sa ville natale, car il figura sur la liste des syndics de la Corporation de Saint-Luc en 1686, 1690 et 1691.

33 1. ME DIRCK VAN DER KEST. i675.

a l’enseigne du BATEAU.

Appartenant à une famille bourgeoise de Delft, il épousa, vers 1667, Anna Claes van der Linde, dont il eut trois fils (DB. n° i5 ). Il fut admis, le 3o décembre 1675, en qualité de Maître plateelbacker, dans la Gilde de Saint-Luc.

Le 21 mai 1696, il entra, en qualité de contre-maître, chez Reyer Hey, à l’enseigne du Romain ( in de Romeyn). Il n’y resta pas longtemps, car, vers 1698, il succéda à Harmen Groothuisen comme propriétaire de la manufacture du Bateau (in de boot).

Il paraît avoir conservé cette position jusqu’au 14 mars 1707, époque à laquelle cet établissement passa entre les mains d’un jeune Maître plateelschilder Willem van Dale, qui s’était fait admettre le même jour dans la Gilde de Saint-Luc.

La fabrication de Dirck van der Kest se distingue surtout par la dureté du bleu qu’il emploie. Celui-ci prend des teintes presque noires qui le font facilement reconnaître. Dirck affectionnait, en outre, les motifs religieux, et la plupart des décors qu’il représenta sur ses assiettes ou sur ses plats sont empruntés à l’Evangile.

Le dessin, lui aussi, est brutal, naïf comme exécution et souvent peu soigné. Dans les petites pièces où ces défauts s’atténuent et où l’on trouve plus de soin et de recherche, on sent néanmoins qu’on n’a pas affaire à un artiste de premier ordre.

Parmi ces objets de petite dimension traités avec une habileté plus grande, nous devons citer une boîte à thé de forme carrée, avec l’histoire de Tobie. C’est une des meilleures pièces qu’ait produites van der Kest. Elle est signée

Si le dessin et l’ornementation sont généralement faibles, par contre la partie technique de ses produits est bien traitée. La couverte très-légèrement azurée est d’une grande pureté, et l’émail ne manque pas d’éclat.

Le 26 août 1686, Dirck fit admettre son fils, Nicolas van der Kest, dans la Gilde de Saint-Luc, en qualité de Maître plateelbacker.

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