‹ Histoire de la faïence de Delft (volume 4)Chapitre 161 sur 276 · JOHANNES BRAKEL · texte numérisé non relu

JOHANNES BRAKEL

Il épousa, le i5 mai 1689, Cornelia Hoefnagel. L’acte de mariage (HL. n° 57) nous apprend qu’il demeurait Gasthuislaan et qu’il exerçait la profession de plateeldrayer.

( plateelschilder ), par la Gilde de Saint-Luc, et s’établit à l’enseigne de la Double Burette (jnde Dubbelde Schenkkan) avec trois apprentis.

Ses produits ne tardèrent pas à attirer l’attention. Ils étaient, en effet, d’une qualité exceptionnelle. Ce sont ces belles potiches, ces gracieuses bouteilles décorées au grand feu, qui nous ravissent encore aujourd’hui par l’élégance de leurs formes et la richesse de leur ornementation. Celle-ci était cependant obtenue avec un nombre limité de couleurs, trois généralement, parfois quatre: le rouge de fer, le brun de manganèse presque noir, le bleu et le vert; on connaît également quelques pièces avec du jaune; mais ces couleurs habilement disposées, heureusement opposées, forment le plus souvent des dessins orientaux d’une grâce exquise, sur lesquels se détachent des guirlandes ou des lambrequins noblement dessinés.

Beaucoup de ces pièces sont cannelées ou côtelées, ce qui était la grande mode d’alors; la pâte est de finesse courante, la couverte manque parfois de blancheur, et semble mêlée à quelque substance grasse qui aurait empêché les couleurs de se fixer uniformément; mais l’émail est toujours éclatant, et le décor digne d’être pris pour modèle.

La marque de Louwys Fictoor se compose de ses deux initiales combinées d’une façon assez singulière et qu’il serait assez difficile de distinguer de celles de Lambartus Eenhoorn, si l’un et l’autre n’avaient pris soin de faire accompagner leurs marques respectives d’autres lettres ou signes qui peuvent servir à les caractériser. C’est ainsi que le monogramme de Louwys Fictoor est souvent accompagné des lettres D S ou D K, initiales de son enseigne Dubbelde Schenkkan ou Dubbelde Kan, et

aussi du monogramme appartenant à Jan Pietersz, qui fut contre-maître chez

Malgré sa qualité d’étranger, il fut nommé doyen après dix ans d’exercice, et il remplit les fonctions de syndic pendant les années 1700-1701, 1704-1705, 1707- 1708-1709 et 1713.

Le 29 avril 1 685 , Louis Fictoor avait épousé Elisabeth van Swenne, fille du céramiste

Page 1