‹ Histoire de la faïence de Delft (volume 4)Chapitre 163 sur 276 · ME ADRIAEN PYNACIvER · texte numérisé non relu

ME ADRIAEN PYNACIvER

Fils du boulanger Symon Jacobsz Pynacker et de Diewertge Floris van der Laer, et par conséquent frère du plateelbacker Jacobus Pynacker, Adp.iaen semble avoir appris son métier chez le célèbre Aelbrecht de Keizer, dont il épousa la fille Willemyna (née

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en i65i). Après la mort de son beau-père, il entra sans doute chez son frère, proprié- • taire des Trois Bouteilles de porcelaine. C’est du moins avec lui, et avec son

beau-frère Cornelis K.EiZER,que nous le trouvons associé en 1680, lors du dépôt opéré par tous trois de cette fameuse marque que nous avons déjà signalée.

Dix ans plus tard, soit qu'il ne put s’entendre avec son frère, soit pour tout autre motif, il paraît avoir brusquement rompu l’association et s’établit à son compte : mais comme il avait négligé de se pourvoir d’un brevet de Maîtrise, il dut s’adjoindre un étranger, Pieter Poulisse, qui « affranchît » sa nouvelle fabrique (e5 juillet 1690).

Le i5 octobre 169 3, Adriaen se faisait admettre à son tour comme Maître plateelbacker

Fig. 112. — Pot à bière, décor polychrome, fabrication d’ Adriaen Pynacker. (Collection de M. Meuraud.)

et prenait dès lors la haute main dans son exploitation. Toutefois, il paraît avoir été moins bon administrateur qu’habile artiste, car en 1696, c’est-à-dire après six années seulement d’établissement, il renonça à sa manufacture et entra à la plateelbackerij du Sauvage, chez Cornelis Hoelaert (3o janvier 1696), où il resta jusqu’au Ier novembre 1707, époque à laquelle il fut remplacé par Johannes de Milde.

Presque tous les produits d’ADRiAEN Pynacker portent son monogramme, et par la beauté de la couverte, l’élégance de la forme, la pureté et l’éclat de l’émail, la finesse et la distinction de l’ornementation, ils sont très-facilement reconnaissables. Le décor est généralement copié ou tout au moins inspiré par le vieux japon, et l’on peut dire que amais imitation ne fut plus brillante. Non-seulement pour les profanes, mais même pour les yeux les plus exercés, l’illusion est permise.

Nous reproduisons ci-contre la signature qu’on rencontre le plus souvent surles œuvres d’A. Pynacker; elle est généralement tracée

C^Qotices biographiques.

Soi

en rouge. Parfois cette signature, écrite à la hâte, est singulièrement défigurée. D’autres fois, elle prend des allures majuscules, comme dans le chiffre de droite, et, sous cette forme, elle a été attribuée à un Samuel Pieter Roederer (?), dont il n’existe aucune trace dans l’histoire de Delft. Elle fut, du reste, contrefaite par un grand nombre de céramistes, et il paraît assez probable que pendant tout le temps que dura l'association d’ Adriaen avec son frère, les produits de leur usine commune ne portèrent pas d’autre marque.

Indépendamment de ces belles copies du Japon dont nous parlions à l’instant, on connaît d’autres œuvres fort remarquables d’ADRiAEN Pynacker; je veux parler de ces remarquables spécimens de polychromie au grand feu (voir fig. 112), et de ces délicieuses pièces à fond noir, dont le décor est tracé sur réserves blanches. Dans ce genre, je citerai la belle garniture qui appartient à MM. Terme et Fallise de Liège (planche XVIII) , la jolie théière de M. John F. Loudon, et les soucoupes qui se trouvent au Musée de Sèvres et dans la collection de M. Gasnault (fig. 3i).

On connaît aussi quelques pièces décorées en camaïeu bleu, mais elles n’ont rien de très-extraordinaire. M. Evenepoel, à Bruxelles, possède une tasse dans ce genre; madame Montagne, à Paris, un plat à crêpes, et j’ai vu chez M. Caillot un grand plat bleu, portant la signature d’ADRiAEN, avec la date 1715.

De son mariage avec Willemyna de Keizer, A. Pynacker avait eu six enfants (1681-1691. DB. n°> 5, 6 et 16). Devenu veuf, il se remaria avec Maritje Hoogeveen, dont il eut une fille qui fut baptisée à YOudekerk, à Delft, le 17 avril 1696 (DB. n° 6).

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