‹ Histoire de la faïence de Delft (volume 4)Chapitre 247 sur 276 · ME DIRCK VAN DER DOES · texte numérisé non relu

ME DIRCK VAN DER DOES

a l’enseigne de la ROSE.

Fils d’ADRiAEN van der Does et de Cornelia Gaal, il fut baptisé à la vieille église de Delft, le 3o août 1729 (DB. n° 7). 11 embrassa de bonne heure la profession de plateelbacker, et succéda à Abraham van Dyck comme propriétaire de la Rose. Il figure avec ce titre sur la liste de 1759 ; et, en 1764, il fit le dépôt de sa marque. Celle-ci TTAv était double. Elle consistait soit dans ses ini—

ff J NL H tiales, soit dans une rose très-simplifiée. La

première de ces deux marques se rencontre rarement, du moins dans la

forme indiquée par le dépôt. Les deux chiffres cicontre, relevés au Musée de Rouen sur deux beurriers se faisant pendant, et qui sont la reproduction de ce même monogramme par deux mains différentes, montrent comment, d’une pièce à l’autre, une signature peut se modifier.

La rose seule est également fort rare. Je l’ai relevée toutefois sous un petit plat à harengs de la collection Colson à Bruxelles. De son côté, M. Jacquemart a noté des" assiettes assez grossières qui étaient marquées

11 est probable que, du temps de van der Does, on employa encore quelques-

ü'Qotices biographiques.

unes des Roses que nous avons indiquées plus haut (voir page 274). Quant à sa signature, que nous avons pu relever sur les registres de Delft, elle était magistrale.

En 1757, Dirck van der Does avait épousé Susanna Margretta Molenaar. Il en eut trois enfants. Le premier de ces enfants, une fille du nom d’Adriana Cornelia, fut tenue sur les fonts par Cornelia Gaal, veuve van der Does, mère de Dirck, et par le frère de celui-ci, Willem van der Does (8 avril 1759. DB. n° 9).

737. Me GERRIT BROUWER, ET PLUS TARD SA VEUVE. I75(). a l’enseigne de la LAMPETTE.

Gerrit Brouwer épousât, en 1755, Maria van der Hagen, fille de l’illustre céramiste Johannes Verhagen, à cette époque veuve de Maarten van der Ceel. Le 29 juin 1756 (DB. n° 8), il en eut une fille, qui fut baptisée à YOudekerk et reçut les prénoms de Wilhelmina Maria. Vers la même époque, il prit la direction de la Lampette; mais il mourut peu après, et sa veuve continua l’exploitation. En 1759, elle fut inscrite sur la n liste des fabricants, et, en 1764, conformément aux ordon-

&-• // . nances, elle fit le dépôt de sa marque, qui consistait dans le

J C\ W nom jg son établissement. Cette marque, toutefois, se rencontre

rarement complète; le plus souvent, le nom de la Lampetkan subit une mutilation, ou tout au moins une abréviation. Cette abréviation n’est elle-même rien moins que régulière. D’un objet à l’autre, elle varie, et parfois dans la même série. Les deux marques ci- / i contre ont été relevées sur deux assiettes, appartenant l’une '* à madame de Stolipine, à la Haye; l’autre à M. Jourde, à Paris, et qui ont fait assurément partie du même service.

Les produits de la Lampette ne se recommandent pas, du reste, par une finesse extrême. Polychromes ou bleus, ils s^j^le plus souvent ordinaires. L’émail est brillant, l’engobe est pur, mais l’ornementation est lourde. Les plats les plus remarquables représentent des fruits ou des cartes en trompe-l’œil. C’est de l’art de troisième main.

Voici la signature de Maria van der Hagen :

Une mention recueillie sur le Derde recognitie boek (aux Archives de Delft) nous apprend qu’en 1779 la veuve Brouwer dirigeait encore l’établissement de la Lampetkan.

738. ME JOOST ou JUSTUS BROUWER. i 759. a la HACHE DE PORCELAINE.

Fils de Joost Brouwer et de Willemina van Veenendaal, il fut baptisé à Delft le 5 juillet 1716. Le 21 juin 1739, il épousa Christina van Oorden, née en 1701, et dont le père avait été envoyé extraordinaire des Provinces - Unies en Suède. De ce mariage naquirent deux enfants, qui furent baptisés à ïOudekerk , Hugo en 1740, et Willemina en 1743.

Malgré la haute position qu’occupait sa famille, Justus n’hésita pas à reprendre la

Fig. 120. — Plat décoré en camaïeu bleu, faisant partie de la série de la pêche au hareng.

(Collection de M. Meurand.)

fabrique de la Hache de porcelaine, fondée par son homonyme Huibrecht Brouwer. Grâce à sa grande fortune, cette manufacture prit un développement considérable, et ses produits sont trop connus pour que nous ayons à les signaler aux amateurs. Nous retiendrons toutefois dans le nombre ces figurines curieuses, ces plats polychromes très-décoratifs, et surtout ces belles séries d’assiettes représentant la pêche à la baleine, la pêche au hareng, etc., qui peuvent compter parmi les spécimens intéressants de l’industrie faïencière.

En 1764, Justus fit le dépôt de sa marque, cette célèbre hache que tout le monde connaît. On lui attribue également quelques pièces portant indifféremment g — -1

Mn

l’une ou l’autre Arnauldet.)

l’autre des marques ci- contre. (Voir collections Jourde et ||jj

CbQotices biographiques.

Sa signature que nous reproduisons ci-dessous provient des Archives de Delft. Après lui, son fils Hugo reprit l’exploitation de la Hache de porcelaine.

73g. PIETER VAN DEN BRIEL. 1759.

ET PLUS TARD SA VEUVE, ÉLISABETH ELLING. a la FORTUNE.

A vis

C’est vers i6|6 qu’eut lieu le mariage de Pieter van den Briel et’d’ÉLiSABETH Elling. Le 24 septembre 1747, celle-ci accouchait (d’un fils qui reçut le prénom de Jan, et fut baptisé à la Nieuwekerk. Vers la même époque, Pieter prit la direction de la manufacture à l'enseigne de la Fortune. Il continua la fabrication et la marque de ses prédécesseurs; toutefois, on connaît quelques pièces portant son monogramme (voir ci-contre). Je citerai, entre - — — autres, une petite boîte à compartiments, décorée en camaïeu,

fort bien traitée, d’une jolie facture, et qui fait partie de la collection du docteur Mandl. En 1759, Pieter fut mentionné sur la liste des fabricants de Delft. En 1764, il était mort, et sa veuve dut faire le dépôt de sa marque et de son enseigne. It/Tf/TX -yj. Nous donnons, page 309, une reproduc- wv w JLJr • tion de l’enseigne, et voici à droite le calque de la marque. Il est à remarquer toutefois que les signatures qu’on relève sous les oeuvres d’ÉusABETH Elling diffèrent sensiblement de la marque déposée. Celle ci-contre a été copiée sous une fort jolie saucière rocaille, décorée en camaïeu bleu, et appartenant à M. Frédéric Fétis, de Bruxelles. Quant à la signature de la veuve van Briel, en voici 1 e. fac-similé :

740 ME JOHANNES DEN APPEL. i759.

a l’enseigne du BATEAU.

Il succéda à Johannes van der Kest comme propriétaire de la manufacture du Bateau fjnde Boot). Il figure en cette qualité sur la liste des plateelbackers, dressée en 1759; et en 1764, conformément à l’ordonnance du Magistrat, il fit le dépôt de sa marque : celle-ci consistait en ses initiales grossièrement indiquées. La production de den Appel ne paraît pas, du reste, avoir été très-distinguée. Les échantillons qui en sont parvenus jusqu’à nous sont plutôt grossiers que fins, et la fabrication laisse à désirer.

Pour le fabricant, on en sait peu de chose : il appartenait à une vieille famille de céra-

mistes. En 1659, nous avons déjà rencontré un plateelbacker de ce nom. Pour Johannes, sa trace dans les registres de l’état civil est insaisissable. Nous n’avons jamais rencontré son nom. Sa signature, que j’ai copiée sur le livre des Merken van der Meesters plateelbacker s, était celle • ci-dessus.

T T™** y\ Le monogramme ci-contre, relavé sous une petite vache poly-

| IB / *\ chrome, pourrait bien être une variante de la marque de * Johannes den Appel.

ca. GouawiUer

Fig. 1 2 1. — Plat à décor polychrome, avec le cartouche central en camaïeu. Fabrication de H. van Hoorn (collection de M. Meurand).

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