‹ Histoire de la faïence de Delft (volume 4)Chapitre 51 sur 276 · DIRCIv JANSZ · texte numérisé non relu

DIRCIv JANSZ

Le 26 octobre 1642, il épousa Hendrikje Stevens, et prit sur son acte de mariage la qualité de plateelbacker (HL. n° 41 ).

1 3o. ME AELBRECHT CORNELIS DE KEISER. 1642.

Il était étranger à la ville. Le 1 1 novembre 1642, il fut admis dans la Gilde de Saint-

Luc en qualité de Maître faïencier. Il avait épousé, avant cette époque, Lisbeth Willems, qui lui donna six enfants (DB. nos i3 et 14). Bien qu’il fût étranger, Aelbrecht de Keizer ne tarda pas à être en possession de la confiance de ses confrères. Lorsque, en 1648, les plateclbackers furent admis à nommer deux syndics ou chefs-hommes pour siéger parmi les doyens de la Gilde, il fut le premier choisi pour remplir ce poste élevé, et fut réélu à ces hautes fonctions en 1 65 3 , i658, 1661 et i663. En 1661, pendant l’un de ses exercices comme syndic, la Gilde transporta son domicile sur le Voldersgracht. Ses collègues des autres professions ayant décidé, pour témoigner de leur dévouement à la Corporation, de contribuer aux frais de la nouvelle installation, Aelbrecht de Keiser offrit, conjointement avec son collègue Quirijn van Kleinhove, dix chaises espagnoles couvertes en cuir de Russie.

C’est à la qualité supérieure et à la remarquable beauté de ses produits qu’il faut attribuer la haute influence qu’ Aelbrecht de Keizer exerça sur son industrie. Il fut le premier à imiter les porcelaines du Japon, et ouvrit ainsi à la faïencerie delftoise des débouchés nouveaux et d’autant plus productifs, que la porcelaine orientale était fort recherchée à cette époque. Ses ouvrages, excessivement remarquables, sont d’une extrême légéreté et d’une étonnante minceur. La couverte en est très-blanche et très-pure; le décor, très-fin et très-riche sans être trop chargé ; l’émail est superbe d’éclat. On remarque surtout de lui des tasses, des soucoupes, des assiettes, décorées en camaïeu (souvent à fond persillé), qui sont admirables de finesse et font illusion. Même la pièce en main on croirait voir de la porcelaine. Beaucoup de ces ouvrages sont marqués de ses initiales en bleu. D’autres portent cette même marque, mais tracée d’une façon plus élégante. Je citerai entre autres un grand plat à bords découpés, décoré en camaïeu bleu, appartenant à M. Suermondt à Aix la Chapelle, qui porte le monogramme Quant à sa signature, j’ai eu la chance de la retrouver dans les Archives de Delft. En voici le fac-similé :

Aelbrecht de Keiser maria deux de ses filles avec deux céramistes qui devaient jouir plus tard d’une juste célébrité, les frères Pynacker. L’aîné, Jacob Pynacker, épousa, en 1671, Teuntje, qui était née avant l’arrivée d’ Aelbrecht à Delft; et l’autre, Adriaan Pynacker, épousa, en 1680, Willemyna, qui avait été baptisée à Delft le icr octobre i65 1. Après la mort d’AELBRECHT, ses deux gendres s’associèrent avec son fils aîné, Cornelis, reçu Maître en 1668, et exploitèrent en commun, pendant quelques années, la manufacture paternelle, qui avait acquis une si juste célébrité.

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