OU DE MÉTIER
1. Hélie de La Flèche, de la maison de Beaugency, second seigneur sonnu , portait sur son écu et sur toutes les parties de son équipement de shevalier la croix de gueules , indiquant à tous par ce signe qu'il s'était
croisé, et que la nécessité de défendre ses possessions contre le roi d'Angleterre , Tarait seule empêché de se rendre en Palestine.
Plus tard , les armoiries des seigneurs de Beaugency furent échiquetéa d'or et d'azur f à la face de gueules.
2. Geoffroy-le-Bel, petit-fils de Foulques d'Anjou , qui lui céda sa souveraineté en montant sur le trône de Constantinople, porta le premier d'azur aux quatre lions rampants et lampassés de gueules.
Ces armoiries étaient placées sur son bouclier ; ce sont encore à peu pr^ les armes d'Angleterre, quoique d'autres, comme nous TaTons dit dans notre première période , prennent les lionceaux pour des léopards. — Voir musée du Mans.
3. Les comtes d'Anjou, devenus roi d'Angleterre, et appelés les Plantagenêts , portaient pour armoiries d'azur à deux lionceaux ou léopards d'or. Henri II, en épousant Eléonore d'Aquitaine, répudiée, malheureusement pour la France , par Louis-le-Jeune , ajouta à ses armes le troisième lionceau. Elles furent ainsi portées par ses fils. (\)
Par suite, leurs successeurs ajoutèrent plusieurs quartiers indiquant leurs nouvelles conquêtes. Ils avaient placé au premier quartier les armes de France. La devise de l'écu britannique est encore en français — Honni soit qui mal y peme, — ainsi que les inscriptions qui indiquent les noms et les titres des chevaliers de la Jarretière et du Bain dans les chapelles de Windsor et de Westminster; et comme il en est ainsi du serment, des statuts de ces Ordres et des principales formules de la couronne envers le Parlement britannique, il parait qu'on ne peut ni regarder ni écouter à la Cour d'Angleterre sans y trouver partout le sceau normand , et celui des Angevins, la marque, les meurtrissures et la trace ineffaçable de la conquête.
Mais le gouvernement et les princes anglais ont retranché de l'écu britannique les fleurs de lys sous le règne de Georges III, en exécution d'un article dont Bonaparte a fait la stipulation précise et dont il avait exigé Tinsertion au traité d'Amiens. C'est encore à dater de ce même traité que les rois d'Angleterre ne prennent plus le titre de rois de France, qu'ils s'obstinaient à porter depuis l'usurpation de la couronne de France par Henri M. Il est assez digne de remarque que les Français abandonnent toujours leurs anciennes coutumes, tandis que toutes les nations auliques de l'Europe ont
(1) On lit dans Collected bj Ralph Brooke, esqnire, 163S : « King Richard the first, « did bear fort his armes in his Paruis or Schild, one Lyon rampant; and this is the ûnX « Armes ever J. Could see ay authorilie for but asterwardard he baro three Lyons passuil « gardant. »
Ainsi, d'après Ralph Brooke , Richard I**" aurait placé sur son bouclier un lyon rampant j ce sont les seules armes, dit-il, qu'il aurait trouvées justifiées. Il ajoute qu*apr^, es prince prit les trois lions : deux pour la Normandie, et le troisième pour la Gnienne.
K)ur origine un usage français. — Mémoires de M^ de Créqui, v. II, p.
â et 53.
D'après Maître Louveau , les rois d'Angleterre porteraient depuis Guil-
aume-le-Conquérant de gueules à trois léopards d'or l'un sv/r l'autre ,
tnnoiries qui , dit-il , étaient les siennes. D'après cette opinion , ces princes ne les tiendraient pas de Geoffroy-le-
)el, d'où sortirent les Plantagenets.
€ Dix rois avaient régné depuis le Grand- Artus. Alors ^ écrit maître
t LouTeau, les Saxons subjuguèrent la Grande Bretagne, soit en CCCC-
i LIV (454) soit en CCCC-LXXXXVI (496) soit en DC-LXXXVI (686). « On attribue au roi des Saxons d'azv/r à la croix fleurencée d'or caU'
E tonnée de 4 merlettes de mime une en pointe, » € Quelques historiens disent que ces armes furent données par Charle-
i magne à Ardulphe lorsqu'il le rétablit sur son trône sous le pontificat de
: Léonin. (De 795 à 8^6.) € Elles furent conservées jusqu'au règne de Guillaume-le-Conquéranl ,
: qui les abolit pour faire arborer les siennes. « Edouard III écartela de France et d'Angleterre par suite de ses prétentions, comme l'avait fait Louis VIII appelé un instant au trône d'Angleterre par les seigneurs de ce pays. Jacques VI , roi d'Ecosse et d'Angleterre, y ajouta Ecosse et Irlande , de sorte que les armes d'Angleterre étaient au premier et au quatrième écartelé France et Angleterre, au deuxième, Ecosse, au troisième, Irlande.
€ Les Ecossais avaient été plus constants et avaient gardé le lion de gueules que leur premier roi mit sur son écu d'or. Seulement ils y ont ajouté un double essonier ou trescheur fleuré et contre-fleuré de gueules, duquel Charlemagne permit à Anchaius d'enfermer le lion de ses armes pour conserver à la postérité la mémoire de l'alliance offensive et défensive contractée entre eux vers 787. » — Vray et parfaite Science des
wmoiries, par Maître Louveau Gelliot, avocat au Parlement de Bfetagne,
iBgmentée par Pierre Palliot, imprimeur du roi. MDC-LXI. 4661. Nous devons répéter encore que l'usage des armoiries ne date que du
11^ siècle. Il reste cependant quelque doute sur l'établissement de cet usage,
a sujet duquel le P. Ménétrier rapporte dix-huit opinions différentes.
4. Les Beaumont , devenus seigneurs de La Flèche après les Plantagenets, sortaient d'or à cinq chevrons brisés de gueules, — Geoffroy, fils de licbard I«', vicomte de Beaumont, croisé avec le comte du Perche en 1202. - Autre part on lui donne d'azur à un lion d'or rampant à fleurs de lys ^or, et un bâton de gueules.
5. Louis de Brienne , époux de l'héritière de la maison et du titre de B maison de Beaumont, portait ({'azur au lion d'or et quatre billettes de ^nème (autre part semé de billettes).
i64 LA FLÈCHE ET SES SEIGNEURS.
6. Les d'Antenaise portaient aux croisades (Vargent à l'aigle éployê di sable. 419< Salles des Croisades. Depuis , vairé d'or et de gueules.
7. Marie de Beaumont-Brienne, fille unique de Louis de Brienne e( d'Agnès de BeaumoDt, épousa Guillaume Chamaillard , seigneur d'Antenaise , qui portait chevronné d'or et de gueules de huit pièces.
8. Marie Chamaillard d'Antenaise fut mariée vers 4391 à Pierre II, comte d'AIençon, du Perche et de Porhoet, appartenant à la branche i& Valois, qui devint seigneur de La Flèche, comme le furent successivement ses descendants : Jean I«', comte d'Alençon, puis duc; Jean II, duc d'Alençon; René et Charles, ducs d'Alençon; Charles étant mort sans enfants de son mariage avec Marguerite d'Orléans , sœur de François I*, la seigneurie de La Flèche passa à Françoise d'Alençon , femme de Charles de Bourbon, comte, puis duc de Vendôme.
Charles de Bourbon , du chef de sa femme, devint seigneur de La Flèche; cette seigneurie fut transmise à son fils , Antoine de Bourbon , époux d( Jeanne d'Albret.
Le prince de Béarn , depuis Henri IV, en hérita après leur mort.
Les armes des ducs d'Alençon étaient d'azur aux trois fleurs de lys d'of à la bordure de gueules chargée de huit cIoils d'or.
Charles de Bourbon , duc de Vendôme , portait de Fran<x à la barre ii gueules chargée de trois fleurs de lys d'or.
9. Henri IV, roi de France et de Navarre , Vécu de France d'azur an trois fleurs de lys d'or de deux à une, et Vécu de Navarre de gueules a« treillis composé de croix, sautoir, et orle de deux pièces de chaînes d'or, Ces deux écus, ainsi accolés , ont été portés par la maison de France depuii Henri IV jusqu'à et y compris Louis XVIII et Charles X.
10. Fouquet de la Varenne , premier seigneur engagiste de La Flèche, anobli par Henri IV, en 1 598 , reçut pour armoiries de gueules au létriei rampant d'argent , colleté d'azur, semé de fleurs de lys d'or.
Elles furent portées par son frère, Guillaume Fouquet de la Varenne, évéque d'Angers; par René Fouquet, son fils cadet et successeur; jai Claude P' Fouquet ; par Claude II , son petit-fils sans postérité. La seigneu* rie de La Flèche et le marquisat de la Varenne passèrent dans la maisoo de Champagne.
11. La maison de Champagne-La-Suze porte de sable fretté d'argenXt au chef d'or chargé d'un lion issant de gueules, armé et lampasà d'azur.
4° Hubert de Champagne; 2» Brandelis-René de Champagne, qui n'eal que deux filles ; l'ainée de celles-ci fit passer les biens des Fouquet de h Varenne dans la famille de Choiseul-Praslin.
12. Les Choiseul portent d'azur à la croix d'or, cantonnée de vinfi billettes, de cinq en ci^iq en sautoir en chorque canton.