‹ Histoire de La Flèche et de ses seigneursChapitre 182 sur 251 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

YIE ADMINISTHATIVE DE LA FLÈCHE (suite). - LE DmECTOIRE. — ADMINISTRATION INTRA MOROS. - ADMINISTRATION CANTONALE. - DO 13 BRUMAIRE AN IV (4 NOVEMBRE 1795) AU 18 BRUMAIRE AN VIU (9 NOVEMBRE 1799).

43 bramaire an IV (4 novembre 1795). L'assemblée primaire a nommé Tadministration municipale intra-muros; en font partie les sieurs Delarue, président, F. Meslin, L. Rocher, Desperrés et Jean Savardan, Perrinelle, Beaufiis, Mandroux, Desvignes, Monnier, Gâchez.

16 brumaire an IV (7 novembre 1795). Arrêté du département autorisant Tadministration à occuper une partie du collège.

Le local de la maison commune ne présentant ni distributions commodes ni assez d'étendue pour les besoins du service, le conseil avait songé à s'établir au collège , afin de pouvoir aussi dans les cas urgents communiquer immédiatement avec les autorités militaires. L'architecte Simon fut chargé de l'aménagement.

17 brumaire an IV (9 novembre 1795). Difficultés nouvelles pour les approvisionnements de la ville ; vives inquiétudes relatives aux Chouans.

18 frimaire an IV (9 novembre 1795). Le détachement de troupes cantonné à Genneteil ayant commis des désordres graves , un membre de l'administration fut nommé pour accompagner, par ordre du général Harty, le commandant Dubois et prendre des renseignements sur ce fait.

48 frimaire an IV (9 décembre 1795). Défense aux marchands de refuser l'argent de la République.

25 frimaire an IV (16 décembre 1795). Les citoyens Bourgoin et Poté sont chargés de dresser le catalogue des livres du collège.

4* pluviôse an IV (21 janvier 1796). Fête à l'occasion de la mort du dernier roi de France. Au retour de la cérémonie , tous les employés du gouvernement ou attachés à l'administration municipale ou centrale, tous les pensionnaires et entre autres les prêtres asssermentés étaient tenus de venir signer le procès-verbal.

188 LA flAche depuis 4789.

Nous ne transcrivons pas ici toutes ces signatures, quoiqu'on ne puisse y attaclier aucune idée de blâme ; à cette terrible époque on faisait non pas ce qu'on voulait, mais ce que voulaient les autres.

Nous savons que le district, supprimé, avait été remplacé par le canton.

12 pluviôse an IV {\^ février 1796). Il est établi au collège une maison de convalescence dans le bâtiment situé entre la cour des classes et la cour Verte, à prendre depuis l'escalier près de la bibliothèque jusqu'à la chambre sous la tour exclusivement. La bibliothèque était alors dans la salle appelée des Piliers, et la chambre sous la tour est celle qui sert de cabinet au bibliothécaire. La cour des classes était réservée pour les convalescents.

13 pluviôse an IV (2 février 1796). On fit ce même jour la cérémonie de la plantation d'un arbre de la Liberté au Carrefour de la Commune pour remplacer celui qui avait été coupé par les Vendéens.

Le 30 ventôse (SO mars 1796), M. Davy des Piltières est installé comme commissaire du directoire exécutif du canton, dont les membres étaient les sieurs Mousset, Bouché, Lemaignan, Bouré, Pino. — Conseil communal. M. Lemaignan était le président.

7 germinal an IV (27 mars 1796). Les recherches contre les prêtres nonassermentés deviennent très-ardentes dans toutes les communes du canton. Une instruction datée du 25 nivôse an IV (15 janvier 1796) indique surabondamment la marche que le directoire a suivie contre le clergé fidèle, non-seulement dans cette année, mais aussi dans les suivantes :

« La Convention nationale, y est-il dit, considérant que toutes les mac nœuvres des prêtres réfractaires n'ont pour but que le renversement de c la République, a cru que l'intérêt de la Constitution lui commandait de « déployer contre eux les mesures les plus actives et les plus vigoureuses; « elle a ordonné, en conséquence, par l'article 10 de la loi du 3 brumaire « dernier, que les lois de 1 792 et de 1 793 relatives aux prêtres sujets à la c déportation ou à la réclusion seraient exécutées dans les 24 heures à la « promulgation de son décret , et elle a soumis à la peine de deux années « de détention les fonctionnaires publics qui seraient convaincus d'en avoir « négligé l'exécution. »

c Conformément à cette disposition, le directoire rappelle à tous les « fonctionnaires publics que l'article 1*^ de la loi du 20 fructidor n'est plus c applicable aux prêtres sujets à la déportation ou à la réclusion , ainsi que « voudraient le faire entendre les corrupteurs de l'esprit public. Les seules « lois qui doivent être invoquées contre eux sont celles de 1792 et de 1793, « et notamment celles du 29 et 30 vendémiaire de l'an II (20 et 21 octobre « 1793). Le législateur a rejeté tous les ménagements pusillanimes qui « pouvaient laisser quelques espérances aux inculpés. L'indulgence n'eut « fait qu'entretenir la contagion du mal ; et il a voulu l'extirper jusqu'à la « racine.... »

Les administrateurs de la Sarthe furent dénoncés au Directoire comme n'ayant pas suivi les prescriptions qu'ils avaient reçues et ayant accordé une protection aussi scandaleuse que solennelle aux prêtres réfractaires et aux émigrés. Ils se défendirent avec succès; car leur destitution, prononcée par un arrêté directorial, le 10 germinal an IV (30 mars 1796), fut annulée, et les citoyens Daguin , Théophile Leclerc, Gargam et Goupil reprirent la conduite des affaires dans le département.

Us remplirent leur triste mission avec zèle ; car sur les dix-huit prêtres mis à mort dans les cinq premiers mois de l'année 1796, dans tout le territoire français, on en compte six appartenant au diocèse du Mans. (1)

8 germinal an IV (iS mars 1796). La Convention n'avait pas reculé devant la vente du bien des pauvres; les biens de l'hospice de La Flèche avaient été considérés comme nationaux et avaient subi le sort de ceux qui appartenaient soit à l'Eglise soit aux émigrés.

Nous sommes en mesure d'indiquer quel en fut le résultat pour la Nation.

Les citoyens Boisson et La Lammerie , administrateurs de l'hospice , déposèrent le 8 germinal an IV l'état de tous les biens fonds et rentes composant le patrimoine du ci-devant Hôtel-Dieu réuni audit hospice.

D'où il résulte qu'il a été vendu , quant aux biens fonds, pour 594.075 livr.

Qu'il a été remboursé à la Nation pour rentes 73.214 livr. 12 s. 4 d.

Qu'il est encore dû par la Nation , tant pour rentes foncières qu'hypothécaires assignées sur le Trésor public et sur les biens des émigrés , 3,149 livres 14 sols de rentes, donnant au denier vingt en principal 63 .000 livr. »» s. » d.

Que d'autres débiteurs de rentes pour mille livres ont fait leur soumission pour rembourser 20.000 livr. »» s. » d.

Total touché ou à toucher par la Nation. . 750.289 livr. 12 s. 4 d.

Il ne reste plus à l'hospice d'autre bien que la somme de 1 ,484 livres de rente en fermes ou maisons.

D'après ce simple compte , esl-il permis de dire et de faire croire au peuple que la Révolution a été faite par lui et pour lui?

10 germinal an IV (30 mars 1796). Célébration de la fête de la jeunesse.

10 floréal an IV (29 avril 1796). Fête des époux.

(1) Bom Piolin, Eglise du Mans, r. III, p. 298.

A cette fête, le président de l'administration intra-'fnuros a nommé ceux qui , par des actions louables, avaient bien mérité de la patrie :

Le citoyen Le Monnier, notaire , blessé dangereusement à la défense de la ville.

Pour avoir recueilli des orphelins :

Les citoyennes Perrinelle, Anne Grandin, femme Roiuseau; les citoyens Flev/ry et Georges Couchot.

On fit ensuite la lecture des rapports sur les victoires remportées par l'armée d'Italie.

13 floréal an IV (2 mai 1796). Ecoles primaires; trois écoles, dont deux au presbytère et une au petit collège.

17 floréal an lY (6 mai 1796). Par ordre du département, transfert au Mans des citoyens Renouard et Giroust, prêtres insermentés. Celui-ci était curé de Vilaines.

Séance du 17 floréal an IV (6 mai 1796). Organisation de la garde nationale.

18 prairial an IV (8 juin 1796). Fête de la Victoire et de la Reconnaissance.

Cette fête fut célébrée simultanément et de concert par l'administration municipale de la commune de La Flèche et l'administration du canton rural. Les noms des citoyens des deux arrondissements qui consacrent leur temps et leur vie au service de la patrie ainsi que de ceux qui sont morts glorieusement dans les combats, sont proclamés à haute voix. Les défenseurs blessés, les pères et les mères de ceux qui se sont signalés reçoivent de la part des oiQciers municipaux un témoignage public de la reconnaissance nationale; on délivre en même temps aux veuves des brevets de pension accordés par le gouvernement.

Le procès-verbal est signé Lemaignan, président provisoire du canton, Hamon, Meslin, Davy des Piltières, Liberge, Savardanfils, Rocher, Dulac secrétaire.

Séance du 13 prairial (1*' juin 1796). Nous ne voulons pas omettre de rendre compte d'une séance où se trouve rappelé le souvenir de M"» de la Bouillerie, née de Bascardon, si honorée à La Flèche.

L'administration municipale étant rassemblée, a comparu la citoyenne Victoire Etard de Bascardon, laquelle a présenté un arrêté du 9 floréal dernier portant que provisoirement , elle est envoyée en possession et jouissance d'une rente de deux mille livres , seul objet dépendant de la succession d'Alexandre-Pierre RouUet (de la Bouillerie, ancien maire, sous-préfet deLaFlèche jusqu'en 1830), son mari, émigré, résultant, ainsi qu'il est énoncé audit arrêté, de leur contrat de mariage et dû par RouUet Bouillerie et Louise-Françoise-Joseph Belin, son épouse, père et mère dudit émigré, à la charge par la pétitionnaire de donner caution, qui sera reçue par l'ad-

mînistratiOQ municipale de La Floche, et de rendre compte de la jouissance de ladite rente, lors de la liquidation de ses droits et lotissement de son douaire.

La citoyenne Adélaïde Fontaine-Biré , fille majeure , est admise pour se rendre caution de ladite citoyenne Etard Bascardon.

82 prairial an IV (10 juin 1796). Réparation du port Luneau et du pont des Carmes ; prix : 6,835 livres.

25 prairial an IV (13 juin 1796). Estimation des biens Tendus et à yendre de Louis de Nau , émigré , mari d'Athénaïs Belin Langlottiëre.

I** messidor an IV (19 juin 1796). Charlotte Drouin, femme de Cardin- Victor Le Bret , émigré , est autorisée à demeurer à La Flèche dans la maison de son mari.

8 messidor an IV (S6 juin 1796). Le conseil arrête : 4® Que la demande au sujet du collège exprimée par un citoyen présente pour cette commune des avantages bien reconnus, sera adoptée par la municipalité.

2* Que le collège étant utile à la ville de La Flèche , à celles environnantes et même à la République par la conservation du plus beau monument de ce genre , qui existe dans son étendue , on se conformera avec empressement à ce que la loi du 3 brumaire prescrit sur instruction publique et on remplira avec exactitude les conditions qu'elle exige.

Les signataires de cette délibération si importante pour notre maison de La Flèche sont les sieurs Savardan, Liberge aine, Meslin et Rocher.

Nous avons lieu de penser, d'après une constante tradition, que l'initiative de cette proposition a été prise par H. Savardan.

16 messidor an III (4 juillet 1796). Les sieurs Couchot et Aleton , prêtres, obtiennent l'autorisation d'exercer dans la commune de La Flèche le culte connu sous la dénomination de culte catholique,

20 messidor an IV (8 juillet 1796). On procède au désarmement dans les diverses communes. Commissaires nommés à ce sujet.

Dès les premiers jours de juin (prairial et messidor) il y eut une suspension d'armes entre les Chouans et les Républicains. Les membres de l'administration du département de la Mayenne écrivirent, le 16 prairial (4 juin), au ministre de la police : « Aux troubles qui ont désolé le déparc tement succèdent la paix et la tranquillité ; la très-grande majorité des c rebelles viennent déposer les armes. »

Les mêmes magistrats envoyèrent , le 4 messidor (22 juin), une circulaire qui disait que la paix étant rétablie partout , il n'y avait plus d'obstacle à tenir les foires dans les lieux où elles devaient se rassembler. Quelques jours auparavant, le général Watrin , qui commandait au Mans , et qui, soit dit à sa louange, avait contribué puissamment par sa conduite conciliatrice à l'apaisement des esprits , publiait une proclamation pour préconiser la paix.

Aussi on lisait dans les Affiches du Mans, du 5 messidor an IV (23 juin <796) :

« La paix règne enfin dans les cantons du département. Les Chouans « viennent tous les jours se rendre avec armes et reconnaître la Répuc blique. Les routes, depuis si longtemps désertes, sont actuellement c remplies de citoyens qui viennent aux marchés et voyagent librement « pour leurs affaires. »

Cette paix fut malheureusement de peu de durée , et ce furent encore les provocations hostiles des troupes républicaines qui en amenèrent la rupture. (1)

L'administration elle-même y contribua. Le commissaire du directoire exécutif dans la Mayenne établissait deux catégories de Chouans : les cultivateurs qui avaient été séduits et s'étaient soumis (et ceux-là il faut les protéger) ; les émigrés , nobles , prêtres , déserteurs , gens sans aveu (et ceux-là il faut les tenir pour ennemis irréconciliables) : « Activez près « d'eux, dit-il, les mesures de la police la plus sévère.... » C'était bien méconnaître le caractère particulier de cette guerre intestine, dont le paysan était le premier fauteur.

30 messidor an IV (48 juillet 1796). Ordre de l'administration cantonnaie de se préparer à planter, le 10 thermidor (28 juillet 1796), les arbres de la Liberté dans toutes les communes où les Chouans les avaient détruits.

10 thermidor (28 juillet 1796). Fête de la Liberté.

Invitation aux populations , de la part du directoire exécutif du canton , de se rendre à la fête qui sera célébrée le 23 thermidor (10 août 1796).

Des instituteurs sont installés dans les communes de Clermont , Bazou* ges , Crosmières , Saint-Germain. On met à leur disposition les jardins et maisons des anciens presbytères dont les baux sont résiliés de droit par cette mesure.

21 thermidor an IV (8 août 1796). Charles-Louis-Marîe Auvé, directeur de la poste aux lettres , et Baillif , commis , sont admis à prêter serment.

8 fructidor an IV (25 août 1796). Le commissaire du directoire exécutif donne lecture de la loi du 3 brumaire portant institution de fêtes nationales et de l'arrêté du 27 thermidor, qui détermine la manière dont sera célébrée le 1 0 fructidor la fête des Vieillards.

En exécution dudit arrêté , l'administration municipale a désigné au scrutin les citoyens Gaudin et Bodereau, invalides décorés du médaillon et pères de famille, et les citoyennes Boclain et femme Lemonnier, de l'âge le plus avancé et non infirmes, qui jouissent dans cette commune de la meilleure réputation de probité, de patriotisme et de vertu. '

Des citoyens seront jugés comme les plus dignes de la fonction honorable

(1) Dom PioUn, Eglise du Mans, p. d36<327, t. III.

d'aller dès le matin du jour de la fête orner de feuillages les portes des Tieillards ci-dessus désignés.

Les enfants des deux sexes, depuis Tâge de 8 ans jusqu'à 42, seront aTertis à son de trompe de se rassembler à 1 0 heures du matin au lieu de la fête.

Le citoyen Testée , commandant de la garde nationale, sera requis de donner des ordres pour qu'un détachement de 45 hommes armés et des plus jeunes soit rendu au lieu des séances de la municipalité au plus tard à 40 heures du matin.

Les musiciens sont invités à venir à cette fête.

La cérémonie se fera dans la salle des Actes en raison de la grande chaleur pouvant incommoder les vieillards.

1 «• brumaire an V (22 octobre 1796). Elargissement du citoyen Minisdoux, condamné par jugement du 16 brumaire an IV en quatre années de fers. Il fut élargi, vu la loi du 8 février qui porte que les militaires et tous autres citoyens armés pour la défense de la patrie dans les départements de rOuest ne pourront être recherchés ni poursuivis pour faits ou actes résultant des troubles qui ont agité le département avant le 27 messidor dernier (15 juillet 1796), et que ceux qui auront été précédemment jugés seront mis en liberté.

42 brumaire an Y (2 novembre 1796). Pihery aîné. Boisson, La Lamerie, Rojou et Mandroux, membres de la commission de l'hôpital civil.

15 brumaire an y (5 novembre 1796). Vente de 313 peupliers dans le parc du collège.

2 pluviôse an Y (21 janvier 1796). Réunion et cérémonie pour le serment de haine à la Royauté.

45 ventôse an Y (5 mars 1797). Le sieur Rocher Desperrés, nommé commissaire exécutif prés le tribunal correctionnel , donne sa démission d'administrateur. Remplacement par moitié des membres du bureau.

30 ventôse an Y (20 mars 1797). L'administration cantonnale arrête qu'il 7 aura dans le canton deua assemblées primaires , que l'une, composée des communes de Sainte-Colombe, Créans, Clermont et Saint-Germain-du- Val , contenant 633 votants , sera appelée assemblée Orientale et se tiendra à la ci-devant chapelle du ci-devant hospice civil et nommera trois électeurs, que l'autre, composée des communes de Cré, Bazouges, Crosmiéres et Yerron, contenant 742 votants, sera appelée assemblée occidentale et se tiendra dans une des salles du collège, et nommera quatre électeurs. Chacune de ces assemblées, après avoir nommé les électeurs, procédera à la nomination du président de cette administration.

Le citoyen Lemaignan, président provisoire, est nommé définitivement président de l'administration cantonnale.

3 germinal an Y (23 mars 1797). 45 maisons brûlées à Château-du-Loir

dans la nuit du 26 au 27 ventôse (18 et 19 mars). Demande d'aumônes pour les incendiés.

10 messidor an V (28 juin 1797). Fête de l'Agriculture.

Les membres composant l'administration municipale de La Flèche, tontes les autorités constituées et les agents militaires réunis aux membres composant l'administration municipale du canton dans la grande salle de l'Hôtel de Ville , se sont rendus sur la place de la Réunion , où était dressé l'autel de la Patrie ; le président a prononcé un discours analogue à la fête ; ensuite on est allé au champ le plus voisin, où, au bruit des tambours et d'une musique guerrière, le président, assisté du laboureur choisi et appelé pour l'accompagner, a ouvert un sillon; de là, on est retourné à l'autel de la Patrie, et alors l'instituteur primaire de Bazouges a prononcé un discours qui s'est terminé par les cris mille fois répétés de vive la République.

30 thermidor an V (17 août 1797). Fête du 10 août avec les cérémonies accoutumées.

Enfin le collège de La Flèche va être rétabli. Cette question si grave préoccupait depuis longtemps ceux dont toutes les pensées se reportaient sur ce qui pouvait contribuer à reconstituer la société.

L'examen attentif des délibérations municipales nous prouve que MM. Rocher- Desperrés et Savardan eurent une grande part dans cet heureux résultat ; mais ils ne furent pas les seuls auxquels la ville en fut redevable. De plus, en 1797, M. Panneau n'était plus membre de l'administration ; classé comme terroriste , il avait été écarté. A cette époque , il n'y avait pas de maire à La Flèche; comme partout ailleurs, l'administration intra-muros avait un président, l'administration cantonnale avait le si^ et le président pour celle de La Flèche était M. de la Rue Ducan. M. Savardan était membre de l'administration et non pas maire comme le dit M. Clère, et M. Rocher-Desperrés, devenu depuis le mois de mars commissaire exécutif près le tribunal correctionnel , avait donné sa démission d'administrateur. Mais nous admettons parfaitement que ce magistrat ait fait porter au collège une partie de son propre mobilier pour l'installatioD des premiers pensionnaires, venus dès le début en assez grand nombre.

Le \^ fructidor an V (18 août 1797), les citoyens Maurin et Meyer, anciens doctrinaires, ont été installés dans les bâtiments du collège, où ils avaient autrefois professé.

L'arrêté départemental relatif au rétablissement du collège de La Flèche est daté du 13 ventôse an V (3 mars 1797).

Un règlement fut établi et accepté par les nouveaux directeurs qui s'étaient adjoints des professeurs habiles, heureux de reprendre leurs occupations littéraires et scientifiques. Cet établissement ne tarda pas à prospérer.

30 fructidor an V (16 septembre 1797). Adresse au gouvernement qui, par des mesures vigoureuses , a sauvé la République.

4«r vendémiaire an YI (2S septembre 1797). Fête de la fondation de la République.

10 vendémiaire an VI (7 octobre 1797). M. Meslin ayant appris que par erreur, il avait été porté sur la liste des émigrés , résigne ses fonctions d'administrateur de la commune par respect pour la loi du 3 brumaire rétablie par celle du 19 fructidor dernier.

24 vendémiaire an YI (15 octobre 1797). H. Davy des Piltiéres, commissaire du directoire exécutif du canton, est suspendu de ses fonctions, comme porté sur la liste des émigrés; remplacé par le sieur Jottu, agent national de la commune de Sainte-Colombe.

30 vendémiaire an YI (21 octobre 1797). Fête funèbre en l'honneur du général Hoche. Ce général était mort à Wetzlar (province Rhénane), le 19 septembre 1797, 3°>« jour complémentaire de Tan Y.

25 frimaire an YI (15 décembre <797). Rentrée en France du citoyen Lefebvre de Laubrière, né en 1788 du sieur Lefebvre de Laubrière et d'Angélique Pihery de Lorme, en vertu de la loi du 25 brumaire en III (15 novembre 1794), portant que les enfants de l'un et l'autre sexe, ayant moins de dix ans à l'époque de la promulgation de la loi du 28 mars 1793, seront rentrés en France dans les trois mois du jour où ils auront atteint l'âge de dix ans.

7 nivôse an YI (27 décembre 1797). Yu la pétition des sieurs Panneau, père et fils, Lépron, Taillebois, Mallard, Pelle et Remars pour demander le prétoire de cette commune pour y tenir les séances du cercle constitutionnel, le conseil la renvoie à l'administration centrale du département, qui autorise.

Le conseil décide que la galerie supérieure, ci-devant des peintures, qui règne sur celle de l'entrée du collège (maintenant bibliothèque) sera concédée aux pétitionnaires.

2 pluviôse an YI (21 janvier 1798). Serment de haine à la royauté. Tous les administrateurs et employés sont appelés à signer le procès-verbal.

5 ventôse an YI (23 février 1798). Emprunt pour la descente en Angleterre.

6 ventôse an YI (24 février 1798). Loyer des bâtiments communaux. L'administration occupe des appartements au collège national; mais elle

a abandonné la maison commune à l'administration rurale. Elle n'a donc aucun loyer à payer.

1 5 ventôse an YI (5 mars 1798). Les commissaires nommés pour inspecter les écoles primaires déposent leur rapport. Nous ne citons que ce qui concerne l'école de Crosmières, en ajoutant ab uno disce omnes.

Ecole de Crosmières. — Questions faites par les commissaires et réponses de l'instituteur :

D. -— Combien enseignez-vous d'enfants?

R. — De cinq à six en été et de sept à huit en hiver.

D. -— Enseignez-vous les droits de l'homme et la constitution du calendrier?

R. — Je ne connais ni les uns ni les autres ; et je n'ai pas ces livres là.

D. — Pourquoi n'exigez-vous pas ces livres?

R. — Les parents n'en donnent pas à leurs enfants.

D. -— Quels jours donnez-vous des congés et faites-vous observer les décadis et les fêtes nationales ?

R. -— Je ne connais ni les décadis ni les fêtes nationales.

D. — Comptez-vous continuer ainsi ?

R. — Je ne puis faire autrement, parce que les parents retireraient immédiatement les enfants.

Aux questions qui furent faites à cet instituteur sur les éléments de la grammaire et de la lecture, il répondit de manière à faire voir qu'il ne possédait ni principes ni méthode et qu'il ne sortirait pas de sa routine. Le nommé Rassicot, instituteur, fut donc suspendu de ses fonctions.

Par ce détail , on jugera de ce qu'était l'enseignement dans les campagnes et du peu de racines qu'y avaient prises les idées révolutionnaires.

Au \^ germinal an VI (SI mars 1798), l'actif de la municipalité était de 9,920 livres 40 sols, le passif de 6,833 livres 16 sols 14 deniers.

Germinal an VI (mars 1798). La municipalité se composait de HH. de la Rue, président; Savardan, fils; Rocher; Hamon; Lafosse; Liberge, aine; Beaufils, médecin; Taillebois; Juchereau; Haillot; Dulac, secrétaire; Simon ; Lépine.

30 germinal an VI (19 avril 1798). Installation des nouveaux officiers de la garde nationale.

16 floréal an VI (5 mai 1798). Vente de la ci-devant cure. Aménagement du Petit-Collège pour y mettre les instituteurs primaires.

10 messidor an VI (28 juin 1798). Fêle de l'Agriculture. Mathurin Lejard fermier des Mesliers, commune de Sainte-Colombe.

20 messidor an VI (8 juillet 1798). Installation du sieur Mousset en qualité de commissaire du Directoire exécutif.

6 fructidor an VI (28 août 1798). L'administration arrête :

1® Que les citoyens de la commune de La Flèche sont invités à se rassembler les jours décadaires sur les 10 heures 1/2 du matin dans la salle de spectacle ;

9? Que tous les musiciens et amateurs sont pareillement invités à s'y rendre et à ouvrir ces séances décadaires par une symphonie ;

3® Que la symphonie sera immédiatement suivie de la lecture des lois et décisions analogues aux circonstances par les citoyens qui désireront en prononcer ;

i*' Que la clôture des séances se fera, de même que Touverture, par une symphonie ;

h^ Qu'il sera commandé pour assister à cette séance et pour Tordre qui doit y être maintenu, un piquet de vingt hommes de la garde nationale sédentaire de la commune, et que, la séance terminée, la musique militaire se portera sur la place de la Liberté pour y défiler en grande parade avec la garnison.

Signé : Taillebois , Juchereau , Haillot , Rocher, commissaire.

4« brumaire an VII (22 octobre 1798). Le département de la Sarthe Teut faire transporter à l'école centrale du Mans les instruments de physique et les livres du collège.

3 brumaire an VII (24 octobre 1798). Envoi à Paris de MM. Hamon et Vincent pour demander au ministre de l'intérieur que ces objets restent à La Flèche.

2 pluviôse an VII (21 janvier 1799). Serment de haine à la royauté. 44 ventôse an VII (4 mars 1799). Le citoyen Gallwey (l'aïeul de MM. de Gailwey) est maintenu sur la liste des émigrés ; il est visité par les médecins pour qu'on constate s'il peut oui ou non être transporté. . 30 ventôse an VII (20 mars 1799). Fôte de la Souveraineté du peuple.

4 floréal an VII (23 avril 1799). Le commissaire du Directoire exécutif rappelle qu'il faut que les fêtes décadaires et nationales soient célébrées et que le peuple reste à ce sujet dans la plus grande ignorance. Ordre de fermer toutes les boutiques , magasins , ateliers dans toutes les communes , . d'arrêter tous les travaux dans les voies et lieux publics durant les jours de décade et des fêtes nationales sous les peines portées par la loi , sauf les travaux urgents et spécialement autorisés par les corps administratifs.

20 prairial an VII (8 juin 1799). Fête funèbre à l'occasion de l'attentat du 9 floréal (28 avril 1799) sur les plénipotentiaires français, Bonin et Roberjat, à Radstat.

1 0 messidor an VU (28 juin 1 799). L'administration du canton de La Flèche,

Considérant et instruite que les bateaux qui sont aux Moulins-Neufs de Bazouges servent souvent au passage des déserteurs ou des Chouans, qui traversent la rivière en cet endroit pour éviter les villes et les grandes routes, et que les autres bateaux appartenant aux particuliers qui ont des propriétés sur l'autre rive de ladite rivière dans toute son étendue sur ce territoire, peuvent également servir aux ennemis du repos public.

Considérant que dans leurs incursions d'un canton sur l'autre, le passage des rivières les met à l'abri des poursuites et des atteintes des Républicains , et qu'il est urgent de leur enlever cette ressource , Décrète ,

Article premier. — Tous les bacs et bateaux qui se trouvent sur la rivière du Loir, depuis les Moulins-Neufs de Bazouges jusqu'à Créans, seront conduits et amarrés aux différents ports.

498 LA FLiCHB DEPUIS 4789.

Les bateaux, depuis les Moulins-Neufs jusqu'aux Na?rans excIusiTemeoL, seront réunis au port de Bazouges ; ceux de la Durandière et ceux qui sont sur les deux rives de la rivière depuis Créans jusqu'à Sainte-Colombe le seront aux différents ports de la Beufferie.

Les b&teaux seront cadenassés à 7 heures du soir et décadenassës à 5 heures du matin.

Art. 2. — Les agents nationaux des communes où seront rénnis ces bateaux , présideront à cette double opération et garderont les clefs.

4 thermidor an VII (4 juillet 4799). Incursions fréquentes des Choaans dans les communes voisines du canton. Ils ont paru dans celle de Crosmiéres et enlevé 5 fusils dans le bourg.

C'étaient 1& les prémices de l'attaque du Mans par Bourmont, Tranquille et autres.

46 thermidor an VII (3 août 4799). Vu la situation critique oà se trouve la commune de La Flèche, il sera construit des barrières de sûreté au &ubourg Saint-Jacques, près la maison Frin, à la tête du faubourg de la Madeleine, au lieu de la Bonde-du-Parc, près le rempart, dans l'angle du détour, entre les maisons Bodin et Bodard , au bout de la rue de l'Egalité, près de la maison du citoyen Labbé, à la barrière de la Beufferie, à la ruelle du moulin à tan.

Il sera établi des corps de garde à ces barrières.

48 thermidor an VII (5 août 4799). Les Brigands, sous le nom de Chouans ou de Mécontents , commettent tous les jours des vols et des meortres dans les communes voisines et sur les grandes routes ; ils cirmlest même autour de la commune et quelques rassemblements causent les plus vives inquiétudes à nos concitoyens. On craint que, se réunissant en force, ils ne pénètrent dans la ville.

Convocation de toutes les autorités civiles et militaires pour prendre des mesures de sûreté.

Joubert président , Haillot , Taillebois , Juchereau , La Fosse.

S3 thermidor an VII (40 août 4799). Fête du 40 août.

46 fructidor an VU (S septembre 4799). Attaque de La Flèche par les Chouans. Le détail en a été donné.

4*' vendémiaire an VIII (23 septembre 4799). Fête de la fondation de la République ; prestations de serment.

9 vendémiaire an VIII (4*r octobre 4799). Refus du citoyen Lépron, receveur, de payer les fournitures faites aux troupes. En raison des dr» constances critiques et la nécessité de former et d'organiser des colonnes mobiles , ordre à la municipalité de se rendre avec la force armée chez le receveur pour qu'il ait à verser immédiatement aux ayant-droit les sommes nécessaires pour les fournitures.

S5 vendémiaire an VIII (47 octobre 4799). Le général Bourmoat avait

attaqué et pris l6 Mans, le 22 vendémiaire an YIII (U octobre 4799) ; Tad* mioistration municipale de La Fléciie , composée alors des citoyens Joubert président, Hailiot, Taillebois, La Fosse, Juchereau, Lenoir, commissaire exécutif, ayant appris cette nouTelle et voulant prendre les mesures nécessaires pour arrêter l'ennemi et mettre nos contrées à couvert, invite les communes environnantes à porter sur celle de La Flèche une partie de leurs forces.

Elle arrête :

c La municipalité du canton de Baugé (Maine-et-Loire) sera invitée à c nous envoyer un détachement de la colonne mobile de son canton , qui c restera dans nos murs jusqu'à ce qu'il nous soit venu des troupes pour y « faire de concert avec notre colonne mobile et la garde nationale, un serc vice actif et d'une surveillance particulière pour éloigner l'ennemi de nos c contrées. »

27 vendémiaire an VIII (19 octobre 1799). Invasion des insurgés aux environs de La Flèche. Décision prise relativement aux titres et pièces de la commune pour les sauver au cas de retraite forcée. On s'assure de chevaux et de voitures pour opérer les transports. La caisse du receveur, du préposé de l'arrondissement, du receveur de l'enregistrement, registres y afférents , effets d'équipement et d'habillement sont encaissés dans des tonneaux prêts à charger.

Une partie de la 31 °>« demi-brigade était arrivée le 23 vendémiaire (15 octobre) ; le chef est requis de laisser à La Flèche le plus fort bataillon. 8^00 hommes dans la place.

Les Chouans , sous le commandement de leurs chefs , avaient quitté le Mans ; on ignorait quels étaient leurs projets ; aussi la municipalité avait pris de nouvelles précautions. Le citoyen Nouvaux, capitaine commandant la place, avait demandé dès le 4 4 vendémiaire que beaucoup de points qui restaient ouverts encore, fussent barricadés.

L'Administration avait donc ordonné que la partie de la maison de la Madeleine donnant sur la petite prairie près du pré dit la Bonde-du-Parc» que celle du citoyen Bodin , par laquelle on descend dans son jardin sur la fosse commune de La Flèche , que la porte située sur le pont du bout de la cour de la maison de la Varenne , donnant entrée au mail de ladite maison , que la porte du citoyen Davy des Piltiëres située sur le rempart de cette commune, que celle de la ruelle ou petite rue traversine du côté du rempart, seraient closes et murées dans les 24 heures, et particulièrement toutes celles qui donnent issue sur le rempart ou dans cette ruelle.

9 brumaire an YIII (30 octobre 1799). Affluencede troupes; impossibilité à l'étapier Buisneau de faire toutes les fournitures. Avance d'argent par le receveur Lépron.

13 brumaire an YIII (4 novembre 1799). Place de La Flèche continuelle-

ment cernée par les Chonans, disséminés depuis Tinvasion du Mans. Démarches actives auprès du général Vimeux pour obtenir des moyens de défense.

45 brumaire an VIII (6 novembre 4799). Kléonor Testée, orfèvre, chargé de l'apposition du poinçon de recensement ordonné par l'arrêté de fructidor dernier et de l'arrêté du département, n'ose se transporter au Mans avec de pareilles valeurs, la route qui conduit à ce cheMleu n'étant pas sûre et, lui, plus exposé qu'un autre, comme acquéreur de biens nationaux et connu comme bon républicain.

48 brumaire an VIII (9 novembre 1799). Le sieur Richard ne peut plus conduire les voyageurs du Mans à Angers à jour fixe, ayant retiré ses relais à cause des Chouans.

Ce même jour s'accomplissait la révolution du 48 brumaire qui plaça le général Napoléon Bonaparte à la tête du gouvernement français. La loi du 4 9 brumaire institua le Consulat provisoire.

Bonaparte, Siejès et Roger-Ducos quittèrent Saint-Cloud pour se transporter à Paris. MM. Sieyès et Roger-Ducos , anciens membres du Directoire, étaient déjà établis au Luxembourg, où le général Bonaparte vint les rejoindre avec sa famille.

Il fut convenu entre ces trois nouveaux maîtres de la France que Sieyës s'occuperait de la Constitution et que le général Bonaparte gouvernerait

Il était urgent de gouverner; « car, dit M. Thiers, la situation sous tous c les rapports était déplorable, le désordre moral et matériel était à son « comble.... Tels étaient les résultats d'une administration faible, désor- « donnée , et surtout d'une affreuse gène financière. »

Le bilan du Directoire ne se présenta donc pas dans de meilleures conditions que celui de la Convention.

Pour la religion, cette révolution eut d'importantes conséquences. Le clergé put respirer et le licenciement des colonne^ mobiles produisit on grand soulagement dans la contrée.

Page 1