‹ Histoire de La Flèche et de ses seigneursChapitre 197 sur 251 · FOURRAGES · texte numérisé non relu

FOURRAGES

Pour voiture de foin de 4,400 kilog 4 fr. »»

Par charge de cheval » 40

— à dos d'âne » 05

W floréal an XII (30 avril 4804). — Adresse relative au mauvais état de réparation du collège envoyée au gouvernement par le conseil municipal.

Un membre a exposé à l'assemblée l'état affligeant dans lequel se trouvaient les bâtiments du collège national et combien les retards qu'on apportait à leur réparation accéléraient la ruine de ce précieux établissement ; il a demandé que sans désemparer, l'assemblée fit encore une nouvelle tentative auprès du gouvernement pour obtenir de sa justice, sinon un lycée, au moins un établissement d'instruction qui convint à cet immense local et dédommageât la commune des pertes qu'elle éprouve depuis qu'on parait l'avoir mise en oubli.

Cette proposition , vivement applaudie, a été accueillie à l'unanimité; en conséquence l'assemblée a arrêté qu'il serait fait de suite une adresse tendant à obtenir dans le plus bref délai possible un établissement d'instruction publique convenable à notre collège et qui, par la protection spéciale du Gouvernement, procurât à noire commune les moyens d'assurer la conservation de ses vastes bâtiments , parc et jardin.

« Citoyen Ministre,

« Nous nous adressons à vous de nouveau pour réclamer votre intérêt en « faveur du collège national de notre ville. Ce monument célèbre, après « avoir Axé pendant plus de deux siècles Tattention du Gouvernement, « après en avoir été spécialement protégé , se trouve aujourd'hui dans un « tel abandon que bientôt, si une main protectrice ne lui est pas prêtée, il « perdra son existence; la France, l'Europe et les autres parties du globe « verront avec étonnement disparaître une maison où leurs enfants « venaient puiser les principes des sciences si utiles à la société.

« Ce n'est point par exagération, citoyen ministre, que nous parlons des € quatre parties du monde ; sous les Jésuites, le collège de La Flèche a été « le lieu où se voyaient communément les Chinois, les Indiens, les « Américains et les habitants de toutes les contrées de l'Europe ; après les « Jésuites, du temps de l'école militaire, les habitants de ces mêmes conc trées s'y sont également rapprochés ; sous les Pères de la Doctrine chré- « tienne, pareil empressement se serait manifesté, si les circonstances « n'avaient troublé l'harmonie qui avait existé jusqu'à cette époque ; cepen- « dant on y a vu des élèves de toutes les parties de l'Europe ; et, malgré « tout , la réputation du collège de La Flèche a triomphé des orages révo- « lutionnaires. Comment avec tant de titres précieux se fait-il que cet « établissement qui réunit tous les avantages désirables et qui, dans tous « les temps, a été regardé comme unique en son genre, comment se fait-il, « disons-nous, qu'il soit délaissé par le Gouvernement et qu'un ministre « protecteur éclairé des sciences et des arts , ne s'empresse pas de faire « revivre un monument qui peut, autant que le nôtre, seconder ses inten- « tions paternelles. Cette idée n'est pas présumable; aussi, intimement « persuadés du contraire, nous vous adressons notre requête avec la plus « grande confiance. Daignez, nous vous en supplions, citoyen ministre, « prendre notre demande en considération , et procurer à notre pa\s un « genre d'instruction qui convienne à l'établissement qu'il a le bonheur de « posséder. Ne souffrez-pas que ses immenses bâtiments, ses parcs, ses « jardins, élevés et établis à grands frais, tombent en ruines et privent « ainsi la République de l'un de ses plus grands avantages.

« Depuis quelques années, le collège de La Flèche a été réuni au Pryta- « née. Le Prytanée l'a confié provisoirement à titre gratuit à deux ex- « Doctrinaires, qui continuent à se livrer à l'éducation de la jeunesse. « Mais, malgré leur zèle, ces deux citoyens sont bien éloignés d'atteindre « le but désiré. Retirés dans une partie de ce vaste édifice, ils ne prennent « aucun intérêt à ce qui leur est inutile; ainsi la plus grande partie, € quoique réédifiée depuis peu, se trouve habitée gratuitement par des in- « dividus qui ne s'occupent en aucune manière de sa conservation. »

« Voilà, citoyen ministre, ce que nous avons cru devoir vous soumettre;

CORRESPONDANCE OFFICIELLE. 8i5

f s'il avait été fait des rapports contraires , rejettez-les ; ils sont mensonc gers, et notre exposé seul est la vérité. Ayez-donc la bonté de nous pro- € téger; présentez nos droits au premier Consul; appuyés par vous, nous € ne tarderons pas à réussir et bientôt notre collège, rendu à sa desti- < nation, vous devra sa nouvelle existence. »

« Signé : de Ravenel, maire; — Perrinelle, € adjoint; — Liberge; — AuvÉ; — « Boysson; — Lefranc-Malmouchb ; — € Rojou; — Lefebvre; — Rocher; — € Savardan; — JucHEREAu; — P. Salc mon; •— Mandroux; — Thourault; « Fleuriot; — Jamin; — Couallier; — € EsTOURNEAU, Secrétaire. >

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